L’insoutenable pesanteur de l’artiste

« Le Journal d’un Fou » de Nicolas Gogol, au Studio d’Asnières

Faut-il être dingue pour être artiste?

On entend beaucoup cette phrase, « ah, il est fou, c’est un artiste! ». Et il est vrai que si l’on regarde un peu derrière nous, cela n’augure rien de bon en ce qui concerne la santé mentale des artistes de tout poil. Van Gogh. Woody Allen. Mozart. Kafka. Sarah Kane. Olivier Py. Brigitte Fontaine (« Je suis vieille et je vous encuuuuuuuuuuule! » criait-elle récemment sur la scène du Comedy Club sous mes yeux effarés et fascinés). Et tant d’autres!

Penchons-nous, puisque ce blog est littéraire, sur le cas de l’auteur. Paul Auster a deux appartements : celui qu’il partage en famille et celui qu’il loue, sans téléphone ni Internet, pour écrire comme un malade nuit et jour. Faut-il se couper du monde pour bien écrire? Ecrire, n’est-ce pas un acte de pure folie, tout simplement? L’auteur tire toute la nourriture de lui-même (même si cette nourriture est issue du monde qui l’entoure, elle est totalement digérée par lui). Il passe des mois et des mois, voire des années dans son monde intérieur pour ensuite recracher tout cela dans un bouquin (ou scénario, ou essai, etc.) de façon absolument solitaire. Un moine sans la paix du monastère, en somme. Et puis, ce sacerdoce : vivre sans argent, juste pour un brin de laurier espéré…

Comme presque tout le monde, j’ai le sentiment que c’est dans la fêlure de nos âmes que l’on trouve les plus belles choses. C’est souvent dans la souffrance que sont nés les plus grands poèmes, les proses les plus puissantes. Même les comédies n’échappent pas à cette règle (j’en sais quelque chose, hem). Ecrire, même pour faire rire l’autre, c’est arracher de soi la tumeur qui vous pourrit lentement, et accepter bizarrement qu’un autre cancer vous gagne, pour, à nouveau, l’extirper de votre esprit. Le mythe de Sisyphe n’est pas loin. Chaque accouchement est un recommencement.

Le plus incroyable, c’est que cette souffrance si intime, si petite aux yeux du monde, l’artiste arrive à la faire vivre de manière grandiose et à la partager avec un public, même restreint ; et que ce lectorat, de voir ses propres malheurs refoulés ainsi exposés et enflés, y trouve un soulagement et un plaisir extrême. Ceux qui ont déjà écrit et publié, ou joué sur une scène, ou fait écouter un de leurs morceaux, savent à quel point ce phénomène dépasse l’auteur de l’œuvre. On a produit mais on est dépossédé. L’enfant né de vous se promène dans le monde en butte à toutes les attaques possibles comme à toutes les amours imaginables. C’est cela qui rend fou, n’est-ce pas? Quelle mère, quel père pourrait laisser son fragile nouveau-né sur un coin de trottoir?

A ceux qui ne créent pas de façon volontaire et professionnelle et côtoient des artistes, je dirais : pardon. Pardon pour nos folies, nos humeurs, nos réactions incontrôlables. La nourriture de la création est dans la brèche : nous n’y pouvons rien. Mais à ceux qui aiment notre travail, si médiocre soit-il, je dirais : merci pour ton indulgence, car tu es plus heureux que moi!

PS : j’ai repris les petites histoires du Bic dans l’oeil… et cette nuit (mais oui, j’écris de nuit, je me la pète artiste maudit, oui ou non?) c’est la photo d’Alexandre qui se voit interprétée.

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26 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

26 réponses à “L’insoutenable pesanteur de l’artiste

  1. Pour écrire beaucoup sans être pour ma part un artiste (sauf à considérer les rapports, notes stratégiques et autres audits organisationnels comme une forme ultime de poésie post-moderne), l’écriture comme acte d’écrire m’est très vorace en énergie. Et je sais, à mon petit niveau, que ce sont les fêlures qui sont effectivement les générateurs de mes meilleurs développements.

    Je m’explique par l’exemple : il suffit qu’une situation injuste se glisse dans le sujet que je dois traiter (par exemple, des personnes vont gagner ou perdre leur emploi à la suite de mon rapport) pour que je me sente aspiré dans cette faille et que chaque mot prenne subitement une résonance tellement humaine (ce dont on se fout dans mon domaine professionnel, malheureusement).

