Allen fraîche

J’ai embauché Scarlett pour Ce Que Tu Lis. La qualité des photos devrait s’améliorer.

Oh, Woody, Woody! Comment te dire, Woody! Comme tu m’avais ennuyée avec Celebrity, avec Hollywood Ending, avec Escrocs mais pas trop et même… avec Match Point.

Comme il me semblait loin, l’heureux temps des Diane Keaton pétulantes dans des galeries new-yorkaises, des Mia Farrow fragilement bousculées par la littérature, le jazz et les psys dans un Manhattan frénétiquement snob, des couples qui valsent pour mieux se refaire, des hyponcodriaques qui se soignent chez les Hare Krishnas… Woody, comme tu m’avais manqué!

Quand tout à coup, cette année, tu as décidé de tout remettre – femmes intellos ou femmes fragiles,  hystéros sublimes, artistes ridiculement maudits, glamour cérébral – dans un grand et joyeux bol à mixer, et de nous servir une margarita sacrément fraîche et bien dosée, en alcool comme en sucre : Vicky Cristina Barcelona.

Je n’aimais pas du tout la miss Johansson, pourtant : je lui trouvais la grâce d’un éléphant de mer enceint, et l’œil aussi vif qu’une bernique énervée. Dans Vicky Cristina Barcelona, elle est cependant, comment dire là aussi… Marilynesque. Une déesse de blondeur et de sensualité, une pochette surprise pleine de bonbons au miel. Je n’étais pas fana de Javier Bardem non plus : sa prestation dans No country for old men des Frères Cohen m’avait glacée les sangs – c’était le but, puisqu’il y incarnait un tueur implacable. Il y arborait une coupe de cheveux à la Mireille Matthieu qui lui laissait peu de chances d’entrer un jour dans mon lit imaginaire. Or, depuis Vicky Cristina Barcelona, je suis en train de lui broder un oreiller à son nom. Quant à Pénélope Cruz, disons qu’elle m’avait étonnée dans le beau Volver d’Almodovar, mais qu’il me fallait plus qu’une chanson en play-back et un faux-cul pour achever de me séduire. C’est chose faite. Dans ton dernier film, Woody, tu en as fait une icône du burlesque trash.

Oui, merci, Woody. Deux femmes (Scarlett Johansson et Rebecca Hall) qui partent à Barcelone pour les vacances et qui, accessoirement, se cherchent. Rencontrent un objet du désir (Javier Bardem) qui semble jouer au Don Juan mais n’est finalement, lui aussi, qu’une victime de l’amour et en particulier de son ex-femme flamboyante (Penelope Cruz). Marivaudage en vue? Of course. Jeux de l’amour et du hasard! Ca badine sec à Barcelone, et rien de tout ça n’est vraiment sérieux. Woody renoue avec ses légèretés délicieuses, celles qui ont fait de lui le grand réalisateur des couples danseurs et rieurs de Maris et femmes, de Comédie érotique d’une nuit d’été, d’Hannah et ses soeurs… le tout dans une veine moderne, avec des personnages qui n’empruntent rien à ceux des années 70 et 80, outre leur grâce et leur raffinement à l’américaine. Quel régal, quel enchantement que cette douce comédie, dans laquelle Woody Allen creuse une fois de plus un sillon qu’il partage avec Shakespeare, celui de la recherche des contingences du sentiment amoureux. C’est par là qu’il échappe au néant cinématographique que pourrait être Vicky Cristina Barcelona. Ce n’est pas une comédie sentimentale de plus, non. Un scénario en béton, où les ficelles un peu grosses sont là pour être grosses ; farce délicate s’il en est, interprétée avec un enthousiasme débordant par tous ses formidables acteurs. La caméra et le spectateur se délectent de la beauté de la ville, des paysages et des visages des personnages.

En cas de petit coup de blues – surtout sentimental – fuyez à Barcelone avec Woody!

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54 Commentaires

Classé dans Sorties cul(turelles)

54 réponses à “Allen fraîche

  1. Pareil : cela fait bien 6 films qu’il ne m’a pas emballé. Le dernier chef d’œuvre (pour moi) étant Tout le monde dit I love you.
    Maintenant, ça m’étonnerai que ça passe à mon Ciné club du village un jour.

