Joan baise-t-elle avec un mouton?

(Pardon pour ce titre peu élégant. Thom me force à la grossièreté et je me laisse volontiers aller).

Dans le cadre du magnifique chamboultou Top of the flops of the pops of the blogs, qui consiste à bousiller un disque « crédible » (dixit Thom), avec toute la bile possible, je vais aujourd’hui – bien que mon blog soit avant tout dédié aux belles lettres – tenter d’extraire la belle madone Joan Baez de son icône dorée aux effluves de marijuana. Et comme je ne suis pas blogueuse musicale, j’espère que les auteurs du TOTFOTPOTB me pardonneront de ne pas sélectionner un disque de la « grande dame du folk », mais plutôt de faire un pipi rapide sur l’ensemble de son oeuvre.

A priori, Joan Baez a tout, absolument tout pour me plaire. La raie au milieu, la guitare douce, l’engagement pacifiste, le même look que moi à quinze ans, les pochettes de vinyls absolument sublimes, et last but not least, l’amitié de Bob Dylan. Le problème, c’est que dès que la dame pose le pied sur scène, toute auréolée de sa gloire et de l’amour de milliers de hippies gracieux, il sort de cette bouche délicate une voix à faire mourir d’angoisse un agneau dans la bergerie. A croire que l’icône folk est issue d’une lignée de moutons bêlants. POURQUOI, sur tant de beaux textes (souvent écrits par Dylan, comme le merveilleux Blowing in the wind, autrement plus agréable à l’oreille lorsqu’il est chanté par son auteur aux Ray-Ban, ou même par ma concierge dans l’escalier), poser cette espèce de lait concentré ultra-méga-sucré couleur éléphant rose qui vibre sans fin? Beurk. Ecouter Joan Baez me fait l’effet de me plonger toute entière dans le gâteau d’anniversaire de Barbie.

Cette voix massacre tout ce qu’elle interprète. Dans la gorge de Joan Baez, l’Ave Maria (album de Noël) de Franz Schubert devient une guimauve, tremblante de toutes ses forces qui, c’est vrai, sont assez surnaturelles. Rangez vos flûtes à champagne, si vous ne voulez pas sabrer le champomy dans un gobelet en plastique.

Pourtant les textes sont beaux, de véritables poèmes qui, arrachés de l’âme d’une Janis Joplin, frôleraient l’extase mystique. Lisez plutôt :

Oh, where have you been, my blue eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard…*

*Oh, où avez-vous été, mon fils aux yeux bleus ? / Oh, où avez-vous été, mon jeune ami ? /J’ai trébuché sur le flanc de douze montagnes brumeuses / j’ai marché et j’ai rampé sur six routes sinueuses / j’ai marché au milieu de sept forêts endeuillées / je me suis postée devant douze océans morts / je suis restée dix mille miles dans la bouche d’un cimetière…

Eh oui, c’est très beau. Mais pas chanté par une brebis. A tchao bonsoir!

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56 Commentaires

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56 réponses à “Joan baise-t-elle avec un mouton?

  1. Ah oui, titre peu élégant, et par conséquent terriblement efficace. Mais quelle déception! Je n’ai pas trouvé dans ton article la réponse à la question initiale! Bon, d’accord, j’ai suivi, Joan bêle, mais est-ce la preuve scientifique d’un accouplement ovin?

  2. @ Marco : Eh bien cher Marco, la question reste ouverte. Je propose que nous en débattions. Joan étant la défenseur des faibles – donc de l’ovin sous toutes ses formes, même de Dolly la brebis clonée – aurait-elle fait le sacrifice de livrer son beau corps de madone pacifiste en pâture à un agneau puceau? C’est probable. J’ai déjà vu des photos d’elle portant un gilet en mouton retourné, cadeau certain d’un ancien amant.

  3. Ah d’accord; devant tant d’indices concordants, je dois m’incliner.

  4. Oh oui dis… la vache ! C’est court, mais sacrément dense, un peu comme l’uppercut d’un Hell’s Angel dans la face d’un pauvre hippie ;-)

  5. Le titre est très réjouissant :)
    La pochette est tellement belle bon c’est vrai elle bêle un peu mais la pochette quand même on dirait Pocahontas!

  6. Pour faire aussi classe que ton titre j’ai envie de dire que si j’aime la baise, je n’aime en revanche pas la Baez. Elle a du l’avaler tout frais, tout cru son agneau, avec un petit veau en prime pour faire passer ça. Sans déc’, on dirait du Céline Dion (le chant, hein, pas les textes) version folk ; c’est troublant.

  7. @ Marco : comme disent les jeunes et ma meilleure amie, LOL.