    Il m’est même arrivé, pas plus tard que vendredi dernier, d’écrire des choses très touchantes, parce que l’écriture est devenue le moyen de faire peser dans la balance la déchirure humaine sous-tendue par la situation (ici, le licenciement d’une personne qui ne le mérite pas mais qui doit être sacrifiée dans le cadre d’une négociation entre deux parties adverses). Ce fut d’ailleurs d’autant plus dur que j’ai fait lire à un ami (Arbobo, on l’aura deviné) ce texte normalement technique mais qui, pas ses fêlures justement, m’a fortement touché (oui, je sais, je suis très bon spectateur de mes propres productions, fruit d’une enfance gâtée et d’un égotisme exacerbé).

    Et je précise bien : ce n’est pas seulement la situation que j’ai traitée qui m’a touchée, mais l’écriture elle-même, d’abord comme acte (une bonne nuit blanche avant de pouvoir torcher cette note), puis comme résultat (cette lettre, puisque c’est ainsi que je l’ai tournée pour la rendre plus directe, est finalement assez belle, enfin pour un document transactionnel).

    Brefle, toute cette logorrhée pour confirmer moins prosaïquement après Magda que l’écriture se nourrit effectivement de celui qui investit en elle une importance, importance comme moyen d’exprimer et importance de toucher les autres via son écrit. Et ce, même quand on est pas artiste.

    Quant à la seconde question, sur la folie créatrice des artistes, j’ai dois reconnaître ne pas du tout y être sensible sur le fond (même si par romantisme j’y adhère fortement, Gogol ou Kafka y tenant là des places de héros. Paradoxe de midinette ?) : même si le tourbillon de la création est grisant (pour celui qui crée, mais aussi pour ses lecteurs, spectateurs, auditeurs…) et, partant, peut paraître de la folie pour certains (ils considèrent là l’étranger à leur système comme un anormal, et donc un fou), la folie reste particulièrement subjective (cf. Foucault (pas Jean-Pierre, voyons)). Dans mon référentiel, tuer ou enfermer un homme est davantage un signe de folie que l’apparente folie de celui qui se joue des délires de situations, d’impressions ou de la langue sur scène, dans un livre, dans une chanson.

    Pour moi, les fous sont ceux qui ne rient pas et qui ne veulent pas que nous rions.

  2. c’est très troublant ça.

    je me deamdne combien de questions se croisent dans ton article, j’ai l’impression mal dégrossie qu’il y en a plusieurs.
    Or ce sont des questions qui me travaillent, qui m’ont toujours travaillé et qui m’ont assommé lorsqu’un jour j’ai réalisé que je n’avais pas écrit de fiction depuis plus d’une année.
    Je n’en écris d’ailleurs quasiment plus depuis un moment, après avoir ambitionné tant d’années de devenir écrivain, puis scénariste.

    J’écris toujours (beaucoup), mais plus sous une forme artistique, là-dessus je ressens plus fortement une différence que christophe, même si je comprends ce qu’il exprime.

    Il y a quelque chose derrière cette idée de « fêlure » qui m’intrigue et me parait très riche.
    Adolescent, j’ai été fusillé par une phrase de Rilke dans ses lettres à un jeune poète. De mémoire, « il me suffirait de croire que je peux vivre sans écrire, pour qu’il me soit interdit d’écrire ». Autrement dit, l’art doit répondre à un besoin, pas à une simple envie. La différence est abyssale.

    Mais de quel nature est ce besoin? Repose-t-il sur cette fameuse fêlure?
    Est-ce qu’il ne peut y avoir d’artiste qu’avec une intranquillité? Dans des interviews que j’ai fait et d’autres lues, revient cette idée d’inconfort.
    Mais quel est le moteur? Le sait-on jamais?

    La fêlure », voilà qui m’intéresse parce que c’est une piste plus riche que celle du malheur. Du style le cliché « je n’écris pas quand je suis heureux », l’artiste maudit, Nick Drake et sa dépression, etc. Cliché au sens strict, pas dénué de fondement mais trop partiel et primaire pour dire vraiment la vérité. D’ailleurs chez certains la dépression tarit la source créatrice.

