PQ par mail

pq

Les blogueurs ont eu la mauvaise surprise, récemment, de se faire berner par mail, par un écrivain de quat’sous. Un pauvre scribouillard qui ne mérite nullement d’être nommé, et à qui je ne ferais aucune publicité.

Ceci est une lettre ouverte à cet homme et à sa maison d’édition, qui ont eu le malheur de tenter de se faire passer pour une adolescente anorexique en manque d’affection, dans le but pur et simple de vendre son PQ à la couverture hideuse. Cette personne nous a écrit des mails persos, fort longs ma foi, et fort ennuyeux, auxquels je ne pris la peine de répondre que lorsqu’elle prétendit être une gamine de quinze ans qui se fait vomir, qui n’a pas d’amis, et que ses parents oppriment. Puisque l’attachée de presse de la maison d’édition, qui m’avait relancée afin que je parle de son « produit », n’a pas daigné répondre, voilà ma critique ouverte.

L’anorexie, dois-je le rappeler, mesdames* et messieurs les salopards de la vente de bouquins commerciaux et mal rédigés, est une maladie gravissime dont meurent des centaines de jeunes femmes.

L’anorexie, je vous l’avoue, est un sujet qui ne me fait pas rigoler. Parce que ces corps invisibles, ces âmes pleines de bleus, j’en ai croisé plusieurs dans ma vie – des amies, une cousine aimée. L’une d’elle s’est ainsi lentement suicidée.

Monsieur l’arnaqueur, la fin ne justifie pas les moyens. Internet n’est pas le pays des cow-boys. Entre blogueurs, écrivains, éditeurs et lecteurs, règne une sympathie et un respect appréciable, auquel nous sommes tous attachés.

Je prie tous les blogueurs qui se sont fait avoir par cet « auteur », de ne pas céder à la tentation de prononcer son nom, ni le titre de son livre.

Très peu cordialement,

Magda.

* merci à Daniel Fattore de m’avoir fait remarquer à raison, que cette équipe n’était pas, en effet, purement masculine!

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33 Commentaires

Classé dans Au gré de la Toile

33 réponses à “PQ par mail

  1. Je verrai ce que je ferai de ce buzz sulfureux.

    Mais êtes-vous certaine que les « salopards de la vente » sont (tous) des messieurs?

  2. OK! Et merci pour le lien. :-)

    Je vous répondrai également chez moi…

    Quant au jeu de genre entre pseudonyme et auteur, ça mériterait un billet – il y aurait plein de trucs intéressants à sortir.

    Vous me donnez des idées, dites donc…

  3. Wow! Je garde donc la chose sous le coude, pour prochainement.

  4. Je commence à mieux comprendre ce que je lis dans le désordre au fil des blogs… Merci pour ma lanterne tout de même ;-)

  5. Bien d’accord avec ton coup de gueule, Magda. Outre l’obscénité de la démarche, il y a la connerie du procédé: comment ont-ils sérieusement cru que les « blogueurs » contactés allaient jouer le jeu sans se rendre compte de rien?

    • ben tu vois, moi je me suis demandée, en présence d’amies : serait-ce un gag? L’une d’elles fit remarquer que cela ne pouvait être le cas : pourquoi un gag aussi cruel et bête? et quelle perte de temps!
      Eh bien oui, c’était un gag. Et quand je vois la tronche de cake de l’auteur sur sa vidéo, j’ai presque envie de créer une police d’Internet. Mais je contiens ma colère, je relis mon vieux Gandhi et je me tiens à carreaux. Pour l’instant.

