Cocaïne, techno et currywurst

Il y a en ce moment le Festival du film allemand à Paris, au cinéma L’Arlequin, dans le 6e arrondissement. Ceux qui lisent ces pages savent qu’ils risquent de m’y croiser un peu à toutes les séances. Il y avait en particulier ce film, dont je n’aurai raté l’unique diffusion pour rien au monde, Berlin Calling de Hannes Stöhr. Le pitch? Martin, un DJ célèbre qui officie dans de grandes messes techno dans le monde entier en compagnie de sa petite amie et manager Mathilde, se retrouve confronté à de graves crises de paranoïa dues à l’abus de drogues en tout genre.

Le film cartonne en ce moment en Allemagne – espérons que la sortie française soit pour bientôt. Car, amis lecteurs, c’est une véritable perle brute que ce film aux allures ultra-contemporaines, bougeant au rythme d’une ville moderne et déjantée, et interprété par des acteurs exceptionnels. Le rôle de Martin est tenu par Paul Kalkbrenner (cliquez pour le Myspace de l’artiste), le célèbre DJ qui jouait là son premier personnage de fiction, hors des grands shows qu’il a l’habitude d’orchestrer aux platines. Kalkbrenner a d’ailleurs concocté pour le film une BO divine (sur laquelle le non moins grand Sascha Funke nous fait le plaisir d’un morceau jouissif, Mango) qui fait vibrer l’image et la narration pendant presque deux heures. Je me suis empressée de la télécharger sur ITunes… depuis, j’ai du Kalkbrenner dans les oreilles quoi que je fasse, et je sautille en achetant une botte de carottes chez Franprix ou une ampoule chez le droguiste. Tout le quartier me croit folle.

Berlin Calling, c’est aussi une histoire dans laquelle la ville tient une place très importante, puisque c’est par elle, avec elle, que le DJ crée sa délicieuse musique faite d’énergie et de mélancolie mêlés. Les images superbes de Hannes Stöhr nous dévoilent tous les coins d’un Berlin réel et non-idéalisé (depuis le ravissant pont Oberbaum qui surplombe la Spree avec grandeur, jusqu’aux chiottes les plus glauques d’un club techno bien connu des fêtards, le Maria). Le tout, filmé caméra à l’épaule, sans affectation, simplement pour être au plus près des personnages qui vivent à cent à l’heure. Scènes hilarantes où le héros, star de la musique électro, organise une fête hystérique dans le centre de désintoxication où il tente de se remettre sur pied.

Hannes Stöhr est un jeune cinéaste à suivre. A 38 ans, il est déjà responsable du très beau et très poétique Berlin is in Germany (2001), l’histoire d’un ancien prisonnier politique de la RDA qui revient chez lui après la Chute du Mur. Plus lucide que Goodbye Lenin, plus subtil encore que La vie des autres, Berlin is in Germany est un peu passé inaperçu en France. A tort. Je vous invite à découvrir l’oeuvre de ce réalisateur qui partage avec moi un amour fou pour cette ville sans pareille en Europe.

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12 Commentaires

Classé dans Sorties cul(turelles)

12 réponses à “Cocaïne, techno et currywurst

  1. Matt

    ça à l’air extra et la bO est (fraichement écouté)en effet superbe.Matt

  2. carine

    ahhhh c’est rude de lire ça, donc tu fais la promo d’un film qu’on ne peut pas voir … now !!

  3. @ Matt : je savais que la BO te plairait, ça ne faisait pas un pli.

    @ Carine : Mais si! Tout ce qu’il faut c’est attendre un peu… Vu le succès du film en Allemagne, je suis sûre que le film sera bientôt distribué ici. D’autant plus que c’est coproduit par ARTE, je crois.

  4. @ Mohamed : je connais son blog, je suis allée le visiter déjà! ;-)

  5. « Berlin is in Germany » plus subtil que « La vie des autres », je ne suis pas convaincue, je crois juste que le degré de lecture est différent, ce n’est pas la même subtilité. Dans « la vie des autres », les comédiens sont exceptionnels.

    Bon sinon ton billet m’énerve car je ne pouvais pas aller au ciné jeudi.
    Celà dit on a dû se croiser, je ne rate jamais ce festival. Les années précédentes c’est tout juste si je n’y campais pas, cette année je travaille mais bon j’y ai quand même passé la nuit de vendredi à samedi.
    D’ailleurs j’ai pensé à toi, Louis G. a assisté aux « Larmes amères de Petra von Kant », j’étais assise juste derrière.

    En parlant de « La vie des autres », si tu ne l’as pas déjà vu, je te conseille « Séraphine », le film n’évite pas une certaine mièvrerie mais tu y retrouveras Ulrich Tukur (élégant et sensible) et Yolande Moreau (juste incroyable).
    biz:)

  6. Je suis dég’, j’ai pas pu y aller! Celui-là je voulais vraiment le voir…
    d’ailleurs l’affiche est géniale!
    En même temps, j’avoue, après avoir passé tant de temps et d’énergie dévouée à l’Allemagne, à Berlin… J’ai vraiment besoin d’un break là.
    J’avais aussi adoré Berlin is in Germany, que j’ai effectivement trouvé très fin.

  7. @ Roxane : je devais y aller, aux « Larmes amères… » dire que j’ai raté Louis Garrel!!! mais c’était pour la bonne cause. :-)
    On m’a déjà conseillé « Séraphine », j’irai sûrement le voir. Je reviens de la projection de la sélection « Next Generation », les petits films d’écoles de cinéma allemandes. C’était pas mal du tout. Mieux que nos festivals de courts métrages français qui laissent souvent perplexe.

    @ Neige : ben t’es allée en Afrique!!! tu vas pas te mettre à détester Berlin, tout de même… tu aurais adoré Berlin Calling.

  8. Bah on s’est encore croisées, ce soir j’ai été voir « Das Herz ist ein dunkler Wald ». Pas mal. En plus la réalisatrice est jeune donc même si ce film n’est pas exceptionnel, je pense qu’elle vaut le coup d’être suivie.

  9. ça n’a rien à voir!
    j’adore Berlin, c’est pas prêt de s’arrêter, c’est chez moi, c’est moi…
    mais comme je me suis beaucoup investie et que je suis un peu claquée, je fais l’impasse en ce moment sur les évenements (franco) allemands. du coup ce week-end j’étais au Touquet et j’ai regardé des DVD naze (Spiderman 3, Juno et Les simpson!)! N’importe quoi! faut que je me ressaisisse!

  10. @ Roooxane : il me tentait bien celui-là, mais je n’y suis pas allée, j’avais une crève tenace.

    @ Neige : tu me rassures. Ton week-end a pu être salutaire. Maintenant je suis certaine que tu es prête à te faire le nouveau coffret Wenders en intégrale le week-end prochain!

  11. Pingback: Berlin calling « la neige des mots

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