Ulysse revient (hin hin…) Ulysse revient!

Un jour, vous publiez un billet sur la petite bataille « critique littéraire » contre « blog littéraire », et boum, vous vous retrouvez casquée et cuirassée comme une amazone, à croiser le fer avec tous vos amis blogueurs et quelques nouveaux combattants venus prêter main-forte ou se mesurer à vous. Au bout de 85 commentaires, je me suis dit qu’on ne pouvait décemment pas estimer que la guerre de Troie n’aurait pas lieu. On est en plein dedans. Et qui est l’Hélène, dans cette belle histoire? Le blog littéraire. Car ce qui me paraît ressortir de tout ça, c’est qu’on se demande tous : mais bon sang de bachibouzouk (ça s’écrit comme ça bachibouzouk? clin d’oeil à BelleSahi… j’ai pas mon Tintin sous la main) qu’est-ce donc qu’un blog littéraire? Pour ma part, je défends le terme « littéraire », parce que « blog livres » pour moi, ça fait un peu politiquement correct, type « technicienne de surface de couleur non-voyante ».

Et ce qui ressort de cette interrogation, ainsi platement posée par moi-même, c’est : personne ne semble le savoir. Est-ce un blog qui parle de bouquins, qui parle d’auteurs, est-ce un blog dans lequel on critique des livres, est-ce un blog dans lequel on interviewe des auteurs, des éditeurs, est-ce un blog dans lequel on parle de l’histoire des lettres, est-ce un blog dans lequel on écrit en tant qu’auteur, en tant que « journaliste » (ouh là là ouille)… etc. Pour ma part je fais clairement n’importe quoi (j’écris, je papote, je critique, j’interviewe), je tourne tout autour du bouquin – voire de l’écrit en général – et je serai très vexée qu’on vienne me dire : « Non Magda, ton blog est un dépotoir à snobismes, pas un blog littéraire ». En même temps, y a que la vérité qui blesse ;-)

Je crois que le vrai talon d’Achille* des blogueurs littéraires, c’est de ne pas savoir si leurs travaux ont un avenir, ou pas. Car on peut tout à fait imaginer que le blog, dans l’absolu, est un mode d’échange qui va disparaître comme il est apparu, supplanté par des moyens plus performants. Avec Internet, ce genre de choses est tout à fait envisageable. Et si notre cher petit Nicolas décrétait soudain que pour protéger la presse, il allait nous dégager de la Toile vite fait bien fait? Je vais loin, c’est vrai! Et si tout à coup les lecteurs se désintéressaient, si la mode se portait vers un autre média… Mais ne faut-il pas tout simplement être persuadé que le blog, littéraire ou pas, est une alternative indispensable à la pensée officielle, dans le monde d’aujourd’hui? Ne devrions-nous pas être persuadés que quelle que soit notre façon de « travailler » sur nos blogs (même avec des photos de mon chat en train de pisser sur ma plante verte), nous devons à tout prix être convaincus que cela sert la liberté de penser, donc que cela ne sert pas à rien?

La liberté du web 2.0 est grisante et dangereuse ; tout peut y être fait par tout le monde, c’est la merveille de Wikipedia, mais c’est aussi l’angoisse de sites à tendances extrémistes ou racistes… Cette liberté, cependant, je ne la trouve nulle part ailleurs. Je fais un billet qui touche 30 lecteurs, demain un autre billet en touchera 400, personne ne me demande des comptes là-dessus. Je suis anonyme si je veux, je me fais connaître si je peux. Je défends cette liberté bec et ongles : les espoirs de mai 68 se concrétisent dans le web 2.0. Il est interdit d’interdire. Merci Bill Gates? Ok, il y a du paradoxe là-dedans, rien n’est jamais pur…

* Je ne sais pas si vous avez vu à quel point j’aime filer la métaphore. Mon redoutable professeur de lettres au lycée de Dijon me disait « C’est ce qui vous perdra, ma petite ». Honneur à lui…

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54 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

54 réponses à “Ulysse revient (hin hin…) Ulysse revient!

  1. Fafa

    Tout à fait d’accord sur l’idée de la toile comme TAZ – zone autonome permanente – à l’infini le problème du web étant comme on le sait son incroyable facilité à renseigner de manière détaillée sur ses utilisateurs.

    Je trouve que la comparaison avec Mai 68 est parfaite : Sous certains angles le blog peut être effectivement considéré comme quelque chose d’inutile, de bruyant, produisant une cacophonie basée sur de belles idées peut être mais dont ne vont profiter réellement que les arrivistes et autres profiteurs cupides et – comme je le soulignais ailleurs – d’une bêtise moutonnante.

    (décidément on arrivera pas à se mettre d’accord sur d’autres choses que Sophie Calle et Rock en Seine… ;))

  2. Ah 68 quelle belle année ! Heureusement que le lien ne marche pas les gens verraient mes chats en photo !!! ;-)))

  3. Magda…amen ! Ton billet est presque trop précis, je crois qu’il tue le débat ;-)

    Précisément, il y a en effet, sans doute, une distinction à faire entre « blog littéraire » et « blog livre » ou « blog de lecture ». Tu parlais l’autre jour, en des termes aussi flatteurs que pas très justes (parce que ce n’est pas moi qui le rend intéressant) du crossover des blogs…quand je l’ai lancé, j’ai parlé de croiser « blogs littéraires » et « blogs musicaux ». Quelle ne fut pas ma surprise de m’apercevoir alors que dans le fond…nous n’étions pas bien nombreux à dire « blogs littéraires ». D’ailleurs je dirais même que jusqu’à ton billet je croyais être le seul.
    Or plus le temps passe, plus ce que je croyais n’être qu’un jeu sémantique sans intérêt, un raccourci…se révèle être une différence absolument FONDAMENTALE. Car dans le fond, est-ce que les « blogs livres » (je préfère d’ailleurs « blogs de lecture », parce que « blogs livres »…non seulement c’est moche mais en plus ça ne veut rien :)) sont réellement des blogs littéraires…? Eh bien…je ne suis pas du tout certain. Il faudrait que j’amène ici mon copain BBB., qui n’a pas de blog, qui a un regard beaucoup plus distancié et qui dit somme toute souvent la même chose que Fafa quant à ses questions (et à mon avis le fait que ce soit des personnes n’ayant pas de blog n’a rien d’une coïncidence – bien au contraire). Un jour, il m’a sortir cette phrase qui dans la bouche de quelqu’un d’autre m’aurait parue totalement superficielle mais qui dans la bouche de quelqu’un d’aussi brillant me semblait avoir du sens : « Il y a les blogs littéraires, et il y a les blogs qui parlent de littérature ».