  6. Je continue à penser que la violence de beaucoup de réactions est disproportionnée par rapport à la maladresse commise.
    Je suis en train de terminer le livre et il va être difficile de faire abstraction de ce déferlement de messages et commentaires passionnées et souvent hostiles au moment de dire ce que je pense du contenu.
    Je précise que :
    – moi non plus l’anorexie ne me fait pas rire,
    – je n’ai pas reçu les mails en question
    – je pense vraiment que je n’y aurais pas répondu m’étant fixé 2 règles de fonctionnement sur le net :
    1 – pas d’échanges avec des mineur(e)s réel(le)s ou supposé(e)s
    2 – pas d’échanges avec des personnes en détresse/demande affective (là encore réelle ou supposée)
    Pour le reste je suis (relativement) d’accord avec toi sur les notions de sympathie et respect généralement en vigueur (mais il y a des exceptions) sur la bloggosphère…

    • tu l’as lu? T’es courageuse… ça ne me faisait pas du tout envie.
      Tu n’as pas reçu les mails : peut-être est-ce pour cela que tu ne te sens pas outrée encore. Moi non plus je n’avais pas répondu à ce type, jusqu’à ce qu’il joue sur la corde sensible. Je trouve ça affreux, ce qu’il a fait. Et je ne trouve pas disproportionné, mais bien plutôt rassurant, que les blogueurs soient en colère qu’on les prennent pour des cons.

  7. cécile, le marketting est-il de la maladresse?

    faire monter le buzz parce que les temps sont durs, je ne crois pas que ce soit de la maladresse.
    au minimum, de la connerie.

    mais il y a des formes de connerie qui virent à la franche obscénité

  8. Alors là… +1, comme on dit.
    Pour travailler auprès des ados tous les jours, j’ai pressenti le mensonge en voyant que dans ces méls d’une ado de quinze ans il n’y avait quasiment aucune erreur d’orthographe… peu crédible… si vous saviez… :)
    Bref, c’est surtout l’effet de manche du magicien à la fin de l’esbroufe qui m’a fait pitié pour l’auteur en question. Il faudrait peut-être qu’il songe à faire analyser son envie de se faire passer pour une ado de 15 ans surdouée et anorexique, d’ailleurs… bref !
    Je lâcherais bien le nom juste pour te contredire mais franchement je l’ai oublié instantanément, tout comme le titre de son navet prétendument réaliste.
    La bise à toi Magda,
    Nicolas

    • pas de fautes d’orthographe dans ces mails, c’est vrai, mais terriblement mal écrit. A 15 ans, je ne parlais pas comme une débile. Cela m’a aussi fait penser à un canular, mais le coup de l’anorexie m’a émue bêtement. Quel enc..

  9. Fafa

    Je suis d’accord c’est odieux de faire du marketing en utilisant la fibre « rapport humain ».

    Toutefois il aurait fallu dégommer Benetton avec son United Colors il y a longtemps (je me rappelle avec aigreur avoir été la seule à cracher à la gueule de cette campagne.) Le résultat est là. Le cynisme de cette campagne est à la hauteur de l’atmosphère puante du début de siècle dans lequel nous tentons de survivre.
    Alors même que la plupart d’entre nous luttent pour ne pas être définitivement changés en objets les annonceurs eux jouent la partie opposée.

    Le fait que c’est devenu une lutte à mort ne pourra plus échapper à personne.

    Et tant mieux plus rapide sera une chute qui est désormais inéluctable.

    Allez, je retourne à mon macramé. :)

    • Je te rejoins sur le macramé, Fafa. Je partage terriblement ton avis sur Benetton. Il y a d’ailleurs là-dessus une critique violente de Naomi Klein dans « No logo ». Nous ne sommes pas seules, tu vois!

  10. Arbobo : Je n’ai jamais écrit ni même pensé que le marketing était une maladresse. Simplement, il y a certaines pratiques marketing qui sont habiles et d’autres maladroites…

    Pour le reste, moi aussi je trouve rassurant que la bloggosphère littéraire renacle quand quelque chose ne lui plait pas et qu’elle se sent manipulée. C’est très sain en effet. Ce qui l’est moins à mon avis, c’est la manière violente et à mon avis très excessive de le faire : je ne conteste pas le fond de la réaction, je conteste sa forme parfois agressive, hargneuse voire limite insultante. Je trouve que tout cela prend des proportions quelque peu exagérées et j’espère que certains mots dépassent les pensées.