    La fêlure, n’est-ce pas aussi ce que l’on a longtemps considéré comme « folie »? L’artiste étant alors celui qui ne masque pas sa fêlure mais la travaille ou se laisse travailler par elle.

    ta réflexion arrive à point nommé pour moi après que j’ai tourné sans savoir qu’en faire autour d’une phrase qui m’est venue récemment : « le talent ne guérit de rien »
    que j’ai commentée un peu par là
    http://arbobo.over-blog.com/article-21464597.html

    il est temps que j’arrête, je tourne en rond.
    merci en tout cas :-)

  3. « La nourriture de la création est dans la brèche », superbement dit et neuf fois sur dix absolument exact! R.A.J
    Biz
    Bien à toi

    ps:La chanson « Demi-clocharde » me poursuit, elle l’a chantée?

  4. @ Christophe : elle est terrible ton histoire. Toutefois, c’est beau de ta part d’exécuter ta tâche avec tant de sensibilité. Le problème, c’est que ça, le mec ne le saura probablement jamais. Et ce n’est pas ta faute.
    Hmmm… quant aux « vrais » fous et aux « faux » fous… je t’assure, pour avoir régulièrement croisé Brigitte Fontaine (nous étions voisines et son fiston est de mes amis) que son talent est bien réel, autant que le grain de folie un peu énorme qui s’agite dans son bocal. Et que peu de grands artistes, à mon avis, se rendent compte de leur évidente « anormalité ». Bref, c’est tout subjectif, comme le dit Foucault (ahhh Jean-Pierre et Anne chantant « La petite sirène » chez Mickey… bref). D’ailleurs, il faut que je me procure « Surveiller et punir » pour alimenter mon scénario. Si c’est pas du masochisme de lire ça en plein été, la prison panoptique, tout ça…

    @ Arbobo : « l’inconfort » = rien n’est plus nécessaire quand on bosse à son oeuvre – en tout cas, c’est mon cas et celui de beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens qui m’entourent.
    Tu as raison, il vaut mieux parler de fêlure que de folie, terme trop empreint de connotations médicales qui ne sont pas les bienvenues dans le cas d’un artiste qui n’ira pas forcément égorger son voisin pour écrire la fin de son polar.
    Si je peux me permettre : il n’est jamais trop tard pour écrire, cher Arbobo, et tes ambitions doivent-elles réellement être remisées par-devers toi comme dit notre amie Thérèse?
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/le%2Bp%25C3%25A8re%2Bno%25C3%25ABl%2Best%2Bune%2Bordure/video/x1an64_le-pere-noel-est-une-ordurecadeau2_fun

    @ Roxane : merci! oui, c’est bien Brigitte Fontaine, je suis allée vérifier sur Deezer, album Kekeland.

  5. holden

    la source de la création… A chaque époque ses réponses… Ce fut les Dieux, puis la Raison, la droite raison, s’incarnant dans un verbe clair et bien ordonné, puis l’âme humaine, l’âme et ses tourments… Le romantisme et ses écrivains en prise avec les « affres » de la créations, parce que la création est souffrance, nécessairement souffrance, puisant dans les blessures de l’âme… « je souffre donc j’écris » pourrait dire le romantique…
    On est encore un peu là dedans, n’est-ce pas?

    Quoique, c’est vrai qu’avec la folie, on excède un peu la posture lacrymale… Se concevoir dans son rapport à l’écriture sous les termes de la folie constitue peut-être une référence identitaire plus en vogue à notre époque…
    Elle représente un peu un retour aux identités artistiques du surréalisme… les surréalistes situaient la source de leur inspiration dans l’inconscient, ce qui échappe à la maîtrise… Entre Artaud et Fontaine, l’écart n’est pas si grand…

    Les sources de l’inspiration… J’ai l’impression que c’est une construction culturelle que l’on s’approprie souvent bien vite sans trop y réfléchir… Pour rendre compte de l’activité absolument subjective, s’il en est, de l’acte créatif, on renoue avec des lieux communs (ce n’est pas péjoratif)…

    (d’ailleurs, j’apprécie bien ces mots de christophe : « l’écriture se nourrit effectivement de celui qui investit en elle une importance, importance comme moyen d’exprimer et importance de toucher les autres via son écrit »). Peut-on en dire plus sur les sources de la création?