    Et je ne parle même pas de la VO !

  2. « fuyez à Barcelone avec Woody! »
    Avec plaisir…

  3. pour moi match point est son chef d’oeuvre, et je plaçais déjà cdretains autres dans cette même catégorie, autant dire que tu me mets en appétit :-)

    à croire aussi que la qualité de ses films dépend de l’inspiration qu’il tire de ses muses, passer par la case elizabeth shue témoignait d’une certaine période de creux, par exemple.
    J’adore l’actrice johansson, mais ce qu’on peut objectivement lui trouver au-delà de ça, c’est qu’elle inspire les cinéastes :-)

    marilynesque, dis-tu, le drame de marilyn et ce qui a fait son succès aussi, c’était l’attraction qu’elle exerçait en partie malgré elle, elle était l’OBJET du désir.
    alors on verra à l’avenir, mais ta comparaison me parait assez juste :-)

  4. J’adore ton billet : la qualité des photos m’a fait rire et l’oreiller brodé m’a achevée. :)
    Woody Allen est LE cinéaste contemporain dont j’ai vu tous les films (il y en a d’autres mais ils sont tous morts) et je lui ai beaucoup pardonné (notamment le dernier, le calamiteux « Rêve de Cassandre », que je préfère oublier avoir vu). Je trouve ta comparaison avec Shakespeare très juste, by the way, d’une manière générale. Et contrairement à toi, j’aime beaucoup Scarlett (oui, je l’appelle par son prénom, je sens qu’on pourrait être copines toutes les deux, tu vois). Tout ça pour dire que of course, je vais aller voir celui-ci et que même, vu ton billet, il me tarde.

  5. (Au fait, j’y pense parce que vraiment tu me fais beaucoup rire, je t’avais taguée la semaine dernière à propos de « I love your blog », je n’étais pas venue te le dire parce que je sais que tu n’aimes pas les tags, mais là c’est l’occasion…:))

  6. @ Christophe : « Tout le monde dit I love you » est une merveille, je suis d’accord! Tu sais que ça se loue, les DVD, mister geek?

    @ Emmanuel : je ne cracherai pas sur un voyage en compagnie de monsieur Allen moi non plus. Fou rire dans l’avion garanti.

    @ Arbobo : « Match Point » est son chef-d’œuvre : je veux des arguments! Pour moi, « Hannah et ses sœurs » est son chef-d’œuvre… Mes arguments : des chassés-croisés amoureux empreints de légèreté et de tristesse sur fond d’automne new-yorkais, une délicatesse de sentiments sans pareille dans toute son œuvre (et Dieu sait si ses films sont délicats d’habitude, déjà), un snobisme délectable mais sans mépris, un humour tordant (Woody plus hypocondriaque que jamais) et une bande sonore à se rouler par terre.

    @ Fashion : chère Fashion! Que crois-tu, que je ne lis pas ton blog? J’avais vu ton charmant billet « I love your blog », et j’avais commenté mais hautetfort a déconné et mon message est passé à la trappe! Énervée, je n’ai pas eu le courage de le retaper. Mais cela m’avait fait tellement, tellement plaisir!
    Tu me diras ce que tu as pensé de « Vicky Cristina Barcelona ». Connaissant un peu tes goûts par tes chroniques, je pense que ça va te séduire.
    Et que Javier Bardem aura son rond de serviette chez miss Happy Few dans l’heure qui suit la séance de cinéma…

  7. mes arguments, j’en ai trop ^^
    d’abord la richesse narrative du film, sa capacité à nous surprendre dans son retournement,
    on retrouve comme dans « une autre femme » (un autre de ses chef d’oeuvre) une finesse psychologique inouie,
    son côté anglais me séduit aussi particulièrement, son humour à froid, son côté doux amer (et pourtant, diffiicle de faire plus fan de new york que je ne suis, je t’assure),
    la mise en scène est subtile, enlevée, en particulier dans le rapport à la ville, magnifiquement filmée,
    le jeu de miroirs est constant (on peut par exemple penser à fritz lang et son secret derrière la porte, ou au Soupçons de hitchcock),
    la rencontre avec scarlett johanson est aussi lumineuse, tout en l’éloignant de cette sensualité dévorante qui en fait l’icone sexuelle de la décennie (à juste titre),

    j’aime aussi cette prouesse d’avoir tourné une tragédie qui soit pleinement réussie, tout en étant surprenante (ce qui en princpe est antithétique de la tragédie) et jamais lourde,
    c’est un des meilleurs films que j’aie jamais vus.