    Ce que tu dis sur la définition est encore plus intéressante. Je ne dis pas ça que parce qu’en fait je m’apprêtais à écrire peu ou prou la même chose ce matin dans la discussion d’avant, mais parce que cela fait plusieurs fois que je me fais la remarque. C’est en cela que l’enquête de Bérénice Waty, dont j’avais parlé dans la seconde partie de cet article : http://legolb.over-blog.com/article-17625733.html …m’a particulièrement intéressé. Parce qu’en effet le « blog-livre » n’a absolument pas de définition, et que nous évoluons dans un microcosme (appelons un chat un chat – je pense que tu seras d’accord) qui n’a jamais été ni défini ni théorisé par quiconque – probablement à cause du côté out of control du web 2.0 (nous sommes encore d’accord !).
    La vérité c’est que mettre dans la même brouette « blogs litté » ce site, celui de BelleSahi, celui de Fashion, celui de (au pif) Florinette et le mien…ça n’a strictement aucune cohérence, on fait des choses très différentes avec des démarches parfois diamétralement opposées. Cela ne nous empêche nullement de nous lire les uns les autres, ni de nous apprécier, ni rien de tout ça, et il n’est pas question de se comparer. Mais se définir, en revanche, reste intéressant. Je respecte bien entendu celui qui me dira « attends man, j’fais ça pour mon plaisir, j’en rien à foutre de me définir ». Ca se défend. Mais l’envie de savoir ce qu’on fait, pourquoi on le fait et où l’on se situe par rapport à ce que font les autres…ça se défend aussi.
    Christian Sauvage avait voulu organiser au dernier Salon du Livre un débat blogueurs / critiques qui ne s’est finalement pas fait. Mais à mon avis ce débat n’aurait pas marché, car si les critiques ne sont pas une masse monolithique mais une agglutination de sensibilités…ils sont quand même capables de définir en dix mots leur activité, ce que nous blogueurs sommes incapables de faire (déjà chaque blogueur a la plupart du temps du mal à définir son activité à lui tout seul). Or si nous sommes incapables de nous définir nous-mêmes, comment espérer que les autres (lecteurs extérieurs, critiques pros, éditeurs…) réussissent à ne pas dire des conneries plus grosses qu’eux lorsqu’ils parlent de nous ? Et pourtant il y a manifestement un abcès à vider entre blogueurs et critiques, et pas que du côté des critiques, il suffit de voir le nombre d’idées reçues, clichés et demi-vérités entendues ces derniers jours sur les pros pour constater que l’incompréhension fonctionne tout azimut.

    Bref : il serait très intéressant, me disais-je hier soir (et tu me le confirmes), que quelques blogueurs réussissent à se définir, quitte à se différencier, quitte à ce qu’il y ait à un moment une scission entre différentes sensibilités bloguiennes. A vrai dire c’est là qu’on voit que ton aura dépasse largement la mienne…car je ne suis pas sûr que j’aurais osé poser les choses de manière si…brute ! Comme quoi…ce café littéraire est inégalable.

  4. Pfff… tout cela me dépasse. :-)

  5. Fafa

    nb : Tu auras bien sur corrigé de toi même TAZ > zone autonome temporaire ça m’apprendra à commenter sans ma dose réglementaire de café.

  6. désolée, j’étais très occupée ailleurs et n’ai pas pu lire le billet avant. Du coup, je crois que Thom a tout dit.
    Mais peut-être, pour pouvoir définir un blog littéraire, suffit-il de prendre la définition de l’adjectif dans le TLF :
    « Qui s’exerce dans le domaine de la littérature, des lettres; qui a rapport à ce domaine.En parlant d’un support écrit : Hebdomadaire, revue littéraire. »
    ;-)

  7. je suis bien d’accord avec toi Magda, et je suis bien d’accord avec Thom aussi !
    du coup, je ne fais pas du tout avancer le débat que je n’ai de toute façon pas pu lire jusqu’au bout :-)

  8. @ Laurence & Emeraude : bravo, merci d’aider. Puisque c’est comme ça je fais formuler ma réponse à ma réponse.

    Cher Thom,

    Ne le prends pas mal, mais je trouve que…

  9. Bonjour, premier commentaire sur ton blog avec lequel je fais connaissance! Et bien!! Me voilà presque muette!
    Je crois effectivement pour revenir à l’article précédent que la blogosphère est plus proche du monde de la critique professionnelle que nous ne voulons parfois nous l’avouer! D’ailleurs Thom j’ai bien aimé ce que tu dis sur le copinage!
    En même temps, je suis convaincue que chacun fait avec sa sensibilité et ses envies! De l’impression de lecture à la note construite et argumentée, il y a un monde. Que certains se prennent au sérieux, sans doute! J’espère ne pas en faire partie (en tout cas, j’essaie très fort). Bref, passons sur ma petite réaction personnelle et trouillarde!
    L’idée de définir ce qu’est un blog littéraire est intéressante mais… Quelle montagne! Et ne courrons nous pas le risque de sombrer dans une catégorisation qui « tuera » un peu cette liberté qu’offre (relativement) le web? Mais peut-être suis-je trop naïve! A lire les fameux 85 commentaires, j’ai eu l’impression de vivre sur un petit nuage rose avec un nounours bizarre!