    @ Thom : oui, c’est vrai j’ai fait court. Je me sentais un peu sacrilège tout de même. J’aurais tué un mouton à mains nues pour être moi-même à Woodstock…

    @ Roooxane : fashion-victim disneytisée, va! Mais je suis d’accord avec toi. Elle est belle, miss Joan.

    @ Agnès : je crois que tu as trouvé la formule qui tue grave. Du Céline Dion folk. C’est méchant mais si vrai. Nous avons les mêmes penchants, chère Agnès, ça se confirme de jour en jour. Dis, t’aimes Barbara, toi? Parce que moi…

  8. Pas des masses, non. D’ailleurs elle bele bien aussi celle-là et quand elle chante « Capri la beeellllleee » dans « Gare de Lyon » on touche à l’autoréférentialité ;) . Je suis très difficile en matière de voix.

  9. @ Agnès : mais c’est clair! C’est parfaitement insupportable… moi, sa voix me donne la chair de poule, mais vraiment pas dans le bon sens. Et figure-toi que lorsque je dis ça dans les dîners en ville (oui, j’adore cette expression désuète), les gens me regardent comme si j’étais Carlos ressuscité.

  10. Ce bon vieux Carlos ! Ils ont de l’imagination les gens avec qui tu dines (ou alors ils sont proprement bigleux). Rares sont les gens qui ont de vrais critères musicaux personnels. Peut-etre parce que la musique est omniprésente (radio, télé, transports en commun, magasins…), qu’on ait envie d’en écouter ou pas. J’ai toujours l’impression que les effets de mode et de pseudo-snobisme (parce que dire « Oh moi j’adore Barbara (meme si en fait pas vraiment) » à une époque où la chanson française revient en force, pour moi, c’est du pseudo-snobisme) y sont beaucoup plus importants (et versatiles) qu’en littérature par exemple.

  11. @ Agnès : tu crois? Moi je crois que les gens aiment VRAIMENT Barbara. Tous mes ex petits amis sont musiciens ou presque (je sais, ma psy trouve ça bizarre aussi). Et même certains d’entre eux, qui ont une culture musicale affirmée, réelle, intègre, eh bien… même certains d’entre eux aiment Barbara.
    Et tu sais, après 3 assiettes de cassoulet, je me mets à chanter Big Bisou, ce qui peut prêter à confusion. Ah oui au fait j’ai vérifié : « prêter à confusion » et « porter à confusion » sont corrects aussi bien l’un que l’autre. Non, parce que, j’avais un doute en rédigeant ma réponse, of course.

  12. Je ne dis pas que tous font semblant, non, mais qu’en matière de musique il est assez facile de jouer le mouton (pauv’ bete, on est vache avec lui depuis hier ;)) en fonction des modes. Et c’est vrai aussi que les musiciens ont des critères réels. C’est bien pour elle si certains aiment ses chansons, il en faut pour tous les gouts ; qu’on nous permette de ne pas aimer.
    Moi j’ai toujours le problème avec Mozart (et hop on change de catégorie). S’il y a bien un compositeur classique consensuel, que tout le monde adule, c’est lui. Ben moi je ne peux pas. Il m’ennuie profondément et me gave (sa musique est censée etre apaisante, moi elle me rend violente). En fait j’ai du mal avec le classique viennois en général (je suis une fille de la Renaissance et du Baroque – et en partie du 19e-20e siècle) et ça, ça passe souvent très mal dans les conversations…
    Nous avons toutes les deux été élevées à la sauce classique concentrée (classique au sens large cette fois-ci) si je ne me trompe ? C’est peut-etre l’explication.

  13. holden

    ok pour baez… mais barbara, grand dieu, barbara!!
    Götingen, et tant d’autres…
    Pour ma part, j’ai longtemps eu du mal avec Brassens… Ca m’embêtait vraiment : il faisait l’unanimité des gens qui m’entouraient, des gens dont j’appréciais par ailleurs les goûts, la sensibilité… J’apprécie davantage aujourd’hui, mais quelque chose de l’ordre d’un désaccord esthétique fondamental demeure… C’est très embêtant… Alors dans les dîners en ville, je m’efforce de théoriser cela en prétendant qu’il existerait une dichotomie esthétique essentielle entre brel et brassens, et qu’en tant que brelien inconditionnel, je ne pourrais goûter aux ennuyeuses psalmodies de brassens… bref, je complexe…

  14. @ Agnès : j’ai biberonné du classique toute ma vie. Mozart, bon… je peux comprendre que tu n’aimes pas. Enfin. Je compatis. C’est comme ne pas aimer le chocolat, je crois : on rate un régal… peu importe, je trouve ça courageux et ça me plaît! Ca me ferait rire de te voir péter la gueule de Chérubin en plein aria…