    woody allen est parfait dans les soties, c’est certain, mais il l’est aussi dans le drame psychologique. Je n’ai pas, dans l’ensemble, de préférence pour l’un ou l’autre de ces versants.

    et puis j’ai trouvé stupéfiant qu’un type comme woody allen, qui ne fait que des variations (magiques, mais des variations) dans son oeuvre, réussisse à réinventer aussi profondément son cinéma.
    bref, ce film m’a bouleversé :- )

  8. aparté sur le nouvel nobel,
    je n’ai lu de le clézio que 2 livres, son procès verbal très remarqué qui ne m’a pas fait gradn effet,
    et Désert qui m’a puissamment embarqué et impressionné.

    j’ai comme une envie de m’y remettre, tiens :-)

  9. scarlett et penelope réunies
    je vais y aller c’est certain

    mais apres ce que tu racontes
    alors la je vais y courir c’est sur

  10. Bien bien, le prochain film à voir alors? Woody allen m’a fait mourir deux fois : de rire avec « prends l’oseille et tire toi » et d’ennui avec « match point ». Je vais rester sur ma premiere experience et courir au ciné! pokoù dit

  11. @ Arbobo : bon, tes arguments m’écraseraient presque! Même si… j’aime toujours pas ce film. Je l’ai trouvé raté et je pense qu’il rate son objectif, mais enfin, ce n’est pas un mauvais film non plus. Jamais rien lu du Clézio en fait, faudrait, un jour…

    @ Stéphane : quel coquin!

    @ Une bretonne : tu vas aimer « Vicky… » et surtout penche-toi sur sa filmographie plus ancienne, « Manhattan », « Hannah et ses soeurs », « Maris et femmes » sont les plus géniaux à mon avis!

  12. Mo

    « Désert » est absolument sublime, il FAUT que tu le lises, Magda! J’avais lu petite « Lullaby », qui m’avait dérangée, je ne savais pas si j’avais aimé ou non, mais je me souviens bien de l’atmosphère de ce livre. Ce que j’ai lu d’autre m’a déçue, je n’ai jamais retrouvé la magie de « Désert », je trouvais ça assez quelconque et toujours pareil. Aucun souvenir, ni des titres, ni des histoires, si ce n’est qu’il y avait de l’exil et de la musique.

  13. Ah oui, au moins « Désert ». Mais c’est vrai que moi non plus je n’ai pas lu grand chose, et quand j’étais ado pour la plupart (par snobisme, je ne voulais pas lire Djian…).
    Et comme Arbébel, ça me donne furieusement envie d’en lire d’autre et d’en relire. Je suis une vraie marketing victim moi, pas si fashion…

  14. funny face

    C’est vrai que Woody semblait s’endormir avec ses derniers films, et j’espère que tu as raison Magda, car ta description me donne effectivement envie d’aller voir son dernier né.
    Mon préféré à moi, en dehors « d’annah et ses soeurs », « maudite aphrodite », « Broadway Danny Rose, et de ceux que tu aimes aussi, c’est « Meurtre mystérieux à Manhattan ». Je trouve ce film délicieux à souhait !
    Qu’en sera-t-il de celui-ci ?

  15. je me lance dans le best of woody ^^
    – manhattan forcément et indubitablement
    – la rose pourpre du caire
    – une autre femme, avec gina rowlands, est un des plus beaux films de l’histoire du cinéma à condition de considérer que cette catégorie compte une bonne cinquantaine de films à peu près ex aeuo ^^)
    – match point

    et peut-être
    zélig
    meurtre mystérieux
    tout le monde dit i love you
    broadway danny rose
    accords et désaccords (avec sean penn en pseudo django reinhardt)

    ça ne fait après tout qu’un petit 5e de sa filmo ^^

  16. C’est drôle car je viens de lire une critique à l’opposé de la tienne. J’aime Woody Allen alors je préfère retenir ton avis.