  10. waouww, ça discute « grave » dans ton blog ces temps-ci dis-donc :-D c’est bien, c’est bien! pour ma part, j’ai bien suivi les discussions mais je ne peux pas émettre beaucoup d’avis étant donné que je ne fais pas du « blog littéraire »; je ne sais pas vraiment d’ailleurs où me classer puisque souvent je raconte n’importe quoi (shame on me). Cependant, très d’accord avec toi sur le fait que le blog est un espace « alternatif » de libre expression, et de découverte aussi si je puis dire. C’est dommage si on en vient à se censurer pour ne pas vexer les sensibilités de certains. Ca va sûrement mener à la mort progressive des blogs … Mais c’est juste un avis perso …

  11. @ Chiffonnette : AMEN (aussi). Il y a en effet des schémas beaucoup plus similaires qu’on ne le pense de prime abord. Pousserais-je jusqu’à dire que le terme « amateur » est pour certains très relatif ? J’ai du mal à concevoir que quelqu’un lisant 50/100 livres par an et les critiquant systématiquement après soit à mettre sur le même plan que ma mère (ceci dit sans condescendance aucune pour ma maman que j’aime). En fait je me dis parfois qu’il manque un statut intermédiaire entre l’amateur et le pro, comme en sport on a des semi-pros :D
    Néanmoins, je trouve très intéressante ta réflexion sur le fait que définir pourrait aussi réduire. Je n’y avais pas pensé, mais c’est très juste. Et en même temps…je n’arrive pas à savoir pourquoi, mais ça me semble important. Je suis persuadé, par exemple, que les agressions que certains subissent en commentaires ne pourront disparaitre (pour la plupart) que le jour où les lecteurs pourront dire : voilà, j’ai un blog, je fais ça, ça, ça, je m’inscris dans telle démarche…etc. Cela passera sans aucun doute avant par un grand déballage, mais à mon avis, c’est salubre. Après tout, dans toute microsociété, il y a toujours des courants, des tendances, qui divergent souvent et se retrouvent parfois. Il est probablement tout aussi possible d’en dégager à partir des blogs (Marco a d’ailleurs commencé). Je crois surtout que le fait que l’ego soit très puissant, dans le concept « blog », empêche un peu ce recul. Puisqu’on pose les questions qui turlupinent ou qui fâchent, peut-être que la première de toutes est : aimons-nous des blogs, ou bien aimons-nous des gens ? Puis : cherchons-nous à partager, à échanger, au sens « social » ? Ou bien à dire des choses ?

  12. @ Ttrinitty : « C’est dommage si on en vient à se censurer pour ne pas vexer les sensibilités de certains. »

    Tout à fait d’accord ! Et cela rejoint complètement ce que je demandais en fin de commentaire précédent. La vraie, l’immense différence entre le blogueur et le critique pro…c’est que chez le blogueur il y a un affect infiniment plus développé. D’ailleurs moi, je l’avoue sans honte, je fréquente trois catégories de blogs : ceux que je lis par intérêt, et ceux que je lis par sympathie, et ceux que je lis pour les deux.

  13. J’ai comme l’impression que Thom a enfin trouvé un café qui lui convient… ;) Sinon, définir c’est effectivement réduire, je suis d’accord avec Chiff’, et tout cela a-t-il vraiment une importance capitale ? (ok, c’est une piètre contribution:))

  14. @Thom : « aimons-nous des blogs, ou bien aimons-nous des gens ? Puis : cherchons-nous à partager, à échanger, au sens “social” ? Ou bien à dire des choses ? »

    Pour ma part, les deux. J’ai plein de choses à dire, dont les gens que je connais en vrai se fichent souvent éperdument, j’aime faire découvrir de nouveaux livres aux autres, ensuite en discuter avec eux et, au travers de ces échanges, avoir l’impression que se crée un lien.

  15. @Fash : ah mais oui ! Je suis surtout à deux doigts d’immigrer vers wordpress tellement j’adoooooore cette appli :-D

    @Agnès : attends attends attends…c’est trop facile de dire les deux ! Moi aussi je peux dire les deux, tout le monde va dire les deux. Seulement est-ce qu’au final ce sera représentatif de quelque chose à la fin ? Je ne dis pas ça pour toi – je parle en général. A mon avis il y a une part des deux plus ou moins importante chez chacun…mais ce n’est pas toujours aussi simple. Il y a (je trouve assez clairement) ceux qui recherchent l’échange autour de quelque chose, et ceux qui recherchent l’échange dans l’absolu (on revient à l’exemple extrême de Laurence sur la kermesse :)).
    En tout cas vu de l’extérieur (je rappelle au passage que je n’ai pas de blog litté et ne suis jamais classé comme tel), c’est un peu l’impression que j’ai…et ce n’est d’ailleurs pas un jugement de valeur (je sens venir la baffe :)) ; les deux sont respectables, et complémentaires parfois.

  16. @ Thom : Je me doutais que tu allais me dire ça ;) .
    Mais je maintiens ma position en la précisant un peu : je blogue primairement pour parler de littérature et promouvoir la lecture et l’écriture dans une/des langue(s) étrangère(s). Mais je me réjouis aussi de constater, que parfois, le courant passe particulièrement bien avec certains de mes lecteurs (blogueurs ou pas). En gros, c’est littérature et plus si affinité. Et comme nous sommes tous des etres humains, il est tout à fait normal que nous ayons tous plus ou moins tendance à mentionner certains évènements de notre vie quotidienne. Ce serait meme plutot l’absence totale de ce genre d’apparté sur la majorité des blogs qui me perturberait. Là je me poserais vraiment des questions.

  17. (oups, j’espère, ma chère Magda, que tu vas récupérer mon commentaire dans la poubelle de wordpress _ pas que mon com soit génial, mais pour le principe, hein)
    Juste quelques remarques (en retard, comme d’hab):
    1) moi je dis: « Halte à la réflexivité! », la réflexivité, ce miroir permanent, force et faiblesse de l’Occident! (ok, pardon, j’arrête avec les généralités); si on se demande trop ce qu’on fait, qui on est, quand où comment pourquoi avec qui combien de temps contre qui de quelle manière on blogue, on tourne vite en rond (ce que fait déjà une partie non négligeable de la littérature françouaise contemporaine), alors que le blog est une pratique toute récente; bloguons donc comme des fous, il sera toujours temps de théoriser… quand il n’y aura plus de blog :)
    2) pour moi, un blog est un bâtard, au meilleur sens du terme, au sens où on a dit que le roman était un art bâtard: pas de forme prédéfinie, tout y est possible. Que chacun choisisse (en tâtonnant)ses spécialités (photo de chat qui pisse et/ou analyse de Proust), c’est très bien; mais comme d’autres l’ont dit, attention à la tentation (très occidentale, encore une fois) de dégager des « normes ».
    3) il ne faut quand même pas trop rêver sur l' »alternative » qu’offrent les blogs (tout comme Wikipedia est une « alternative » encyclopédique à prendre avec pas mal de prudence…); les blogs, dans leur grande majorité, reposent sur le principe de gratuité et de plaisir, ce qui implique pas mal de superficialité (je mets à part certains blogs de « création littéraire », qui peuvent être l’exact équivalent d’écriture « pro » en termes d’exigences) dans les articles. Très concrètement, je vais écrire d’ici peu un billet sur « La Route » de Mac Carthy, je vais faire de mon mieux, hein _ mais ça sera mon « mieux » d’amateur qui a par ailleurs un boulot, des enfants, d’autres loisirs etc. bref, ça sera un billet un peu « rapide »… alors que si j’étais payé 200 euros pour le faire en 3 jours, ben alors là, tiens, je relis le bouquin 5 fois avec grand plaisir, et je ponds 10 pages d’études denses avec un minimum de 50 mots savants et 50 références culturelles :) Je le répète: un blog est 99 fois sur 100 un travail d’amateur (éventuellement passionné), ça peut être du beau travail, mais il ne faut pas lui demander de concurrencer ce qui se fait de plus sérieux dans le monde.
    4) Faire référence à Ulysse 31 dans ton titre, Magda, prouve que ton article ne pouvait qu’être passionnant. Alors moi aussi, comme Ulysse et Nono le petit robot, je reviendrai!

