Dolce vita teutonne

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Photo Stefan Freimark

Berlin au soleil! Ne pas vivre ça, au moins une fois dans sa vie, est un crime!

Rien n’est plus divin que de s’allonger au bord du Landwehrkanal (charmant canal qui traverse le sud de la ville), les pieds dans l’herbe… avec le Courrier International pour pester au sujet de la crise financière avec sa meilleure amie, pendant qu’elle tente d’apprendre l’allemand dans un Assimil.

Une jolie étudiante aux cheveux châtains lit du Rilke au pied d’un arbre. Un couple se partage le Süddeutsche Zeitung (quotidien allemand). Les bords du Landwehrkanal, avec leurs myriades de bicyclettes et leurs colonies de cygnes blancs, sont une ode à l’espace public, le vrai, le pur : pas l’ombre d’un marchand de chouchous ou d’un gardien de gazon mal intentionné ; tout le monde a le droit de s’affaler dans l’herbe, de rencontrer la famille de son voisin, et même de se lancer dans un petit feu de camp ou de jouer de la guitare. C’est civilisé, libre, joyeux, et paisible à la fois. Les squatteurs de la grande péniche abandonnée et recouverte de graffitis ne diront pas le contraire. Ils se font dorer la couenne et les dreadlocks au soleil teuton, en fumant d’innocentes cigarettes roulées.

Parfois, la police passe dans le coin, petite voiture blanche et verte qui roule au pas. Les flics s’arrêtent, saluent un type, une connaissance. Les labradors bondissent dans l’eau calme, sans déranger personne. Les enfants des Turcs jouent avec les enfants des Teutons, l’espace d’un instant. On pourrait être nu, que ça ne choquerait personne. En Allemagne, se balader à poil en public n’est pas considéré comme un délit. « On est tous faits pareils! » clamaient toujours mes amis Carsten et Andreas, avant qu’ils ne larguent les voiles à Majorque pour élever des chèvres. Il faut dire qu’avec leurs corps de sages hindous, gavés de mangue et de citronnelle, ils n’avaient pas grand-chose à cacher.

Un vrai petit paradis, ce Landwehrkanal à l’ombre des saules pleureurs…

Ne croyez pas que cet interlude calme et ensoleillé va durer : bientôt, je vous chronique Afganisthan, le nouvel opus (très réussi) de Claude Baechtold aux éditions Riverboom! Attention, ça fait boum.

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5 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

5 réponses à “Dolce vita teutonne

  1. CS

    Merci pour ce moment de paix et de simplicité !

  2. C’est drôle, mais au fond ces moments paisibles dans les espaces publics, quand la douceur du soleil arrive, se ressemblent tous un peu… Qu’on soit là, ou ici. (sans doute avec des petites différences notables quand même, mais les quais bordelais peuvent faire des images comme celles que tu décris)
    Et je comprends ce que tu ressens, il y a une sorte de trève sur la grève (waouh, je suis poète ce matin) (poète et en retard)

  3. popincourt

    Oui, à Berlin, quand le printemps arrive enfin, tout est un peu magique. Ick brauch’ keen Hawaii.

  4. @ ficelle : je connais mal Bordeaux, je suis allée surfer une fois à Bombannes, à côté, donc tout ce que j’ai comme vision de la ville, c’était à travers la vitre d’un combi Volkswagen! Un vrai cliché de hippie.
    tu es arrivée à l’heure au boulot?

    @ popincourt : ich auch nicht!

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