    @ Holden : ahahaha! quel aveu magnifique! Moi je suis une immense fana de Brassens. A un moment donné, j’avais même un malheureux citronnier dans un pot chez moi, que j’avais baptisé Georges. Bref. Tu aimes Brel et c’est déjà ça. Je peux comprendre que Brassens agace : c’est répétitif. Mais quel charme. J’aurais voulu qu’il soit mon grand-père, m’asseoir au bas de sa chaise, lui tendre sa pipe, nourrir ses chats. Tu n’as pas à complexer : j’ai rencontré un autre cas étrange comme le tien, et j’ai même vécu avec ce cas étrange, moi l’amoureuse de Brassens…

  15. Eh bien moi j’aime Barbara, Agnès, et je t’… adore :-D

  16. @ Magda: MDR. N’empeche, Mozart est un de mes plus anciens souvenirs musicaux: mon père nous chantait souvent le « Non più andrai » des Noces de Figaro. À l’époque je trouvais ça très drole, mais me taper tout l’opéra serait une torture.

    @ Thom: Libre à toi d’aimer Barbara, mon cher Thom. Mais si je ne m’abuse c’est toi qui réclames de la part des blogueurs des avis sincères et tranchés, non ? Enfin, comme un jour tu as égratigné dans un billet Jeff Buckley, que j’adore, nous sommes quittes. Et je t’adore aussi :D .

  17. @ Thom et Agnès : wouahhhh Thom aime Barbara! Un mythe s’effondre! Mais nan je rigole. Tant pis Thom : tu peux pas être parfait.

  18. Ben moi j’aime Barbara (pour de vrai)!

  19. @ Roxane : ben tiens! Tu viendrais pas un peu faire de la contradiction sur mon blog en ce moment? Non je plaisante ;-) Comment va le tournage? Tu m’envoies un petit mail pour me raconter ça?

  20. « C’est parfaitement insupportable… moi, sa voix me donne la chair de poule, mais vraiment pas dans le bon sens. Et figure-toi que lorsque je dis ça dans les dîners en ville (oui, j’adore cette expression désuète), les gens me regardent comme si j’étais Carlos ressuscité. »
    Lu certes dans un comm’, mais peut-être la plus belle phrase de ce trop court article.

    En fait, j’avais oublié que moi aussi, cette greluche neuneu me file les boutons et la diarrhée tellement elle sirupe la moindre chansons qu’elle entonne. Quand je pense qu’il a pu m’arriver pour rigoler de temps à autres de ridiculiser Marie Laforêt* en la comparant à ce loukoum bêlant.

    Merci Magda (dont je rappelle que je suis officiellement tombé amoureux, blogoniquement parlant, et je confirme que ce n’était pas qu’un coup de foudre, une passade, digne de faire blêmir le premier GT venu) d’entretenir la flamme du trop étique bûcher que mérite Joan Baez.

    Il y a des dîners en ville que je regrette bien du fond de ma forêt landaise.

    * Autopromo pour Laforêt (pas les agences immobilières) et puisqu’on parle fort opportunément de la très rigolote Barbara : http://www.pop-hits.net/article-3569493.html

  21. hu hu hu
    ça c’est un pipi très efficace dis-donc.

    de quoi lui décolorer les racines suffisamment pour qu’on la laisse filer incognito loin de toute terre folk ^^

    joan baez, il parait qu’à ses débuts il suffisait qu’elle monte sur scène pour que la foule soit instantanément baignée d’une charge sexuelle inégalée.
    Manque de bol, je ne la connais que sur disque, avec la souffrance que tu décris ^^ et encore, par la BO de sacco & vanzetti, ce qui n’est pas le sujet le plus érotique qu’on puisse chanter.

    de toute façon, sorti de Judee Sill et Alela Diane je pique vite du nez avec le folk.

    bravo pour cet uppercut de première :-)

  22. @ Christophe : ah, mon amoureux est de retour! Je me demandais où il était passé! ;-) Finalement, je m’aperçois que les hommes de goût partagent mon frisson d’horreur pour les bêlements de la pauvre Joan. Au fond de ta forêt landaise, qu’écoutes-tu alors? De toute façon je surfe souvent sur ton blog maintenant. Et je me marre bien, j’avoue. Pas le temps aujourd’hui – je file bosser – mais demain je décortiquerai l’article Laforêt avec bonheur… :-)

    @ Arbobo : ton commentaire me poile complètement! Non, mais sérieusement, je n’arrive pas à imaginer qu’on puisse trouver Joan Baez un tant soit peu sexy… on dirait une prof d’allemand, me trompè-je?