  17. holden

    Le procès verbal de Le Clezio!
    Commencer par là…

    Des autres livres que j’ai lus de lui, j’ai eu l’impression qu’il y avait comme deux périodes bien marquées : l’une qui rend compte d’un esprit tourmenté, dans la difficulté d’adhérer au monde, et le Procès verbal inaugure cette phase… et puis une autre, plus « écolo », dans laquelle il met d’ailleurs souvent en scène des enfants dans la nature, etc.
    MAis il faut vraiment revenir au Procès verbal, au malaise qui sourd de ses lignes, à son côté « punk »… Il y a quelque chose de l’étranger de Camus dans ce livre, mais avec une écriture beaucoup plus acérée…

    Les dessins de Beaudoin dans la version illustrée sont très bien aussi.

  18. Matt

    oh non……..nonononononnon NON
    Je suis fan de ton Blog Magda, souvent d’accord avec toi et si non au moins très respectueux de ton jugement/avis.
    Ton sublime FLux rss trône au sommet de mon Netvibes et je me jette sur tes papiers comme un saoulard
    MaiS LA !!!
    Ce film est pour moi une catastrophe cinématographique, un échouage pathétique comme lui seul sait les faire….
    Série de clichés (notamment de l’artiste et tu sais à quel point cela me touche) et histoire ultra-midinette pour Américaine Puritaine engoncé dans sa mini-vie… …ahhh l’Europe…..
    Je n’ai même pas pu dormir sur les fauteuils pourtant très confortables du César….
    cela dit la photo est très belle. (°-¨)

    Matt

  19. J’adore le côté enlevé de ton billet et j’avais déjà trés envie de voir le film mais cette fois je suis décidée : je m’envole pour Barcelone!

  20. Ah j’oubliais! Pour ma part, j’ai beaucoup aimé la trilogie anglaise qui m’a définitivement réconciliée avec Woody ; drames shakespeariens et tragédies antiques s’y mêlent avec un décalage humoristique qui me ravit. En regardant Match point, j’ai eu l’impression que Allen venait de découvrir les vertus du scenario. Je sais… Je pousse un peu! En tous cas, on ne saura que féliciter Scarlet : elle a boosté le maître!

  21. C’est marrant, cette charmante blondinette qui photographie me rappelle quelqu’un… Mais qui ?…

  22. Ah on est bien d’accord c’est le meilleur Woody Allen depuis longtemps. Et c’est drôle, ouf!

    Par contre Scarlett Johansson, « marylinesque », hum je sais pas ce que tu prends mais je veux bien la même chose. Oui elle est jolie mais je la trouve follement ennuyeuse, par contre Penelope, pour une fois qu’un Américain lui donne un rôle à sa mesure, oui merci Woody.

  23. @ Mo : oki doki Mo, je note « Désert », de toute façon tout le monde semble dithyrambique!

    @ Christophe : « par snobisme, je ne voulais pas lire Djian » : je comprends pourquoi tu aimes ce blog… :-)

    @ Funny face : je crois avoir vu « Meutre… » mais je ne m’en souviens plus. Woody est si productif. Hier, j’ai regardé « Tombe les filles et tais-toi » en pensant ne l’avoir jamais vu. Je l’avais déjà vu deux fois en réalité. Mais ça me fait toujours autant poiler!

    @ Arbobo : à part Match Point et Accords et désaccords… je suis d’accord.

    @ Sophie : ah bon? Elle est où cette critique? Ca m’intéresserait de la lire.

    @ Holden : « Mais il faut vraiment revenir au Procès verbal, au malaise qui sourd de ses lignes, à son côté “punk”… Il y a quelque chose de l’étranger de Camus dans ce livre, mais avec une écriture beaucoup plus acérée… » = oh, ça me tente drôlement, ça!!!

    @ Matt : ohhhhhhhhhhhhhhhhhh!