  18. @ Tous : mes amis « je vous ai entendus ». Mais je sors d’un tournage éreintant et chiant, j’ai dormi 3 heures, je vais me faire un petit café (merci Thom pour la dosette, tu me mettras un nuage de lait) et je vous rejoins dans quelques heures avec le plus grand plaisir pour débattre comme des malades. Ne buvez pas trop en m’attendant. ;-)

  19. Thom, tu réfléchis trop ! C’est pas bon pour la santé.

  20. @Thom : je ne veux pas te vexer, mais je trouve que Bellesahi a raison sur ce coup-là… :) Je vous laisse débattre, j’ai des fauves à dompter…

  21. @ B&FV : comment ça me vexer ? Le jour où un blogueur me vexera…parce que justement, je n’y mets pas un affect démesuré. En revanche, en effet, certains auraient été vexés à mort de vos commentaires ;-) D’ailleurs je crois qu’il n’y a rien de plus facile que de vexer un blogueur en fait. La moindre réflexion nominale, même pas critique, suffit souvent à déclencher des polémiques interminables.

    @ Agnès : littérature et plus si affinité…eh bien tu vois que ce n’est pas complètement les deux, en fait. C’est quand même littérature, et le reste dans certains cas :-)

    @ Magda : il te reste encore de mes dosettes, sérieux ? Je dois te dire que je n’utilise pas de nespresso…et que je ne me suis pas du tout rendu compte de la quantité que j’avais envoyée :-/

  22. Ca y est je suis de retour!

    @ Fafa : bouh bouh bouh, gros conflit d’idées là ;-) on ne se refait pas. Mais j’apprécie toujours tes interventions. Le style n’a pas de couleur politique!

    @ Thom, Marco, BelleSahi, Fashion, Chiffonnette : (non, Thom, il ne me reste plus de dosettes, c’est une blagounette) Bon, moi, je trouve que définir, c’est bien et pas bien à la fois. OK, c’est complètement nul comme phrase d’ouverture, mais je m’explique : définir pour aller vers un « mieux », oui!!! J’espère que le blog littéraire peut être considéré comme un vrai outil critique alternatif, donc, je pense que les blogeurs litt qui en ont l’envie devraient travailler dans le sens de la perfection. Que voulez-vous, je suis stakhanoviste. Bon, à côté de ça, je ne pense pas qu’il faille créer de petites cases non plus. Mais je pense que si nous voulons que le blog litt survive, plutôt qu’il ne disparaisse noyé dans la masse de nullités Internet, il faut le rendre toujours plus passionnant, donc un peu plus… pro? ça se discute, of course… mais c’est mon opinion. Je ne dis pas : tout le monde doit le faire, je dis : ceux qui veulent peuvent le faire. Nein? Comme dit Thom « il serait très intéressant, me disais-je hier soir (et tu me le confirmes), que quelques blogueurs réussissent à se définir, quitte à se différencier, quitte à ce qu’il y ait à un moment une scission entre différentes sensibilités bloguiennes » : moi, je trouve ça drôlement intéressant, cette idée-là.

    @ Caro[line] : merci d’être passée quand même miss… c’est vrai que le débat fait rage! :-)

    @ BelleSahi : faut dire que mai 68 est d’actualité en ce moment… héhé je crois que je vais aller mater tes chats, attention Thom va m’engueuler… ;-)

    @ Laurence : j’aime cette définition! vaste, donc pratique.

    @ Emeraude : j’avoue qu’il faut bien se prendre un bon quart d’heure de lecture avant d’avoir fait le tour de la question et des réponses! :-)

    @Chiffonnette : (welcome here!) Franchement je ne pense pas que tu sois naïve! Je pense qu’on vit tous dans notre petite blogosphère… chacun a ses inquiétudes propres.

    @ Trinitty : « C’est dommage si on en vient à se censurer pour ne pas vexer les sensibilités de certains. Ca va sûrement mener à la mort progressive des blogs » = suis bien d’accord. Quant à ton blog, si je l’ai glissé dans la catégorie « les filles qui bloguent bien », c’est parce que j’adore justement ton éclectisme… la beauté d’Internet, c’est que ça peut être un joyeux bordel bien agréable à vivre!