  23. @Magda Sans Baez, il reste quand même beaucoup à écouter. Par exemple, pour de la belle chanson simplement orchestrée (le folk n’est-il pas ça, finalement ?), je me régale ces temps-ci avec Lanegan et Campbell, par exemple.

    @ tous Bon, sinon, difficile de ne pas être amoureux quand on lit ça « Joan Baez un tant soit peu sexy… on dirait une prof d’allemand, me trompè-je? » mdr, lol et toute cette sorte de choses !
    J’en viens à ce passage mignon de Forrest Gump (le film, pas lu le livre) où Robin Wright chante à oilp sur la scène d’un cabaret louche, juste cachée par sa guitare. Elle est présentée avec un pseudo dont je ne me souviens plus, mais je crois qu’il y avait un lien avec Joan Baez. Et là, on était loin des profs d’allemand.

    Ce qui est quand même incroyable avec Baez, c’est qu’elle fut la première de ces chanteurs militants au grand cœur, gonflant beaucoup de monde mais mobilisant des millions d’autres, portant, par des chansons un peu niaises mais souvent empreintes d’un petit côté pompier-bravache, la fierté de ceux qui les écoutaient, les enjoignant de se lever, de résister, etc.
    Parce que quoi qu’on en dise, Baez a plus fait pour la fin de la guerre du VietNam et Bono ou Peter Gabriel pour la fin de l’apartheid en mobilisant les opinions publiques que les chanteurs sinistres, cyniques et égoïstes que nous nous plaisons à écouter.

    Sachons vivre avec ce paradoxe un peu humiliant.

  24. @ Christophe : Lanegan et Campbell? Connais pas. Je vais me renseigner sur Deezer. Quant à Alela Diane qu’apparemment tu aimes bien, je trouve ça très joli et j’ai d’ailleurs une copine américaine à Berlin qui chante exactement de la même façon.

    http://www.myspace.com/honeyandthegreek

    Ça doit d’ailleurs l’agacer, ma pauvre Meg.

    Je me souviens bien de la scène de RW Penn qui était sublime derrière sa gratte. Cette image m’a frappée au point que quand je fais moi-même gling-gling sur ma vieille casserole à autocollants indiens chez moi, j’ai envie de me foutre à poil. Non sans déc.
    C’est vrai que Joan Baez a eu le mérite de soulever des foules entières. Ne serait-ce que pour cela, j’ai eu du mal à l’égratigner. Mais Thom m’aurait fouettée si je n’avais pas été méchante. That was the deal.

  25. alela diane? j’espère bien en avoir refilé le virus à christophe (pas certain, malheureusement),
    mais le folk actuellement se porte bien,
    y compris chez nous, on peut mettre de côté le succès et les passages télé pour se concentrer (en plus d’alela diane), sur l’album de Cocoon, qu’ils savent magiquement transmettre sur scène :-)

    (dire que je fais de la pub pour du folk, au lieu de promouvoir le nouvel album de Joan as police woman, qu’est-ce qui me prend? penser à remettre des piles dans le bouzin)

  26. Je confirme Arbobo : c’est bien lui l’amoureux d’Alela (même si je ne trouve pas ça mauvais).

    Quant à se foutre à poil pour jouer de la gratte, je préfère ne pas y penser (enfin avec moi, je ne dis pas pour toi Magda) : je joue trop mal en fait (hein ? quoi ? qu’est-ce que j’ai dit ?).

    Maintenant, pour en revenir à mon petit paradoxe humiliant, ce n’est pas parce qu’un artiste a du mérite (ici, soulever les foules) qu’on lui décernera obligatoirement des lauriers fleuris e tutti frutti. Bien au contraire, avec l’encouragement de Thom, nous avons engagé tous une entreprise de démolissage très déséquilibrée de « grands » albums ou artistes, en nous focalisant avec plus ou moins de bonne foi sur leurs défauts. Et le résultat nous étonne tous un peu : les vacheries que nous déversons sont la plupart du temps très vraie, et nous redécouvrons nos idoles (nos chouchous dirions nous dans le jargon des blogs critiques littéraires que vous êtes) sous des angles moins glorieux, pathétiques même parfois.

    Tiens, ça m’étonnerait pas que Thom ne lance pas un jour une variante sur les grands classiques de la littérature.