    Ceci est un cri d’indignation, mêlé à la joie que tu me fais en me disant que tu te jettes sur mes articles comme un saoulard, et à l’étonnement. Toi, tu n’as pas aimé ce film??? Bon. Clichés? Oui. Woody Allen joue avec les codes de la comédie romantique à deux balles, les détourne, leur injecte de la noirceur et de l’hystérie, et cela donne des choses très drôles, comme la crise de jalousie à retardement de Penelope Cruz au bord de la piscine (« tu m’as trompée avec le regard »…). Cela joue sur le fantasme de l’artiste, plutôt que sur le cliché, même. Le fantasme du spectateur qui rêve l’artiste comme un marginal beau et cinglé à la fois et qui met un grain de folie dans le quotidien. Why not? Et je ne trouve pas que l’histoire soit midinette… : à la fin du film, la boucle est bouclée, les personnages semblent n’avoir aucunement évolué et pourtant, ils ont terriblement grandi. C’est une métamorphose intérieure comme on en voit toujours dans la « vraie » vie. Voilà, pour moi, le travail fin et sensible d’un grand cinéaste. Il ne souligne pas. Il donne à voir, et laisse entendre des choses que le spectateur décide avec lui.

    Dis, as-tu au moins autant essayé de dormir que pendant le Tarkovski? ;-)

    @ Maude : oh, tu trouves vraiment que Allen n’avait pas de scénario avant « Match Point »? C’est loin d’être mon avis. Tout son art, justement, je crois, est de rendre quotidienne la vie cinématographique sans souligner les rebondissement et les noeuds dramatiques. Il dilue tout en sachant très bien où il va. Comme dans « Hannah et ses soeurs », véritable bijou de poésie et de narration réussie…

    @ Christophe : toi, tu veux me faire rougir, flatteur.

    @ Roooxane : je trouve justement, pour une fois, que Scarlett J. n’est pas du tout ennuyeuse dans ce film… Evidemment, face à Pénélope, elle s’efface un peu. Mais tout de même, je l’ai trouvée très sincère, très drôle et très sensuelle dans « Vicky… ».

  24. @ Sophie : merci, tu es merveilleuse.

  25. Ori

    Bon ben me reste plus qu’à y aller!

  26. @ Ori : j’attends ton avis sur le film!

  27. Matt

    pour finir.. :)
    Je préfère nettement la version new-yorkaise de woody Allen.
    et pas sa vision Amélie poulainesque de l’europe.. meme géographiquement parlant, … c’est du cinéma ok mais bon…
    la photo est belle, les acteurs sont bons mais c’est pas du tout ce que je demande a Mr Allen moi.

  28. @ Matt : ok, je comprends ce point de vue, et j’avoue que la période new-yorkaise est ma favorite aussi!

  29. Hihi, excellent film, je me marre encore!

  30. @ Une bretonne : chouette, hein?!

  31. Je n’ai pas lu les commentaires, juste le billet. Je devais aller le voir, ce film, cette semaine !
    Mais rendez vous foireux, plans avortés, retardés. Tu me fais regretter de faire attendre Woody et me donnes l’eau à la bouche.

    Vivement que je me la fasse cette soirée ciné.

    Et toi aussi tu as un lit imaginaire ?

  32. @ Kellouza : bien sûr que j’ai un lit imaginaire! Dans lequel Javier Bardem peut prendre place s’il le souhaite, même s’il est beaucoup occupé par Louis Garrel en ce moment. D’ailleurs, Garrel est aussi à ma table imaginaire, dans ma maison de campagne imaginaire, dans mes discussions intellos imaginaires et dans mes voyages imaginaires.
    Et le tien?

  33. Mon imaginaire ? Le jour où j’ai compris qu’il avait des limites, il est devenu moins accueillant.

    Je le croyais très vaste, très vert, avec des arbres et Dee Dee Bridgewater qui chante en faisant une salade de fruits. hihihi. Ca lui irait vachement bien ça, les salades de fruits. Quand je serai grande et riche, je l’inviterai.
    Poursuivons. Le soleil aveuglant dans le jardin, et au fond, dans cette maison au bord de l’eau, dans le silence de la chambre, sur le lit… Oh mon Dieu ! Des beaux gosses ! Qui, en y réfléchissant, n’ont d’intéressant que la plastique. ou l’anti-plastique si tu préfères.
    Dans le salon, c’était un mélange, selon l’humeur, de Duras, Camus, tracy Chapman qui gratte sa guitare dans un coin, les profs que j’ai adoré quand j’étais petite, et mon enfance, justement.

