Malcolm lit "Saturday"

Berlin, quartier de Mitte, appartement de Jake et Malcolm, le 16 septembre 2007.

Malcolm, 31 ans, Anglais, musicien rock et professeur d’anglais. Vit à Berlin (Mitte). Pendant mon séjour berlinois, c’est Jake, un ami américain, qui m’héberge dans son appartement idéalement situé en plein centre de la ville. Malcolm, son colocataire anglais, lisait devant moi tandis que je travaillais à mes recherches pour ma nouvelle pièce de théâtre.Il s’est donc prêté au jeu de l’interview littéraire… dans la langue de Molière!Qu’est-ce que tu lis?

Saturday, d’ Ian Mac Ewan (en anglais). Une phrase que tu aimes dans ce livre :« From the second floor, he faces the night, the city and its icy white light, the skeletal trees in the square, and thirty feet below, the black arrow head railings, like a row of spears. »

Pourquoi ce livre? J’aime bien cet écrivain, Ian Mac Ewan. C’est un de ses romans récents, j’étais donc curieux de le lire car je n’ai pas lu de bouquin de cet auteur depuis un moment. L’histoire se passe à Londres. Je pense que j’avais envie de lire quelque chose qui se passe là-bas. J’habite à Berlin, il y a probablement un élément de nostalgie de ma part. J’avais envie de me tenir au courant de la vie à Londres.Comment ce livre est-il arrivé entre tes mains? J’étais en vacances en Angleterre. J’ai volé ce livre dans l’appartement de mon frère il y a trois semaines, à Londres. Je ne sais pas si mon frère avait l’intention de le lire, mais il ne lit pas beaucoup, donc cela ne devrait pas lui manquer. En plus, en trouvant le livre, j’ai vu qu’il y avait le nom de ma mère dedans. Tu vois, « Rennie« , c’est le nom de ma mère… Je pense que ce livre lui appartenait et qu’elle l’a ensuite donné à mon frère qui ne l’a pas lu.

Tu lis tout le temps dans la cuisine, comme tu le fais en ce moment? Non, je lis dans les toilettes! Je lis au lit aussi (mais cela me fait dormir, je ne dépasse même pas une page…), et parfois dans les transports publics. Lire aux toilettes, c’est une question d’habitude. C’est aussi un moment de calme, un moment où je ne peux rien faire d’autre que lire… C’est juste que si je n’ai pas un bouquin dans les mains, j’en ai un peu marre d’être aux toilettes… (aaaaaaah, il avoue!) Et il y a quelque chose dans la position que tu as aux toilettes qui est vraiment confortable… C’est un moment de repos. (Mon Dieu Malcolm, quelle magnifique apologie de la cuvette!) Et maintenant, que penses-tu de ce livre? J’ai commencé le livre aujourd’hui. J’aime bien. Je connais le style de l’auteur et je savais que j’allais aimer son écriture. C’est un début intéressant (j’ai lu une vingtaine de pages) et j’ai envie de continuer.L’action se passe sur une journée, un samedi de la vie de quelqu’un qui habite à Londres. Ian Mac Ewan écrit toujours des choses un peu glauques : le protagoniste est un médecin qui travaille à Londres. J’ai déjà lu une série d’explications d’opérations chirurgicales qui sont décrites avec une clarté assez horrible pour une personne qui ne pratique pas la médecine. L’auteur a un talent pour insérer des choses horribles, choquantes, dans un des contextes banals, au moment où tu ne t’y attends pas.

Il existe quelques films tirés de ses romans : The cement garden, avec la fille de Serge Gainsbourg. C’est un film d’art et d’essai en noir et blanc, très étrange, qui date des années 90. Je viens de regarder aussi un film tiré de Enduring love, avec des comédiens connus en Angleterre, c’était pas mal non plus.En tant qu’artiste, comment te nourris-tu de tes lectures?Autrefois, quand je faisais plus de « songwriting », inconsciemment, j’étais très influencé par mes lectures. Surtout par des mots précis. Moby Dick m’a inspiré un morceau. J’ai écrit un autre morceau inspiré par un poème en latin, mais ce n’était pas fait exprès. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai délibérément travaillé en direction de cette influence en écrivant les paroles de ma chanson.

Quel est ton livre préféré?

Moby Dick de Melville. J’aime bien les classiques, j’aime bien les romans qui se passent « sur la mer ». Les situations d’aventure : les hommes contre les forces de la nature. Je l’ai lu à l’âge de 23 ou 24 ans, ce qui est assez tard. Quand je faisais mes études de lettres en Angleterre, Melville était l’un des auteurs qui faisaient partie des canons de la littérature en anglais. J’adore les jeux de mots de Melville, sa manière d’utiliser le langage.

Et maintenant, fais-moi une grimace inspirée par Saturday!

Dans le premier chapitre, le protagoniste se lève très tôt par hasard, il voit une comète dans le ciel de Londres et il la regarde… On peut d’ailleurs voir cette comète sur la couverture du livre.Et désormais, Malcolm sera pour moi…Le marin qui surfe sur la cuvette sans jamais tomber dans le trou fatal…

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6 Commentaires

Classé dans interviews de lecteurs

6 réponses à “Malcolm lit "Saturday"

  1. Pauline

    Très amusant le passage sur les toilettes! Je n’avais jamais vu quelqu’un parlait des toilettes avec autant de passion…

  2. Périphérique

    Tres Original, ce Malcolm. Il porte bien son nom.
    En ce moment, je suis une lectrice deplorable: je traine « Villages » de John Updike depuis 1 mois. Ca ne me motive ni dans le metro, ni au lit. Les toilettes, vraiment??

  3. Roxane Von Allmen

    Il a raison ce Malcolm, c’est un bon bouquin « Moby dick ». Sinon je crois que la lecture aux toilettes c’est vraiment un truc de mec.

    PS: Danke für die Postkarte Fräulein

  4. kalistina

    Hors de question de lire aux toilettes :-/ Tfaçons elles sont minuscules mes toilettes, pas la place pour entreposer des bouquins :p
    Toujours pas lu « Moby Dick », je reste sur l’idée qu’une baleine c’est pas mon truc (je sais, c’est bête!).

  5. Magda

    Pauline : ah les toilettes en mode lecture! moi j’avoue que j’ai vite froid aux fesses…

    Périph : John Updike, jamais lu. méfie-toi, je viens te voir à Londres et je te traque jusqu’à ce que je t’aie interviewée dessus… ;-)

    Rox : de rien, meine Frau!

    Kalistina : aux toilettes, pour moi le plus cool c’est = les programmes des théâtres parisiens (genre « je me ferai bien un petit Peter Brook le mois prochain », « tiens, y a un Beckett aux Déchargeurs »…), un bon gros magazine féminin spécial mode (genre je choisis les fringues que je ne porterai JAMAIS et je corne les pages des trucs que je pourrai JAMAIS m’offrir…) et last but not least, un Desproges. Il n’est pas interdire de rire aux pipi-rooms, non? ;-)

  6. L'apprentie allemande

    Moi qui pars à Londres sous peu, il serait intéressant de lire ce livre… Mais pas sur la toilette!

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