  27. @ Arbobo : ahhhh mille pardons tonnerre de brest! Quel moule à gaufres je fais. C’est toi le fan d’Alela Diane. Oui, bon. Il y a trois blogueurs musicaux qui fréquentent publiquement Ce que tu lis : Toi, Christophe, et Thom. Alors je ne devrais pas vous confondre, ne fût-ce qu’une seconde. Mais c’est dimanche et le samedi soir on fait quoi? Eh ben on boit.
    As-tu écouté la voix de mon amie Meg à Berlin? C’est troublant non, comme on dirait Alela?
    (Là je suis en pleine écoute de Cocoon et Joan as policewoman sur Deezer, parce que quand je vous lis, vous les blogueurs musicaux, j’ai la sensation qu’il faut que je rattrape quelques wagons mélodieux).

    @ Christophe : Quelle excellente idée de casser du sucre sur les grands livres! Si Thom ne la saisit pas au vol immédiatement, je m’en empare, je m’en fiche!

  28. pas de souci, la confusion est d’ailleurs bien mince ^^

    je découvre ton amie avec plaisir.
    je vois ce que tu veux dire pour la voix, même si j’aurais fait d’autres rapprochements ça donne envie de les voir en concert. some day…

  29. @ Arbobo : ben quand même, à l’avenir, je ne me tromperai plus. Meg et Constantine de Honey and the Greek se produisent essentiellement à Berlin. Mais je m’occupe de les faire venir en France par le biais d’un programme culturel, nous verrons.
    Cocoon : j’ai bien aimé. Doux, intéressant. Joan as policewoman : pour moi, c’est du bruit, je n’y vois pas l’ombre d’une mélodie gracieuse à mon oreille. Mais peut-être n’en ai-je pas assez écouté.

  30. Maybe you have to be American. And maybe you have to have been around in the early 60s, before rock ‘n’ roll got interesing, when that first Joan Baez album came out. Folk music but without the hillbilly twang and instead a pure, simple voice. I still love those early albums, with « Silver Dagger » and « Wagoner’s Lad, » and the rest. But I love Barbara too, especially the Barbara of the mid 60s.

    (Je m’excuse pour avoir écrit en anglais.)

  31. @ Jay Livingstone : Hi Jay and welcome to « Ce que tu lis! » I wonder how you got here? I feel flattered anyway, that you took the time to read a French blog from Montclair, it’s really cool…
    Well, « pure, simple voice »… is not what I would say about Baez’s organ. But you love Barbara. I guess it is a simple question of… taste concerning voices, right?
    Be sure that many French people love poor Joan… I’m a weirdo here, nobody understands why I shiver and freak out when I hear her voice. Same for Barbara ;-)

  32. Ciao Magda. Je suis arrivé chez votre blog en suivant un lien de Cecile (Quoi de 9), qui était recommandée par un des plusieurs bloggers expatriates qui je lis, peut-être Polly Vous Français.
    Quant à Barbara, pour moi, ce n’est pas seulement question de voix. J’aime ses chansons, qui sont des contes, souvent avec un peu (ou plus) de tristesse — pas comme les chansons americaines, qui sont, pour la plupart, boy-girl songs, heureux et optimistes.

  33. Serait-ce selon une question de texture de la voix de Joan et Barbara tout cela, ou, comme l’entend Jay, une question d’optimisme béat des chanteurs américains qui rend leurs chansons tellement mièvres, à côté de nos grands chanteurs français ?

    Mon pauvre Jay, si vous saviez le nombre de chanteurs français qui ne chantent que des chansons niaises ! Barbara est assurément du camp des exceptions, et il ne faudrait pas que vous croyez qu’on en a que des comme ça (si quelque un pouvait traduire ça en anglais pour notre ami, ce serait cool ;) ).
    Et, pour le coup, on ne saurait reprocher à Joan Baez de ne pas avoir chanté des sujets tristes et/ou sérieux, ce qui la rachète un peu. Trop sérieux peut-être, d’ailleurs.

    Pour revenir à la question de cette voix de rabâcheuse mollasonne, je me suis enquillé ce matin la seule cassette de Baez (tututut’ ne riez pas, il ne s’agit pas d’une VHS d’un film coquin) dont je dispose, un baistoffe qui m’a remémoré mes carnets de chant scouts et les soirées guitare au coin du feu (tututut’ je vous ai demandé de ne pas rire !).
    Trop niaises parce que je les ai chantées jeune, mais aussi trop polies au niveau de la voix (sans aspérité) et dans une tessiture assez moyenne, chantonnable pas tout un chacun. On dirait finalement un produit très bien marketté, dont le principe de pénétration commerciale (tututut’ on se calme au fond) repose sur l’appropriation par le premier mauvais chanteur venu qui aura la satisfaction pour une fois de pouvoir chanter sans trop massacrer la chanson.