    @ Agnès : moi aussi, je pense « les deux ». En même temps, je crois que malgré nous, des tendances se dessinent dans nos blogs. Mes amis lisent rarement mon blog, perso. Je me destine plus au lecteur anonyme et à un cercle de blogueurs qui est venu ici par goût, et qui n’est pas très porté, je crois, sur le chat qui fait pipi sur ma plante verte. Même si ça me fait rire. :-)

    @ Thom : « aimons-nous des blogs, ou bien aimons-nous des gens ? » = ben… je passe. « cherchons-nous à partager, à échanger, au sens “social” ? Ou bien à dire des choses ? » = bon, moi, j’ai fait mon choix, très clairement. Option numéro 2, j’ai déjà trop de copains dans la vie ;-) By the way je te recommande vraiment WordPress, car comme tu écris beaucoup sur ton blog, je pense que ce serait plus aéré et donc bien plus agréable à parcourir… j’adore tes chroniques mais parfois je suis obligée de me prendre un doliprane à la fin, l’interface est un peu hard…

    @ Marco : 1) mais il ne s’agit pas de théoriser en fait. Bloguons comme des fous oui, mais comment? Moi je suis d’accord avec Thom, le pipi de mon chat en photo sur mon blog peut polluer mes textes… agissons avec soin.
    2) « le blog est un bâtard » : j’adore. C’est tellement vrai.
    3) si, moi je défends le blog comme alternative. Ou plutôt comme complément, si tu veux. Je m’y accroche vraiment, je pense que c’est justifié. Amateur ou pas, m’en fous. Je te jure, je ne crois pas que ce soit une question d’argent… Que dire alors de l’ennui qui gagne le « vrai » critique qui doit se farcir le dernier Gavalda alors qu’il n’en a aucune envie? ne va-t-il pas être tenté de torcher un papier pour se débarrasser du problème? tandis que le blogueur est éternellement passionné, qu’il soit pour ou contre ce qu’il a lu…
    4) je suis amoureuse d’Ulysse 31 depuis l’enfance…:-)

  23. Ma chère Magda…je suis désespérément d’accord avec toi ! En fait, je ne me doutais pas d’à quel point nous étions d’accord jusqu’à cette seconde.
    Effectivement, moi aussi je fais un certain tri dans ce que je fais. Ce n’est pas professionnel, mais disons que je vois ça un peu comme quand on écrit une comédie : faire sérieusement quelque chose qui n’est pas sérieux. Le mot « professionnel » fait un peu peur, mais le mot « travail » colle tout aussi bien. De toute façon…c’est enfoncer une porte ouverte que de dire ça. Plus on a un blog qui est lu, plus on se sent le devoir de « proposer quelque chose » aux gens qui nous lisent. De ce point de vue mon blog a énormément changé par rapport au début, mais je crois que c’est le lot de tous les blogs au bout d’un certain temps : faire les choses de plus en plus sérieusement. Ou arrêter. Pour ma part, je crois que je me suis seulement rendu de pourquoi j’avais mon blog en cours de route.
    Donc ce n’est pas un métier, on ne le prend même pas nécessairement au sérieux…mais on essaie de le faire bien, et honnêtement je crois que ça s’applique à chacun d’entre nous.
    Maintenant, loin de moi l’idée de considérer que « ma démarche » est meilleure que celle de machin ou de bidule. L’essentiel reste que chacun y trouve son compte.

    (je ne rebondis même pas sur ce que tu dis sur l’alternative…je ne ferais que te paraphraser)

    Par contre euh…pourquoi je t’engueulerais ? Je n’ai rien contre les chats de BelleSahi, ni même contre le fait qu’elle les montre sur son blog…si j’ai donné l’impression du contraire, c’est une méprise ;-)

  24. @ Thom : oh, ne t’en fais pas, c’était une boutade, pour les chats. Je suis fana de Desproges, ne te formalise pas, parfois même je le plagie sauvagement dans mon humour quotidien. Ce qui fait frémir mes amis. :-)
    Oui, je crois en effet que pour moi c’est la même chose : petit à petit, je sais vers quoi je veux que mon blog aille, et il s’y dirige doucement. J’élimine certaines envies (franchement, au début, j’étais capable de mettre un peu tout et n’importe quoi). Ca se précise, quoi. A un moment, j’ai failli fermer cette page que je trouvais parfaitement inutile. Et puis des gens sont venus discuter de manière toujours plus passionnante… voilà où on en est : tous à Troie et youpi!
    Mais je crois que nos blogs, le tien comme le mien, et d’autres comme celui de Marco, ont une « ligne éditoriale » (enfin surtout les vôtres, moi j’ai plutôt un « ton », mais bon je vais vous rattraper les gars). Une petite tendance à prendre le blog au sérieux, quoi… en toute légèreté, of course.

  25. @ Magda: en fait, je faisais l’avocat du diable… des doutes parfois… mais je vois avec plaisir que tu restes ferme dans tes convictions, et me voilà retourné comme une crêpe, plus re-convaincu que jamais! Et bien sûr, je me reconnais dans ce que dit Thom sur le blog qui évolue avec le « lectorat » qui se diversifie: on fait les choses « plus sérieusement », tout en gardant la légèreté du style bloguesque. Par la grande galaxie! (disait Ulysse 31) la vie est belle!

  26. si 68 est de retour

    alors il faut foutre la merde

    mais sur le net

    allez

    et vive les blogs les bons

    je pense que ça va continuer

    et qu’il n’essaie même pas de nous censurer l’autre petit nabot car ça pourrait se terminer à coup de barre de fer

  27. @ Magda : mais oui ! Une ligne éditoriale. Le terme est un brin pompeux, mais c’est le plus approprié. Moi aussi je mettais au début tout et n’importe quoi, c’est dire si j’étais bien placé pour évoquer (comme le rappelais je ne sais plus qui l’autre jour) l’article dont j’ai le plus honte. Mais après tout…c’est normal : le blog murit en même temps que son auteur. Déjà, en tant que lecteur, on murit au fil de ses lectures. Les jugements se précisent, la plume, tout… Je ne connais vraiment aucun blog qui n’ait pas évolué depuis ses débuts.

    Ah sinon…pour ma propre appli…je suis bien d’accord. Là encore, si j’ouvrais un blog aujourd’hui je n’irais sans doute pas chez over-blog. Bref : je suis en plein chantier pour rendre ça plus agréable (parce que déménager…après presque 800 articles…euh…). En attendant…essaie en faisant CTRL +. Zoom très efficace…c’est déjà nettement plus sympa ! :-)

    Bises, et bonne soirée (oui : maintenant je t’embrasse en commentaire – ET ALORS ? :))

  28. @ Thom : c’est clair que les blogs évoluent… et je crois que c’est nécessaire.
    Bon, je vais tenter le CTRL Zoom dans ce cas. Comme ça je pourrais reléguer mes aspirines dans mon armoire à pharmacie.