    J’ai parfois l’impression que mon imaginaire (asexué) est ce qui reste de mon enfance. Alors j’essaie d’y aller moins souvent, histoire de faire l’adulte.

    Bon faut que j’aille dormir, je raconte n’importe quoi là.

  34. @ Kellouza : je parlais seulement du lit imaginaire, mais ton imaginaire d’enfance me tente, dis donc, j’ai envie d’aller chanter et boire du thé avec Tracy Chapman. Ça a l’air drôlement chouette cette maison, ce jardin…

  35. :) Fais toi plaisir et va te servir dans la cuisine où mijote un bon couscous au poulet, j’ai toujours du champagne au frais.

  36. merde on dirait que mon com a été effacé.

    Bon je recommence (effort honorable compte-tenu du fait que ma tisane est en train de refroidir)
    Je viens de re-voir le film (oui ma soeur voulait absolument le voir, il ne doit pas y avoir de ciné en province).

    Et là je dois avouer que j’ai été moins séduite que la première fois. Mais par contre j’ai beaucoup apprécié Rebecca Hall (c’était déjà le cas la première fois), je la trouve plus fine que Scarlett J, moins caricaturale que la très caliente Penelope C(que j’adore malgré tout, je l’avoue) et pourtant personne ne parle d’elle alors qu’il y a eu un buzz dingue autour du baiser (archi-méga) chaste entre les 2 autres actrices. Voilà tout ça pour dire que dans « Vicky Cristina Barcelona » moi c’est surtout Vicky que je kiffe, ouais!
    Bon suite à ce commentaire ô combien passionnant, ma tisane et lecture sous la couette m’attendent.
    Bonne nuit:)

  37. Couscous champagne ? Comme disait l’autre : yalla!

  38. @ Kellouza : je débarque avec Christophe; Arbobo, Marie-Do et les poules ne devraient pas être loin, ils sont en train de garer le combi.

    @ Christophe : c’est toi qui as les coupes en plastique? Mais si c’est toi!

  39. B’en tu le croiras ou pas, mais j’ai effectivement un stock de 80 flûtes en plastique d’assez bonne qualité pour les coquetèles, prêtes à servir. Mais sinon, en tant que natif de Reims, il serait inconvenant que j’arrivât sans cristal dûment estampillé.

    PS : ma camionnette est un master rallongé, moins mignon qu’un combi, mais ça a aussi de la gueule.

  40. @ Magda, Christophe, Rooxane et toute la bande : chouette, chouette, plus on est de fous ! Ca donne envie tout ça…

    J’ai enfin vu le film, hier soir. Et suis assez d’accord avec Roooxane. Vicky est le personnage qui fait vivre l’histoire et à sa place, je serai tout aussi bouleversée. (Ne serait ce que par l’odeur de Juan Antonio, t’avais raison Magda. Rien à voir avec les frères Cohen, surtout quand il porte lunettes et clope au bec).
    Enfin, bref, n’étant pas critique de film et pour faire court : super film, j’irai bien le revoir.

    @ Christophe : Dans la tradition, le couscous se boit avec du petit lait, mais le mélange des bulles de champagne et des graines de couscous doit bien chatouiller le gosier.
    Je sens que le « Yallah » de Jules Edouard Moustique va faire fureur. Son Mag’zine est d’une formidable insolence.

  41. @Kellouza : c’est surtout qu’il reprend le terme de Sœur Emmanuelle, qui en a fait son slogan. Sinon, le Mag’zine ne m’a pas encore ramené à l’excellence du JT, mais dès qu’ils auront trouvé leurs marques, ça va le faire.

    Sinon, hier, j’ai mangé un tagine d’agneau au champagne, avec une semoule aux raisins secs et cannelle, et des figues et abricots confits.

    Que dire ?

