Sur les traces de Sophie Calle



Paris, Centre Pompidou et errances dans le Marais, le 22 août 2007

Il y a quinze ans, Paul Auster, un de mes écrivains favoris, publiait Leviathan, peut-être son meilleur opus après Moon Palace, à mon avis.

En 2003, j’avais déniché cet exemplaire d’occasion dans une petite librairie américaine que je fréquente régulièrement, San Francisco Books, dans le Quartier Latin. En l’ouvrant, j’y avais trouvé ça :


Le talon d’un billet d’avion pour un vol de Los Angeles à Papeete, au nom de BEHR. Je me mis en tête de retrouver cette personne.

Une amie, dont la mère travaillait autrefois comme hôtesse de l’air, mit sa science à mon service; à son avis le billet datait d’au moins dix ans. Ca n’allait pas être facile.

En feuilletant l’annuaire, je trouvai plusieurs BEHR habitant le 5e arrondissement. J’appelai et je ne tombai jamais sur personne. Cet absence étonnante me laissa penser que le destin ne voulait pas que cette personne fût retrouvée. Ou alors, c’était de la paresse pure et simple de ma part.

Quoiqu’il en soit, je vous raconte tout cela car il s’agit en fait d’un véritable jeu de correspondance et bien sûr, une curieuse comme moi ne pouvait pas y rester insensible : Leviathan met notamment en scène un séduisant personnage inspiré par l’artiste Sophie Calle, la photographe Maria.

Comme Sophie Calle, Maria utilise sa propre vie comme matériau premier de son oeuvre. Bien sûr, Maria comme Sophie provoquent certaines expériences. Par exemple, Sophie Calle, ayant trouvé par hasard un carnet d’adresses, contacta toutes les personnes dont les coordonnées y étaient notées afin qu’elles lui parlent du propriétaire du carnet.

En cherchant à joindre la personne nommée BEHR, dont une infime trace de vie avait été aperçue entre les pages d’un exemplaire de Leviathan, j’agissais, sans le savoir à l’époque, à la manière de Sophie Calle ou de Maria.

Or, aujourd’hui, une personne qui m’est chère m’a offert Double Jeux, un coffret de petits livres colorés contenant plusieurs des plus excitantes expériences de Sophie Calle.

Et soudain, tout le jeu des correspondances s’est mis en marche dans ma tête…

Alors, Monsieur, Madame ou Mademoiselle BEHR…

Si jamais vous lisez ces mots, sachez que nous nous rencontrerons un jour…

Et vous, l’auteur de ce très beau cadeau…

Je vous offre cette photo, car je sais qu’elle vous parlera (puisque Sophie Calle y est blonde et qu’elle jette un oeil endormi sur un ange).

PS : Et si Sophie Calle me fait l’honneur de lire ces mots, j’espère qu’elle me fera le très grand plaisir d’être ma prochaine victime.

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5 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

5 réponses à “Sur les traces de Sophie Calle

  1. Kim Schwarck

    Une fois de plus ma belle, tu fais preuve de beaucoup de créativité, d’un talent fou, de tendresse et de sensibilité! Cette histoire est trop mignonne et toute jolie! Ce bout de billet d’avion retrouvé c’est totalement surréaliste! J’adore! Mille Bravo meine kleine boulette!

  2. Anonymous

    Très chouette! biz
    Roxane

  3. Anonymous

    L’ange passe,
    il vous encourage encore pour ce travaille qu’il dévore dès que il le peut.

    encore !!

  4. Flo

    Au-delà du lien avec « Léviathan », je trouve que ta démarche est très « austérienne » !! Encore un chouette billet :)

  5. Très beau blog! Et merci de ton commentaire sur « équilibre précaire ».
    Je reviendrais, pour découvrir « ce que tu lis »…

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