    D’où vient le souffle?

    sans doute, de là où Ca (ça) parle…
    (ça fait tellement chic les majuscules… le mot devient plus lourd, plus imposant… comme transfiguré! En même temps, cela crée une forme de brèche entre le mot tel qu’on l’entend d’ordinaire et la signification qu’on lui imprime… de préférence, qu’on ne révélera pas… pour laisser le vent s’engouffrer dans la brèche et qui sait… nourrir une nouvelle inspiration)

    bref, je tourne aussi en rond…

  6. @ Holden : ah, les sources de l’inspiration! Oui, finalement c’est cela qu’on cherche. Et finalement, la figure la plus humaine de l’inspiration, n’est-ce pas celle du prophète? (attention, je ne parle pas d’un prophète en particulier :-) ) Le passeur. Celui qui se laisse traverser… transfigurer comme tu dis.

  7. La création est-elle une affaire d’inspiration ou de travail ? A quel pourcentage ?

    Pis, c’est pas le travail (trepalium = souffrance) qu’on crée aussi les conditions optimales pour favoriser l’émergence de l’inspiration. Saint Charles (Baudelaire, voyons) remettait 100 fois son travail sur une virgule ou une allitération.

    Encore pis (le peut-on ? je me tate…), le travail de certains vise à élargir consciencieusement chacune de ces fêlures productives, celles d’où jaillissent ces fulgurances apparentes, mais qui ne sont en fait que des bubons douloureux, patiemment pressés dans les affres qu’ils soient vides, pour en expurger non pas du pus mais les beautés de la création.

    Mais tout créateur souffre-t-il tant ?

    Et toute création provient-elle obligatoirement de la souffrance ?

    Et enfin, toute création provient-elle d’une fêlure, et dans ce cas, la création guérit-elle de la fêlure ou n’est-elle possible que par l’entretien masochiste de cette fêlure, qu’on titille, malaxe, écarte, sale, de peur qu’elle ne se referme et qu’on ne puisse alors plus créer.

    Voilà, vous avez 4h, je ramasse ensuite les copies ;)

  8. @ Christophe : « Et enfin, toute création provient-elle d’une fêlure, et dans ce cas, la création guérit-elle de la fêlure ou n’est-elle possible que par l’entretien masochiste de cette fêlure, qu’on titille, malaxe, écarte, sale, de peur qu’elle ne se referme et qu’on ne puisse alors plus créer ».
    Euh, pardonne moi de zapper le reste du questionnaire de philosophie. car je crois qu’avec cette phrase tu as résumé mon inquiétude. La guérison de certaines plaies entraîne-t-elle la fin du talent d’un artiste? Ouille… je n’en ai pas la moindre idée. Ce que j’ai vu déjà, en revanche, c’est d’anciens alcoolos se transformer en raseurs toute première catégorie à la suite d’une désintoxication. On ne va quand même pas leur souhaiter de retourner à leur mal pour nous distraire!
    Il y a quand même des artistes du bonheur. Dans les toiles de Manet, il y a un épicurisme fantastique. Bachelard est un philosophe heureux. Sa plume n’en est pas moins belle. Mais bon… Qu’est-ce qui nous dit que ce « bonheur » n’est pas le fantasme issu d’une fêlure justement? Ah voilà! Le serpent se mord la queue.

  9. holden

    Cela me rappelle les craintes qu’expriment parfois les gens à l’égard de la psychanalyse : « Si cela permet de panser des « fêlures de l’âme », peut-être qu’alors je n’aurai plus rien à dire, je perdrai ma sensibilité, ce qui fait que je suis original, etc. »
    Ce qui repose sur l’idée :  » je boîte donc je suis unique »…

    Et puis, peut-être aussi, au fond : « je boîte, je veux être aimé »…

  10. L’artiste est alors peut-être celui qui sait magnifier son boitement, le vulgus pecum ne faisant que se plaindre lorsqu’il en parle. Il n’est pas unique par son boitement, mais c’est sa façon unique e l’évoquer et d’y attirer notre attention qui donne l’illusion qu’il boite et nous non.

    De nos fêlures nous ne tirons que des râles, là où le poète nous émerveille.
    (oh c’est beau ça tiens, on dirait du Lao Tseu ou du Joan Baez, enfin un truc comme ça).