    Joan Baez, c’est de la chanson Fisher Price, avec des gros carrés verts, des triangles jaunes et des ronds rouges : des harmonies sur maximum 1,5 octave, des mélodies dans des tonalités simplissimes, des paroles dans un anglais tellement basique et esperantesque que même moi j’arrive à comprendre.

    Et puis, l’arme totale, un disque en français par-ci, un disque en espagnol par-là, on drague les dialectes des autres continents pour faire davantage de télés et s’ouvrir d’autres marchés.

    Hm, je crois qu’elle me gonfle vraiment cette Joan là. Magda, merci de nous l’avoir désossée préalablement et servie sur un plateau.

  34. @ Jay Livingstone : Polly Vous Français? J’adore ce nom de blog. Very cute.
    Comme le souligne Christophe, d’auters chanteurs français font de beaux textes… As-tu écouté Léo Ferré? Jacques Brel (well, he’s Belgian, but who cares, it’s in French)? Alain Bashung? et le grand Serge Gainsbourg? ça va te plaire…

    @ Christophe : ce qu’il y a de bien avec tes coms, c’est que j’ai l’impression de lire des billets (et c’est un compliment) et que je passe cinq bonnes minutes à me marrer comme une imbécile. Well, Joan ne sortira pas vivante de ce blog, dirait-on. Donc tu écoutes encore des K7… My god, c’est horriblement fashion ça! Tu pourrais la vendre chez Colette, à Paris, tu te ferais des oreilles en or.
    Cela dit, pour en revenir à la Baez (ho ça va hein), je ne trouve pas que tous ses textes soient niais. Pô du tout. C’est la voix qui flingue l’ensemble. Un texte de Bob dit l’âne (oui je sais… »soupir ») ça ne peut pas être niais.

  35. Tiens, je remarque un truc en lisant tous ces comms aussi intelligents que droles, c’est que quand vous parlez de chanteurs et chanteuses francophones à textes non-niais, vous ne citez que des « anciens », morts ou du moins plus tous jeunes. Loin de moi l’idée de prétendre qu’il y a une production de masse de qualité mais les perles vivantes, ça existe, non ? Magda, que penses-tu de Dominique A et de Juliette par exemple ?

  36. @ Agnès : Dominique A et Juliette… je sais pas. Je les écoute jamais. Pour te dire la vérité vraie de vraie… je n’écoute quasiment pas de chanteurs français. Ma culture à moi, celle dont mes parents m’ont bourré le crâne, c’est Schubert/Brassens/The Doors… par exemple, quand tout le monde se met à chanter des hits de variétoche, type « Aline » ou des chansons de Michel Delpech, je ne connais même pas la mélodie… Pourquoi, c’est bien, Juliette et Dominique A?
    Y en a quand même que j’aime bien dans les plus jeunes. Noir Désir, c’était bien. Mano Solo aussi. Ah, j’oubliais : j’adooooooooooooore Philippe Katerine et son pull moulant rose!

  37. Cantat, Marchet, Katerine, Croze, et je crois qu’Arbidule va en dégainer 15 autres.

  38. Tu sais je ne dois en écouter beaucoup plus que toi (et je suis nulle en variété), vu que je ne vis pas en France et qu’en plus je suis très sélective.
    Pourquoi c’est bien Dominique A et Juliette ?
    Alors Dominique A : une voix subtile et sobre (le contraire d’un braillard) avec un timbre qui moi me plait beaucoup, des textes exigeants, poétiques, dans lesquels tu sens une vraie recherche littéraire, des ambiances très particulières (on n’écoute pas ça n’importe quand) qui changent à chaque album mais qu’on reconnait tout de suite (meme quand il travaille avec d’autres sa patte se repère tout de suite). Il chante souvent sur le malaise, les souvenirs, les failles, les illusions, l’espoir, et il a meme une chanson sur les langues étrangères (plein de noms exotiques, le tout est d’une exquise drolerie ; la chanson s’intitule « L’Inuktitut ») ;) .

    Juliette : voix très assurée, timbre chaud, à la fois enjoleur et très légèrement rauque, ses chansons racontent des histoires (en cela elle se rapproche beaucoup des conteurs), les orchestrations sont soignées et élaborées, elle emprunte autant à la tradition du cabaret qu’aux musiques orientales, sud-américaines, au classique…, ses textes sont un régal pour tout amoureux des mots, tantot cruels, tantot droles, et comble du snobisme elle chante meme Baudelaire en latin (« Franciscæ meæ laudes »).

    Deux personnalités musicales très différentes donc mais dans des recherches artistiques réelles et singulières. Ai-je bien joué le role de la tentatrice ;) ?