  42. @ Christophe : Ok, je comprends mieux pourquoi, soudain, plus de Banzai. Merci pour l’info ! :)

    J’ai le ventre plein mais ton petit descriptif me donne malgré tout le « champagne à la bouche ». Tu étais derrière le couscoussier ?

  43. Non : devant !

    Bon, j’ai quand même participé en ouvrant des conserves que nous avions faites avec Marie Do : asperges, graisserons, foies gras…

  44. Waaw… me sens ridicule avec mes souvenirs -pourtant agréables, mais ce devait être la compagnie – de steack soja du rayon « plats cuisinés » d’hier soir.

  45. @ Kellouza et Christophe : bon, on prend le master rallongé de Christophe et on se fait un pique-nique? Parce que là, vous m’avez collé une de ces dalles.

    @ Roxane et Kellouza : ah non! Vicky est fadasse, neutre, Ricaine au possible. Même si le personnage écrit par Woody Allen est émouvant (cette bourgeoise qui perd la tête est tellement facile à rencontrer dans la vie de tous les jours, et si bien analysée), j’ai trouvé la performance de l’actrice d’une grande platitude. Et son physique me rase. Elle sent le savon à dix mille kilomètres à la ronde. L’Amérique WASP dans toute sa splendeur et son ennui.

  46. Matt

    regarde !! il est tellement nul que personne n’en parle :D …… bon ok pardon —-) je sort……)) mmmh… un bon couscous …..

  47. @ Matt : allez vas-y, reste, on te garde un bloc de foie gras. Et arrête de jouer avec ta mini rc dehors, il va pleuvoir et le couscous va être froid. Bon, je vous fais un feu de bois, les gars.
    On est bien à s’imaginer un automne de rêve sur Internet, non?

  48. « Vicky est fadasse, neutre.  » je ne trouve pas justement. Et le fait que personne ne parle d’elle ne me fait pas penser que la comédienne est mauvaise pour autant, si la popularité était un gage absolu de qualité, ça se saurait. De toute façon chacun garde ce qu’il veut d’un film, ouf!

    Kellouza, ton couscous c’est quand tu veux:)

  49. @ Roooxane : ah mais si, les gens parlent d’elle… Aux États-Unis, elle croule déjà sous les contrats.

  50. Pour répondre à Magda qui a violement écrasé Vicky comme un chewing gum sous la table d’un écolier – et pour argumenter et faire vivre ce furieux débat – j’ai trouvé très subtile l’évolution du personnage de Vicky.
    Premières scènes du film, explication du titre, présentation des personnages : inintéressante, fadasse et ricaine au possible comme tu le dis si bien Magda, physiquement banale, personnage bcp moins excitant que la fausse blonde passionnée pseudo artiste et amoureuse par défaut des voyous anti-bourgeois.
    Petit à petit, de Barcelone à Oviedo et de baisers en coucheries, elle se met à incarner avec bcp plus de subtilité et d’honnêteté le thème principal du film : la dualité entre amour et désir, passion et raison, grande maison avec terrain de tennis ou vie de bohème avec un bel espagnol tout aussi blindé de fric, avec du bon vin espagnol en bonus track.

    Et j’ai eu l’impression que la caméra filme avec une esthétique croissante ce personnage, au point qu’elle paraisse de plus en plus belle et atteigne sa plus grande beauté en même temps qu’elle réalise que son désir pour l’artiste au charme à faire tomber les mouches dans la sauce du couscous peut lui faire renoncer à la vie sans danger et confortable que lui offre l’autre mec à la transparence cristalline. – reprise de souffle.

    Allez, je referme les yeux et m’en vais vous rejoindre dans cette belle petite maison qui sent bon le foie gras, le feu de cheminée et le couscous. C’est vrai qu’on est bien là. Quelqu’un veut encore un peu de champagne ? Non, non, Roooxane, laisse le chat dehors, je suis allergique.

  51. @Magda : « Elle sent le savon à dix mille kilomètres à la ronde » hihihi, trop bien trouvé.

  52. @ Kellouza et Roxane : bon les filles je vous laisse Vicky, je vais m’occuper de Juan qui m’attend dans le salon de Kellouza avec une assiette de tagine.

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