  11. on revient donc au « besoin », à sa nature.
    s’il est lié à la fêlure, il s’éteindra avec elle, non?

    pour d’autres, le besoin ne s’éteignant pas, on pourra faire de l’art heureux :-)

    il y a le fameux aphorisme, « les gens heureux n’ont pas d’histoire ». Voire !
    Les gens malheureux n’en ont pas nécessairement plus, d’une.
    De deux, tu cites Manet, on peut penser à Matisse ou d’autres peintres de la lumière, on peut penser à l’art du clair obscur qui se tient éloigné des tragédies (Tchékov? les films de Nikita Mikhalkov?). Parlant de films, certains films sur le bonheur sont parmi ce que j’ai vu de plus beaux, et pourtant je suis très sensible à la tragédie :
    – « un homme et une femme », une oeuvre d’art absolument sublime, reposant sur du « rien », ou sur un « tout » qu’est l’énergie impalbable mais rayonnante entre deux acteurs stupéfiants
    – « happy together », à mes yeux LE chef-d’oeuvre de Wong Kar-Wai, histoire d’amour principalement centrée sur les moments partagés et leur douceur communicative
    – « jour de fête » ou « les vacances de M Hulot » de Tati
    – « rendez-vous de juillet » de Becker, portrait enthousiasmant d’une jeunesse qui découvre la liberté en même temps que l’âge adulte…

    Ou, en roman, des histoires très pleines et chargées plus proches de la vie accomplie et bien remplie que de la tragédie, en particulier ce genre en soi qu’est le « great American novel », dont pour moi « Independance day » de John Ford (l’écrivain, pas le cinéaste) est une réussite exemplaire (ou « Lumière d’août », pas le Faulkner le plus célèbre mais un des moins sombres, une réussite aussi quoique moins solaire).

    Ps : inversement, on connait aussi des artistes qui perdent leur énergie créatrice en s’enfonçant dans la dépression. alors où trouver de qioi généraliser là-dedans? ^o^

  12. @ Arbobo : et encore, tu n’as pas cité AlienS vs Predator !

  13. @ Holden : sauf que bizarrement, en psychanalyse, on ne fait que déplacer le problème au bout du compte. On débarque avec une fêlure, on la comble, on repart avec une autre plaie qu’on vient d’ouvrir.

    @ Christophe : pour moi, là, tu as trouvé les mots justes, ceux que je cherchais. Finalement ça peut être pas mal du tout, Joan Baez ;-)

    @ Arbobo : Oui. Plein de gaieté, d’humour, d’amour dans ces films, dans ces toiles. MAIS toujours confrontés à la mort, à la mélancolie, au désespoir de vieillir, à l’impossibilité de se comprendre… le bonheur pour le bonheur, ça donne quoi? Disney. Pas vrai?

  14. Neige

    Ton billet m’a donné envie de relire « Ecrire » de Marguerite Duras. Du coup, j’en ai mis des passages sur mon blog en réponse.

    d’ailleurs je n’arrive pas à mettre en lien un blog/site sur un nom dans mes billets, comment fait-on?

  15. Neige

    http://laneigedesmots.wordpress.com/
    tu vois, là non plus je sais pas mettre le lien sur le nom, aide la bloggeuse débutante que je suis!

  16. Quand tu laisses un commentaire, tu as 4 cases :
    Nom (obligatoire)
    Courriel (ne sera pas publié) (obligatoire)
    Site web
    et la case où tu écris ton comm

    Dans Site web, écris l’adresse totale de ton site avec acheter mimile et tout le toutim, comme par exemple http://www.pop-hits.net (c’est un exemple)

  17. bof, Alien, depuis que sa psychanalyse a déplacé le problème, y’a plus rien d’artistique à en tirer : et viens à la maison j’ai fait des pancakes, et arrête de manger la dame elle doit aller chercher son fils à l’école dans 5mn, et que je te mette la toile cirée partout parce que la bave acide ça attaque tout « même le lino »….

    PS : donc la réponse magda est oui ^^
    mais tu le savais déjà, que tu as raison ;-)

  18. Très intéressant ton article. La corrélation création/folie n’est pas nouvelle. Après, difficile de dire qu’est-ce qui est la cause et qu’est-ce qui est la conséquence. Est-ce que créer permet de soigner certaines failles, est-ce qu’avoir du mal à créer va faire abuser de certaines substances et en créer d’autres ? Bon, il est tard là, faut que j’arrête de me prendre la tête avant d’aller me coucher ;-)

  19. @ Neige : tu me fais rire! ;-) c’est mignon… Est-ce que les explications de Christophe te conviennent? Moi je les trouve claires. Sinon, come knocking again.

