Régal théâtral

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L’écrivain Chantal Thomas 

A votre avis, les gens très talentueux sont-ils tous des hystériques à lunettes noires, brandissant leur génie à la face du monde sur des plateaux télévisés animés par des cocaïnés survoltés?

Ou bien peut-il y avoir en ce monde des plumes brillantes, dont l’éclat pointe à peine dans la pupille de leur propriétaire, personnes discrètes et douces, souriantes, aimables?

Jeudi dernier, j’étais au Théâtre National de Chaillot pour y voir L’île flottante, une pièce d’un de mes metteurs en scène chouchous, l’Argentin Alfredo Arias. Formidable pièce d’une heure vingt, dans laquelle s’affrontent et s’aiment une petite fille frappée d’anorexie et un abat-jour carnivore qui rêve de pot-au-feu et de canard au sang. Pendant la pièce, au fond de la scène, un cuisinier nous mijote une exquise soupe au pop-corn dont la recette est d’Alain Passard (trois étoiles, quand même). Ce spectacle est en fait une adaptation d’une nouvelle de l’auteur Chantal Thomas (rien à voir avec les dessous affriolants, calmez-vous, messieurs).

Ce soir-là, j’avais du pot (au feu). Chantal Thomas n’était pas très loin de moi. Une dame élégante, douce, au sourire immense et aux yeux pétillants dans un visage calme. Elle était touchée que je sois touchée. Je me suis souvenue alors que j’avais lu un de ses romans, Les adieux à la reine, qui raconte les derniers jours de Marie-Antoinette à Versailles. Tout à coup, une bouffée de plaisir m’a saisie à l’idée d’être en train de parler à cette femme dont le talent m’éblouit.

C’est là que j’ai su que je n’avais pas seulement du pot, mais aussi du bol. Chantal Thomas m’emmène dans les couloirs du théâtre, blancs comme ceux d’un hôpital pour âmes en mal d’émotion, et me présente Alfredo Arias. Le « grand petit » metteur en scène, en pull à rayures fluo, nous sourit. Son accent roule avec humour. On parle. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas péter un plomb en direct live – le fait est que tout ça était tellement, tellement chouette, que je ne comprenais pas bien ce qui m’arrivait.

Tout ça pour vous dire, mes chers, que si je ne suis pas beaucoup là en ce moment (je veux devenir une scénariste géniale et vise l’oscar à L.A., ce qui veut dire huit heures de boulot par jour rien que sur mon texte), vous voyez que j’ai toujours une petite histoire littéraire dans ma besace. A bientôt!

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11 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

11 réponses à “Régal théâtral

  1. encore une fois je suis le premier

    héhé

    bel article

    cette rencontre a du être bien agréable

    :)

  2. C’est génial cette rencontre… Bon, et Pavlova, on la snobe pas quand même?

  3. un jour je serai heureux d’être pris par la main pour être initié au theatre contemporain

  4. Mo

    je ne suis pas sûre d’aimer Alfredo Arias. Mais tu viens de me donner très envie de lire Chantal Thomas!

  5. Fafa

    Quelles belles rencontres ! :) Il y a des moments comme ça…

  6. @ Stéphane : toujours le premier partout! ;-)
    Oui c’était une rencontre parisienne et magique… un parfum d’Argentine, tout ça…

    @Périph : ma chère collaboratrice chouchoute, je ne snobe pas la Pavlova, mais Milo est malade comme un chien depuis 10 jours (on a cru que c’était la gale à un moment, le flip) et on ne peut pas démarrer sans lui, en plus je suis huit heures par jour en stage de scénario… mais on va s’y mettre, oh que oui! J’aurais Internet à gogo à partir du 4 avril.

    @Waid : et tu feras de belles découvertes car il s’y passe encore des choses merveilleuses, comme tu vois!

    @Mo : oui, lis Chantal Thomas, c’est superbe! « Les adieux à la reine » m’ont bouleversée…

    @Fafa : et on voudrait que ces moments se multiplient à l’infini, non? ;-)

  7. Et il parle de quoi ce futur scénar oscarisé ?

  8. @ Fashion : ah, le cinéma c’est pas comme le théâtre, je peux pas raconter ça… et encore moins sur le net… mais quand tu me verras en haut des marches à Cannes tu auras le fin mot de l’histoire!!! ;-)

  9. A Cannes ? Il te les faut tous! :)

  10. cannes cannes cannes

    c’est bientôt non
    ?

    un jour j’aimerai monter les marcheset fréquenter cette populasse jet setteuse

  11. @ Fashion : tu me flattes, c’est beaucoup trop pour un chien! ;-)

    @ Stéphane : ah, moi je voudrais monter les marches, au bras de Hugh Grant, et qu’on dise : vous avez vu avec qui elle est? vous le connaissez ce type! le veinard!

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