    Bises aussi! Ben, ouais, QUOI!?? :-)

  29. @ Marco : non mais c’est un truc de malade, WordPress veut ta peau! Je te retrouve toujours dans ma poubelle de spams… pourtant, dans tes coms c’est comme dans le cochon, tout est bon!
    Après cet interlude boucher, voici ma réponse : contente de voir que l’avocat du diable accepte de se faire retourner comme une crêpe!!! :-)

  30. Bonjour Magda,

    Je ne saurais vraiment pas dire ce qu’est un blog littéraire, mais je suis d’accord avec beaucoup d’idées contenues dans ton billet :) Le blogging est à la fois prodigieux et profondément déprimant. Tant de liberté pour tant de monde. Moi qui croyais être seul sur terre, je me rends compte avec effarement que je peux partager ma solitude (mettez moi donc 200g de solitude ma bonne dame) avec pleins d’autres pingouins … c’est trop fort … et ça laisse songeur … sommes-nous en train de construire le Grand Être du XXIe siècle ?

  31. @ Michel Meyer : ah ah, commentaire métaphysique, superbe! :-) Oui, le web 2.0 ressemble un peu à un Grand Horloger fait de bric et de broc, avec des aiguilles qui tournent à l’envers sur un cadran surpeuplé… Déprimant, je suis d’accord. Un jour, j’ai 500 amis, l’autre, je prêche dans le désert… rien n’est plus ingrat que le zapping de la Toile!

  32. Je me retrouve totalement dans deux des arguments que vous venez de développer : faire sérieusement quelque chose de futile et suivre une ligne éditoriale :

    Dès que j’ai ouvert mon blog, je savais ce que je ne voulais pas y voir, et quel devait en être le contenu.
    Parler de mes lectures mais surtout pas de moi (peut-être cela est-il aussi dû au fait que j’ai internet depuis 1996, soit la préhistoire du web. J’avais donc au préalable déjà fait quelques expériences. Et puis ma profession fait aussi que je ne voulais pas intégrer ma vie privée au blog).
    Ensuite, même si évidemment je ne suis pas professionnelle (et ne prétends pas l’être) j’aime faire les choses sérieusement, c’est à dire avec implication et application. D’ailleurs, pour illustrer cette pensée, je pense que si je ne l’avais pas envisagé ainsi, nous n’aurions peut-être pas réussi à avoir l’accord de Russell Banks. Et quelle satisfaction pour nous que cet accord ! Donc faire des choses futiles avec sérieux pour en retirer une certaine satisfaction, voilà je pense qui définit bien ma façon de bloguer. :-)

  33. @ Laurence : je suis d’accord, il est dangereux de s’exposer trop. Raconter sa vie perso peut être amusant… quand c’est vraiment raconté. Donc, quand ça n’a presque plus rien à voir avec la réalité. Mes anecdotes personnelles deviennent souvent des histoires très romancées ;-)

  34. Merci pour mes chats. Ah les chats de Bellesahi sont des chats hors du commun !

    Ils tirent la langue…
    http://dlivresetdchamps.canalblog.com/archives/2008/03/24/8430495.html#comments
    ou prennent la pause…
    http://dlivresetdchamps.canalblog.com/archives/2008/01/21/7644826.html#comments

    Souvent les personnes qui aiment lire aiment les chats.
    J’ai essayé de faire un blog juste pour mes photos mais personne ne le visite. Non ce qui plait dans mon blog c’est le mélange des genres alors je vais définir mon blog comme étant un blog « mélangé ». Il est à mon image. J’aime plein de choses dans la vie et je ne peux pas dissocier ces choses alors…
    Allez venez voir mes chats et vous verrez qu’il n’y a pas que ça…et qui sait cela va peut-être vous plaire ?

  35. Je viens de passer un bon et long moment sur ton blog à lire toutes ces discussions autour des blogs lectures, blogs livres, blogs littéraires…
    Je me retrouve dans pas mal d’expressions écrites ici ou là :
     » je vais faire un post sur la route de Mc Carthy, mais bon, j’ai aussi un travail, 3 enfants, les courses et le ménage à faire, alors, je ferai ce que je pourrai… »
    Et bien c’est ça que je trouve plaisant dans cette activité. On peut lire, écrire, échanger, évoluer et apprendre en amateur, pour le plaisir et en jouant. En prime, on fait des rencontres avec des gens intéressants et sympathiques qu’on aurait jamais croisé sans blog, et on découvre des livres de manière plutôt dynamique.
    J’ai bien aimé aussi la métaphore sportive de Thom. Il y a comme une sorte d’émulation positive
    entre blogueurs qui est stimulante. Il y a une hiérarchie aussi et des catégories. On peut se côtoyer et échanger de manière riche et constructive ou au moins respectueuse, en sachant que l’on ne joue pas dans la même catégorie.
    Je ne partage pas du tout la vision de ? qui pense que ce mouvement des blogs tire je ne sais qui vers le bas. J’ai l’impression inverse. C’est plutôt bien qu’un maximum de personnes s’empare d’un outil d’écriture et se mette à la rédaction. C’est un sacré exercice, qui peut devenir un travail très rigoureux,
    et chacun fait son bonhomme de chemin, à son rythme et en choisissant les pistes qui sont à sa portée.

  36. @ Bellesahi : ce sont de belles photos en tous cas!

    @ Sylvie : « Il y a comme une sorte d’émulation positive
    entre blogueurs qui est stimulante. Il y a une hiérarchie aussi et des catégories. On peut se côtoyer et échanger de manière riche et constructive ou au moins respectueuse, en sachant que l’on ne joue pas dans la même catégorie. » = je trouve que c’est très intéressant, ce que tu dis là. En effet, c’est stimulant de bloguer. Je trouve personnellement que mon style et mes références se sont beaucoup enrichis depuis que j’ai ouvert Ce que tu lis. Vous, lire, vous côtoyer et échanger avec vous m’apporte énormément!

  37. et oui… tout pareil pour moi!

  38. @ BelleSahi et Sylvie : mais c’est un plaisir mesdames!