  39. J’espère que tu auras tenté ce qui ne connaissent pas. pour ma part, je ne suis pas trop fan de l’une et à peine de l’autre, même si je suis très sensible et respectueux de leur talent, et ce que tu évoques me semble très pertinent.

    Si je me permettais un audacieux parallèle, qui serait actuellement la Joan Baez française ? Parmi les quarantenaires maximum.

    ?

    Disons que, même en puisant directement dans la variété (c’est à dire de la chanson française qui marche à la radio, c’est ma définition à l’arrache mais je suis près à la défendre pied à pied, avis d’expert auto-proclamé ;) ), on trouvera facilement de la très belle chanson française actuellement, avec des textes et des voix suaves, graves, légers, gais, etc. Faites à nouveau un tour chez Arbobo, découvrir ne serait-ce que chez les filles des tas de pépites (avec même des interviews exclusives !).

    Parmi mes chouchouttes, j’avoue me laisser régulièrement tenter et recliquer encore et encore dans mon iTunes sur les listes portant les noms de Pauline Croze, Adrienne Pauly, Héléna Noguera et Olivia Ruiz.
    Et je pourrai aussi facilement succomber à Barbara Carlotti, Valérie Leuliot, et sûrement d’autres.
    Agnès : bonnes découvertes ! :)

  40. @ Christophe : Merci pour les conseils, je vais aller découvrir tout ça :) .

  41. des vivants, il y en a des tas qu’on peut encenser, Bashung malgré son dernier album, Yves Simon pour l’ensemble de sa carrière,

    ou pour de plus jeunes,
    évidemment Leulliot et Carlotti que j’adore (patience, les interviews sont en cours de traitement), la pop fine de Holden, sont à découvrir,
    mais aussi des français à textes anglais d’excellente facture, Jack the ripper, Cocoon…

  42. dingue !
    j’ai réussi à oublier rodolphe Burger, et pourtant !

    il a aussi produit le dernier album d’Higelin, Amor doloroso, un bijou :-)

    et puis Keren Ann, en faisant abstraction des arrangements de ses premiers disques, c’est superbe.

  43. @ Arbobo : Keren Ann, c’est chouette.

    @ Agnès : eh bien je vais aller écouter ça! oui, toi aussi tu es une tentatrice…

    @ Christophe : ah, la colle! La Joan Baez française du moment? c’est très difficile comme question… il faut que la voix bêle, mais en même temps qu’il y ait un engagement, une vraie musique… parce que Joan, c’est pas complètement nul non plus… je ne sais pas, je vais réfléchir. En tout cas y en a une qui m’agace en ce moment, c’est Camille. Mais c’est pas tout à fait le même genre.
    J’adore Héléna Noguerra : mais sans doute que sa relation avec Katerine n’y est pas pour rien. En tout cas, sa voix me fait des trucs. De Pauly je ne connais que le tube « J’veux un mec », qui est vraiment pas mal. Bonne gouaille parisienne, celle-là.

  44. @ Christophe : ahhhhhhhhhh pauvre Joan! Ouais, peut-être Zazie. Lol mdr pdr comme on dit chez les fluokids.

  45. teuh teuh teuh : pTdr,
    pour « pété de rire » sinon ça veut juste dire « panini de rire », ce qui est un message codé pour dire « n’oublies pas de me rapporter mon album Panini de Lorie »

    une seule lettre et tout fout le camp.
    la langue SMS ne pardonne aucune approximation.

    enfin presque.

    je crois.

    on me l’a dit.

    ou je l’ai lu dans Fan2

    (celui de ma petite soeur)

    (mais j’ai pô de p’tite soeur)

    et merde…..

  46. @ Arbobo : tu lis Fan 2. Tu t’es trahi.

  47. En fait non : il a feuilleté à la Fnac « MSN pour les vieux » et il nous humilie régulièrement avec ses savoirs up to date.
    mdr, lol et toute cette sorte de choses.

  48. @ Christophe : dire qu’on est déjà des vieux…

  49. magand

    A la question de savoir si joan baez « baise avec un mouton » je n’ai , hélas, pas de réponse… Mais je sais que celui ou celle qui a posé la question ne connait :
    a) rien à la sexualité de joan baez
    b) rien à la sexualité des moutons
    or :
    joan baez est un être humain
    les moutons sont des animaux
    donc celui ou celle qui a posé la question n’est :
    a) ni un être humain ni un mouton
    b) ne comprend rien à la sexualité
    donc :
    a) baisez-vous même un mouton
    b) essayez de faire comme si vous pouviez baiser Joan baez
    Si les deux tentatives échouent, arrêtez de poser des questione idiotes et continuez à vous satisfaire de vous-même, personnne ne vous regrettera.

