Décol’page immédiat

Chers lecteurs…

Je me vois obligée de vous demander une petite dérogation bloguesque. Il faut que je m’absente quelques jours en Grèce, puis mon travail risque fort de m’occuper beaucoup trop pendant les semaines suivantes pour être réellement avec vous.

Qu’est-ce que je vais lire dans l’avion? Eh bien… A rebours, de Huysmans, pardi. Cadeau précieux, fragile édition 1920, d’un ami blogueur, que j’emporte avec mille soins dans mon sac… mais j’espère grandement que la Swiss Air mettra à ma disposition de saines lectures aériennes.

Car, l’avez-vous remarqué? Les gens adorent déchiffrer la littérature servie dans les avions. Air France Magazine est d’ailleurs formidable – de bons articles bien écrits, des reportages lointains qui donnent envie de faire flamber ses miles en Patagonie, de belles photos. Et surtout, oh régal, les petites maquettes de tous les avions qui sillonnent le ciel pour la compagnie aérienne. Airbus A320, Boeing machin… Je ne sais pourquoi je me délecte de ces images assorties de commentaires incompréhensibles sur la vitesse du vol et la puissance des réacteurs… Mais rien ne me fascine tant que ce charabia. Air France se fend même en deux pour gâter ses clientes avec un magazine Air France madame, qui n’a pas grand -chose à envier à un numéro de Vogue (il y a au moins autant de pub dedans). Sur Easy Jet, c’est plus modeste, évidemment. Une simple plaquette orange fluo avec d’un côté les avions, de l’autre les recommandations en cas de crash. Tout le monde sait pourtant qu’au cas où l’avion pique du nez, tout ce qu’il nous restera, c’est de fumer une dernière cigarette, faire l’amour en vitesse à son voisin et balancer une prière au premier nuage venu. Il y a bien un magazine Easyjet, cependant. Une sorte de gros catalogue des destinations, qui essaie de vous vendre une peluche en forme d’avion rigolard à la dernière page. Pas très séduisant… mais au prix du billet, on ne peut pas s’attendre à ce que les hôtesses nous offrent la Pléiade de Proust, non plus.

Revenons à nos nuages. Dans l’avion, j’ai remarqué que les passagers se plongeaient avec délices dans ce genre de lectures absurdes (lire le premier truc venu). Comme lorsque, le matin, nous nous plantons devant le paquet de cornflakes pour scruter dix fois de suite le tableau des calories/protéines/lipides/glucides. Le petit-déjeuner et le voyage en avion sont donc des moments dangereux. On peut nous faire gober n’importe quelle ânerie sous prétexte que le réveil a mal sonné ou que la pression atmosphérique est un tantinet élevée. Alors, vigilance! Le temps viendra peut-être où McCain et Obama afficheront leurs programmes sur des paquets de Choco Pops ou entre les pages d’un inoffensif magazine Ryan Air…

Sur ce, je m’envole! A bientôt!

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6 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

6 réponses à “Décol’page immédiat

  1. Bon vent… et roule une pelle à Juan de ma part.

  2. Ca me parle bien en effet la lecture des paquets de céréales. Parfois, dans la solitude mal réveillée du matin, quand les rêves nous ont occupé toute la nuit, on doit avoir besoin de se raccrocher à quelque-chose de terrestre, de tangible et la lecture répétée et instructive des paquets de céréales permet d’atterrir en douceur. Sûr que si des unités de propagande découvrent ça on va avoir de plus en plus de choses incongrues sur les paquets de corn flakes.

    Bon voyage en Grèce !

  3. toujours par monts et par vaux, Magda!
    bon séjour!

  4. Les paquets de Benco d’antan étaient à ce titre bien moins prolixes que les emballages de notre gastronomie matutinale moderne.

    Sinon, j’adore les plaquettes explicatives avec les petits schémas de la meilleure façon de se rouler en boule sur son siège en attendant le krach final. Combien de fois les ai-je volées, pour un jour les utiliser en une exposition multimédia ?
    Remarquez, je ne devrais pas : voler en plein vol, c’est risquer de rompre le continuum espace-temps par la génération d’un trou noir suite à un emballement de l’effet VQR (l’effet Vache qui rit où l’on voit la vache dans la boucle d’oreille de la vache qu’on voit dans la boucle d’oreille de la vache qu’on voit dans la…).

    Et paf ! on se retrouve à nouveau à élucubrer sur nos emballages de nutriments.

  5. Mo

    Bon voyage!
    Des photos et des mots à ton retour, j’espère…

  6. @ Kellouza : tout le plaisir est donc pour moi!

    @ Sébastien : oui. Récemment, un tigre orange fluo m’a déclaré que la force était en moi. J’ai eu peur qu’il me demande de travailler plus pour gagner plus. :-)

    @ Neige : on ne se refait pas. Et je repars bientôt…

    @ Christophe : cette démonstration est d’une logique imparable, époustouflante, voire sidérante et intersidérale, cher Chris.

    @ Mo : dès que j’en aurai le temps… cela me paraît compromis mais… sait-on jamais, la fièvre bloguesque est capable de bien des choses!

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