  39. Je viens de passer plus d’une heure à lire tes billets et tous les commentaires (oui tous, j’en ai pas sauté un seul c’est dire si c’était intéressant :-)) J’ai plein de sujet de réflexion maintenant et l’impression que tout ce que je pourrais dire va faire réchauffé, tant pis…Juste une petite chose sur la différence entre critiques littéraires et blogueurs, un des points est le choix non ? Les blogueurs lisent ce qu’ils veulent quand ils veulent, les critiques doivent suivre l’actualité littéraire ou rebondir sur des thèmes imposés… Même si les blogueurs le font aussi, ils peuvent décider de laisser tomber en route… Comme Agnès je n’écris (presque) que des critiques positives parce que je ne lis pas de livres qui ne me plaisent pas (ou si je me fais prendre, je les laisse tomber vite fait) mais je comprends que d’autres se sentent inspirés par des livres qu’ils n’aiment pas (oui thom j’aime tes critiques) n’empêche si j’ose dire, il reste qu’ils le font pour le plaisir… Alors blog=plaisir ?

  40. @ Yueyin : merci d’avoir pris le temps de lire tout ça, quel courage! ;-) C’est vrai que les blogueurs ont des avis plus que riches sur ce sujet… forcément, ça nous concerne directement!
    Oui, c’est vrai que nous avons le choix de ne critiquer que ce que nous aimons. Cela dit, une petite critique acerbe est parfois très intéressante à publier. Cela dépend de ce que l’on défend dans son blog, je crois. Certes, blog= plaisir, mais le plaisir est différend pour chacun! Pour ma part, je prends beaucoup de plaisir à dire pourquoi j’aime ou non. Dans les deux cas, le plaisir est dans l’argumentation.

  41. Pingback: Stasiland « Ce que tu lis

  42. @ yueyin : non non – blog = truc trop chiant que je fais pour occuper mes journées quand je n’ai aucun com à poster sur Ce que tu lis :-)

  43. Eh bien, que ces deux billets sont intéressants et riches en positionnements différents.
    Pour avoir pris le débat à la toute fin, je suis de l’avis de Yueyin quand elle dit que la différence principale entre professionnel et bloggeur est une histoire de choix. Le bloggeur peut en effet écrire un billet sur un livre d’il y a 5, 20, 50 ans ou deux siècles (même si les critiques d’auteurs « classiques » sont relativement rares), alors que le critique professionnel est contraint de suivre l’actualité, surtout dans ce qu’il présente dans les journaux.

    Ensuite, pour ce qui est de la définition des blogs, je suis plus proche d’une démarche comme celle de Laurence, même si j’ajoute une partie « cinéma » à la partie « livres ». J’estime inintéressant pour le lecteur ce qui concerne ma vie personnelle, sauf si cela peut aider à expliquer mes sentiments sur le livre que je viens de lire. Car si Thom arrive à sortir l’œuvre littéraire du contexte dans lequel il l’a lu, j’en suis personnellement incapable. Voilà pourquoi les lecteurs qui lisent les billets chez moi peuvent connaître certains détails de ma vie, mais beaucoup de choses leur restent inconnues. Maintenant, je comprends tout à fait ceux qui parlent d’eux dans leurs blogs, mais c’est quelque chose que je ne me sens pas de faire.

    J’ai d’ailleurs adopté une attitude qui surprend ma compagne, qui est de ne pas avoir parlé de mon blog aux personnes que je connais dans la vie réelle, amis ou famille. Foncièrement, j’ai fait ce blog pour poser des mots sur mes impressions et partager ces dernières, mais je n’avais pas pour objectif premier de rencontrer d’autres bloggeurs. Maintenant, je suis heureux de l’avoir fait lorsque j’ai pu le faire, et espère que cela pourra encore se produire.

    Je me retrouve donc plutôt parmi ceux qui ont fait un blog pour dire des choses, avec ce petit côté narcissique lié au dévoilement de ses impressions et à la satisfaction de voir ses billets lus. Mais ces six premiers mois de blogs permettent de faire rapidement la distinction entre différents types de blogs.

    Et pour ce qui est du rôle du blog, je suis convaincu que nous sommes un microcosme qui s’alimente, avec parfois l’intrusion de personnes extérieures qui peuvent y trouver un avis, un conseil, mais que la majorité de la blogosphère littéraire tourne principalement autour d’une centaine de personnes (ceux qui ont participé au dernier Lotobook, par exemple, où nous étions 118). Donc pas la peine d’avoir les chevilles qui enflent pour une si petite audience.

  44. J’arrive peut-être un peu tard pour prendre part au débat, que je trouve bigrement intéressant.
    Je suis pris entre deux feux, étant à la fois auteur publié (je sors deux livres cette année) et blogueur récent (Non, cela n’explique pas ceci).
    Quelques remarques :
    – parler des « blogs littéraires » en général, c’est désigner simlement un monde compliqué : avec une amie, nous en avons répertorié plus de 300. Des vrais blogs qui parlent de vrais livres, sans donner des nouvelles de leur chat, sans présenter leurs napperons au point de croix. Si on vire ceux qui parsèment leurs billets de fautes d’orthographe, et de platitudes scolaires, il en reste près de 200. Dont une cinquantaine d’une excellente qualité. Des noms ? Mais non, chacun se reconnaîtra évidemment.
    – Qu’est-ce qu’un blog excellent ? C’est un blog qui ne se contente pas de parler des livres dont parlent tous les blogs le même mois. C’est un blog dont les billets argumentent, éclairent, nuancent. C’est un blog qui n’hésite pas à sortir épisodiquement des tiroirs de bons romans publiés il y a 50 ou 100 ans. Dans ces cas, le billet nous permet de nous faire une idée sur le blogueur plus que sur l’auteur, et c’est très bien.
    – Un blogueur et un critique littéraire, ce n’est pas la même chose. Qu’est-ce qu’un billet de blog a de plus ?
    + Il a LA PLACE. C’est curieux, personne n’en parle dans ces échanges. La place pour argumenter, pour expliquer. Nous, auteurs, nous y sommes très sensibles. Mes livres précédemment publiés ont eu de bonnes critiques dans Le Monde des Livres, le Nouvel Obs, Marie-Claire, etc. (Hé, rassurez-vous, je ne vais pas squatter ce blog pour faire ma promotion), mais deux critiques seulement ont dépassé les 1.000 signes (Le Monde des Livres et Le Magazine littéraire), ce qui était déjà formidable. Avoir de la place, c’est pouvoir expliquer son coup de coeur. Ou sa détestation. Expliquer au lieu d’assener.
    + Il ouvre le débat : les commentaires sont parfois très intéressants comme contre-éclairage.
    + Ils permettent de situer l’auteur de la critique. Il suffit de remonter, on voit ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas, dans d’autres livres. Cela permet de relativiser. Allez donc faire ça dans un magazine !

    Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles les éditeurs, sous la pression des auteurs, s’intéressent de plus en plus aux blogs, malgré le brouillard qui y règne. On n’est pas toujours d’accord sur la liste des 50 excellents, on ne connaît pas la fréquentation d’un blog ni la qualité de cette fréquentation, alors qu’on a des données très précises sur le lectorat des médias.

    Les défauts ?

    – ce brouillard, cité plus haut. Le pire ennemi des blogs est dans la place, ce sont les blogs qui mélangent le bulletin de santé des enfants, les cartes postales de vacances, et les billets de lecture (même les excellents le font parfois, avec plus de finesse).
    – cette impression de copinage quand on parcourt les commentaires. Pas les copinages critiques/auteurs, mais les copinages entre blogueurs, qui peuvent devenir gênants : on se sent parfois de trop, on a l’impression d’être invité à une réunion Tupperware.
    – la tendance des blogs à parler tous ensemble des mêmes livres à la même période, qui crée vite une saturation. Quand il s’agit d’un livre qui vient de sortir c’est pénible ; quand le livre est sorti il y a dix ans ou un siècle, c’est exaspérant.

    Je fréquente depuis peu ce monde des blogs littéraires. Avant, je n’en connaissais qu’une dizaine, qui font d’ailleurs partie des excellents. Je découvre qu’il y a là une énergie, une passion, une curiosité qui sont plus que respectables. Et mieux encore, on y trouve parfois un réel talent.

  45. @ Yohan : non, comme toi je pense qu’il ne faut pas avoir les chevilles qui enflent. Même quand on a 20000 connexions par jour, à vrai dire! Internet est ingrat. Rien n’est assuré. On sort de l’ombre aussi vite qu’on y est renvoyé. Donc… pas de melon, pas de grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf… mais… pourquoi ne pas prendre l’exercice au sérieux tout de même? Quel mal y a-t-il à cela?

    @ Georges F. : merci pour votre contribution qui apporte un éclairage nouveau sur tout ce qui a été dit. Car dans ces commentaires, peu d’auteurs ont vraiment pris la parole. Or, ce sont pour eux que se « battent » les blogs littéraires!
    Votre tentative de définition du « bon blog » est plus que valable à mes yeux. Hé oui, il n’y a qu’eux qui dureront. Les autres fermeront comme des journaux intimes que l’on range dans un tiroir à la fin de l’adolescence. Cela n’a rien de péjoratif – ça concerne peut-être le mien, qui sait?!
    Quant au sentiment de « copinage », c’est de toute façon le pendant de tous les blogs, quels qu’ils soient ; c’est aussi leur charme puisqu’enfin, le « courrier des lecteurs » des magazines littéraires papiers trouve là son expression quotidienne.
    Comme vous, j’ai parmi mes abonnements RSS de vraies pépites, et je pense qu’Internet peut faire émerger de sacrées plumes.

  46. @Magda : mais je suis tout à fait d’accord pour prendre l’élaboration d’un blog au sérieux. Celui qui prend le temps de faire un blog ne peut d’ailleurs que le faire avec sérieux, car la du temps, mine de rien. Ce que je voulais dire, c’est qu’il convient de rester ludique, de s’en amuser (meme si on a parfois tendance à vouloir etre un peu trop sérieux, moi le premier !)

  47. @Yohan : ok là je suis d’accord! :-)

  48. Pingback: Je est un autre « Ce que tu lis

  49. Pfiou… Quel déluge entre ces deux billets et les commentaires. Je vous ferai insulte (si si, j’ose) en comparant la problématique des blogs littéraires (ou de lecture, mais comme vous ne parlez quasiment de ce qui a été édité en livres, ça marche) avec les blogs dits « musicaux », à savoir débattant sur la base des productions musicales : enregistrements (sur disques, avec tout le problème de la dématérialisation et de la copie), concerts, mais aussi beaucoup plus d’à-côtés que vous ne pouvez vous permettre pour la littérature : ragots sur les musiciens, qualité des illustrations des pochettes, débats carnassiers sur l’attribution de telle ou telle étiquette à tel artiste, définition du climax de son œuvre et du moment où untel est devenu un vendu au système, etc.

    On retombe souvent sur des problématiques équivalentes, et le rapprochement avec les « pros » est évidemment une question tabou, parfois abordée, mais qui reste en tâche de fond. Car finalement, beaucoup de blogueurs aimeraient aussi être payés pour écrire leurs analyses (les fameux « critiques » professionnels). Et in fine, beaucoup de critiques aimeraient bien être aussi des écrivains ou des musiciens.

    Alors continuons à butiner de blogs en blogs, à nous régaler (ou nous énerver) à l’écoute du Masque, et finalement à traîner devant les tables et gondoles des Fnac ou des petits libraires, parce qu’au finale, c’est bien là que nous commettrons l’acte : acheter un livre.

  50. Complément au commentaire :
    Je sais que je commente dans le désert, puisque ce blog n’a pas la fameuse rubrique en haut de page listant les derniers commentaires ici, avec un lien pour les retrouver.
    Culte de la nouveauté privilégiant les seuls derniers billets de l’hôte ?
    Incitation à fluxer RSS pour suivre ses sites chouchous et leurs moindres mouvements ?
    Hm… Je crois que seule Magda me lira, et j’aurais raté une bonne occasion de faire mon intéressant dans une discussion intelligente…

  51. Quoique… Si seule Magda me lit, je peux entretenir avec elle une relation privée potentiellement aux yeux de tous mais sans un regard, comme si nous devisions dans le métro. Alors à quoi sert la technologie d’un blog si on peut converser par mail ?
    Hm… il me semble que c’est l’heure de l’apéro.

  52. @ Christophe : mais tu as complètement raison, je suis une vraie tanche en informatique, et je viens d’ajouter cette catégorie « commentaires récents » qui en effet était indispensable! Merci pour la remarque.
    Quant à tes notes sur la différence avec les blogs musicaux, c’est en effet intéressant… C’est vrai qu’une certaine « dignité » habite le blogueur littéraire vis-à-vis de ses cibles/auteurs préférés/critiques chouchous ou détestés.
    Apéro dans le métro? ;-) Aérien alors!

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