  50. Je ne sais pas si Magda a des affinités coupables avec les moutons, mais j’imagine que oui. Il suffit pour cela de se reporter à une récente illustration concupiscente du Petit Prince zieutant la rondelle du mouton.

    Maintenant, cher(e) ? Magand, 2 options :

    a) vous êtes un(e) authentique cretin(e) qui s’entête à vouloir prendre au premier degré ce qu’écrit quelqu’un qui précise « atteeution : second degré »

    b) vous êtes un(e) authentique cretin(e) qui s’entête à vouloir prendre au premier degré ce qu’écrit quelqu’un qui précise « atteeution : second degré »

    Je ne sais que choisir…

  51. @ Magand : Bonjour Magand.
    1. J’ai essayé de baiser Joan Baez mais rien à faire. Mon hétérosexualité indécrottable me ravale au rang du mouton.
    2. J’ai essayé de comprendre quelque chose à la sexualité mais rien à faire. Le grand mystère médical de l’humanité, je ne l’ai pas encore percé. Avec mes copains Freud et Platon, on a pourtant remis l’ouvrage sur la table plusieurs fois en quelques millénaires.
    3. Avez-vous essayé de lire mon billet? Oui? Ah bon… parce que je crois que vous avez essayé, mais que vous ne l’avez pas compris.
    4. J’essaye de comprendre pourquoi certaines personnes n’aiment pas l’humour, mais rien à faire. J’ai été biberonnée aux Monthy Python. Prenez-vous en à mes parents. A cette heure-ci je suis sûre qu’ils se bidonnent devant les Deschiens, les salauds!

    @ Christophe : rocker de mon coeur, va.

  52. marine

    Je suis tombée sur ce post par hasard et je me demande qui vous êtes pour « casser » de cette façon une artiste de 50 ans de carrière, qui n’a jamais pris la grosse tête et dont les textes ont résonné à Woodstock, à hanoï et j’en passe…

    certes la musique est subjective, certes tous les goûts sont dans la nature et heureusement mais même si je n’aime pas certains artistes, je ne fais pas pour autant un « pipi sur l’ensemble de leur oeuvre »…

    • Bonjour Marine,

      Cet article fait partie d’un concours idiot, drôle et régressif organisé par la blogosphère musicale, dont le but était JUSTEMENT de « casser » un artiste porté aux nues.

      Je n’aime pas beaucoup l’expression « je ne sais pas qui vous êtes » : cela n’a rien à voir avec qui je suis.

      Je n’attaque pas Joan Baez, que je sache. Je n’attaque personne, je ne touche pas à son être, à son humanité : je « casse » une image d’idole. Autrefois on appelait ça les iconoclastes, aujourd’hui on leur demande « qui ils sont pour oser… » et bien, je suis une « consommatrice » qui s’amuse beaucoup à casser une image.

  53. Palinodie

    Moi aussi, j’ai atterri par hasard, pour tout dire après être tombé sur un site ignoble sur l’Inde (et les Indiens) qui m’a renvoyé par le biais du mot slumdog sur la critique du film de Boyle postée ici, puis du coup, tant que j’y étais, (le titre m’a attiré l’oeil) à cet article sur Joan B.

    Alors, ce serait juste un exercice de style, genre je suis capable de descendre n’importe qui ?
    Faudrait le dire, voire le répéter à tous ceux/celles qui se sont engouffrés comme un seul homme (on peut féminiser cette expression ?) dans la brèche largement ouverte…

    Parce que là, ca ressemble à un lynchage en règle, en fait l’exact contraire de la supposée adoration qu’aurait provoqué, dans les années soixante, cette icône de la contestation , avec des arguments dont la valeur ajoutée pourrait être comparée à celle des commentaires de l’Equipe un lendemain de journée de L1.

    Ouais, mais toi, tu la kiffes, Joan !
    Non, j’aime bien, spécialement sa voix, c’est sûr qu’elle n’a pas les talents de compositeur de Dylan, qu’elle a parfois fait des trucs moyens, limite commerciaux à mort (la chanson du film Sacco et Vanzetti), mais globalement, je pense qu’elle n’a pas à rougir de son « oeuvre ».

    Perso, je l’ai vu une fois et pas longtemps, c’était lors d’un festival, elle passait après les Who, si je me rappelle bien, enfin quelque chose avec énormément de décibels, il était tard, elle a commencé de chanter, 2 mn 30 après je dormais, même pas besoin de compter les moutons !

    Sinon, je suis assez d’accord avec la critique sur « Slumdog Millionaire » !

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