    @ Christophe : merci Mister geek :-)

    @ Arbobo : ahhhh si je pouvais avoir toujours raison (par exemple quand je suis à table avec mes parents et que j’ai l’impression de retomber en adolescence, dix ans de moins et des pattes d’eph…)

    @ Cassiopée : les Indiens d’Amrique centrale, les Aborigènes d’Australie, les Papous même, j’en suis sûre, tous utilisaient des substances chimiques pour ouvrir leur imaginaire. Bon, cela dit, on n’en a pas toujours besoin. il suffit parfois de s’hyperventiler, ça donne des trucs intéressants. Mais finalement, rien ne vaut une bonne concentration, un enfermement total et beaucoup, beaucoup de travail. ce qui en soit, est une forme de drogue qui finit par délivrer quelques endorphines fort agréables!
    Cela dit, quand j’ai écrit le papier qui me vaut tant d’éloges injustifiées, « Blogueurs, vos papiers », je sortais d’un dîner enflammé avec Neige, et j’étais… passablement… pompette au Gewürtzraminer.

  20. holden

    toutes ces perspectives qui s’ouvrent à partir de ton billet…
    je comprends bien ce que veut dire christophe lorsque joliment il écrit « De nos fêlures nous ne tirons que des râles, là où le poète nous émerveille ». Mais, en même temps, cette formule concerne avant tout le spectateur, le lecteur, celui qui reçoit… et qui s’émerveille ou non…
    LA question alors n’est plus tant celle de l’origine de l’acte créatif, la fêlure, la folie, ou autre, mais plutôt de savoir qui parvient à sublimer ce matériau qui lui est propre.

    ah la psychanalyse… troquer une plaie contre une autre… tu le penses vraiment?
    En tout cas, on n’y perd pas sa sensibilité… alors peut-être qu’on peut y perdre l’envie d’écrire… mais certaines envies d’écrire ne sont peut-être pas si fondamentales pour la personne qui écrit… Un peu comme tous ces adolescents qui ont accouché d’une oeuvre prolifique, sertie de « ô ma joie! ô ma douleur! ô mon moi superbe et incompris! », puis qui à l’âge adulte n’y reviennent plus…

  21. @ Holden : en fait, oui, je pense vraiment que la psychanalyse (je ne parle pas d’actes de médecine psychiatrique) est un déplacement de nos problèmes, mais un déplacement nécessaire. Tout comme un bon kiné te dira qu’un noeud musculaire se déplace toujours ailleurs. Il y a dans le corps et l’esprit un noeud de tension nécessaire, qu’il ne faut pas entretenir, mais qui ne disparaîtra pas… à moins d’atteindre un haut niveau de discipline physique et spirituelle, paraît-il (ce sont les principes de l’ayurveda, de la médecine chinoise, etc.)
    Pour ma part, le fait d’aller me confesser chez le psy m’a plutôt donné envie d’aller tartiner des pages et des pages, et bizarrement, beaucoup de gens traités n’hésitent pas à vous assommer d’une loghorrée épuisante sur leurs petits problèmes, leurs rêves, leurs problèmes oedipiens, etc. Donc non : je ne crois pas qu’un psy étouffe quoi que ce soit chez quelqu’un qui a des prétentions artistiques. Au contraire. C’est un de mes amis plasticiens, un mentor, quelqu’un que j’admire follement, qui m’a conseillé de faire une psychanalyse pour mieux comprendre mon travail et progresser. Why not, ça ne peut pas faire trop de mal…

  22. holden

    Juste en passant : je ne crois pas que la propension à l’exposition de soi, de ses états d’âme, etc. soit le fruit de l’analyse… A cet égard, elle peut fournir, tout au plus, une terminologie propre à conforter le narcissisme des gens…
    Oui, la psychanalyse, pour mieux comprendre, progresser, et être un petit peu plus « libre »…

  23. @ Holden : non non, je ne dis pas que la psychanalyse pousse les gens à s’exposer sans pudeur. Mais que pas mal de gens qui se font suivre par un psy y trouvent l’occasion d’épancher un peu de leur exhibitionnisme. Et qu’ensuite, trouvant tout naturel de tout confesser à un inconnu, vous gavent les oreilles de leurs petits narcissismes. La psychanalyse est comme toute bonne chose, à double tranchant…

  24. Pingback: La recette secrète de Satrapi « Ce que tu lis

  25. @ Ultimo : je suis flattée!

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