    Et puis je ne comprends pas bien non plus l’amalgame qui est fait entre le procédé marketing et la qualité du livre, entre la morale (ou pas) et le talent (ou non). On peut évidemment refuser de lire le livre parce qu’on trouve le procédé utilisé pour le promouvoir déplorable sans pour autant en déduire que le livre est forcément nul.

    On peut penser ce qu’on veut de cette tentative de buzz sans faire de déductions hatives sur la qualité ou la médiocrité du roman, non ?

    En outre ce que j’essayais de dire dans mon message précédent c’est que je n’aurais jamais répondu aux mails parce que justement je refuse absolument tout contact virtuel avec quiquonque jouant sur la corde sensible. Je ne suis pas psy d’une part et d’autre part, ma looooongue pratique du net sous des formes très diversifiée m’a appris que c’est en priorité des personnes attaquant sur le registre affectif/confidences et sur les émotions dont il faut se méfier sur le net.
    Donc si je reçois un mail d’une personne totalement inconnue me parlant d’anoxerie et de problèmes relationnels => POUBELLE directement et sans hésiter.
    J’essaie aussi de résister aux flatteries mais j’avoue que c’est plus dur… ;o)

  11. superfaustine

    Ah ben mince… j’ai pas eu ce genre de mail, et je n’ai pas entendu parlé de ce genre de livre… Faudrait peut-être que je sorte de chez moi de temps en temps…

    • Normal, miss. Ton blog est-il catégorisé sous le nom de « blog littéraire » dans les moteurs de recherche comme Wikio? Ces auteurs ne se fatiguent pas. Ils prennent la liste Wikio des blogs et les écument.

  12. Fafa

    Cécile je ne suis pas d’accord sur la notion d’éthique.

    L’auteur en prenant la responsabilité d’assimiler ses éventuels lecteurs à des consommateurs (et je me demande si ce n’est pas cet élément là particulièrement qui a rendu la blogoboulette livres hargneuse) qu’il estime particulièrement crétins d’ailleurs au vu de la campagne de merde – il faut le dire – qui a été faite est devenu de facto un « producteur ».

    Dans la notion de production/consommation tutti quanti (et là nous sortons du cadre relationnel et affectif auteur/lecteur qui est la principale protection « économique » du milieu de l’édition) le producteur n’est pas divisible de sa production et y est directement assimilé c’est du niveau « vendez votre tétine – premiers pas dans la comm » CP.

    Suite à ce désastre (et l’éditeur pour l’instant nie très intelligemment avoir même eu vent de cette connerie) ce livre ne saurait être considéré comme une œuvre littéraire mais comme un produit. L’auteur « ce sale type » n’a pu écrire qu’un « sale livre ». cqfd. C’est de la pure logique consumériste.

    La prochaine fois s’il en sort vivant il se rappellera qu’il est censé écrire pour des gens et pas pour des portefeuilles (toutefois je connais des boîtes où ils recrutent des banquiers je pourrais éventuellement le pistonner).

    Pour ma part et plus « littérairement »les emails qui ont circulé et que j’ai pu lire ne me donnent aucune envie d’ouvrir ce livre tant l’ignorance de la culture des ados et de leurs modes d’expression y transpire. Conséquemment je doute fort que le livre dont le sujet principal est tout de même une bande d’ados soit réussi.

    Pour les réactions en chaîne sur la blogopoussière Swâmi Pétaramesh a écrit ces derniers jours un post très drôle sur les bisounours nucléaire. Je te le recommande. en tapant le nom dans gougle tu devrais le retrouver facilement.

    Dernier point en ces temps ou la crise de la consommation gronde depuis des mois et terrorise le lectorat le plus aguérri il était vraiment mal venu d’afficher ouvertement son envie d’être consommé plutôt que lu.

    Il me semble à moi qu’écrivain c’est pas vendeur de brouettes – avec tout le respect qui est du aux brouettes – aussi les vendeurs de brouette qui se sont perdus en chemin (dont le fameux auteur martyr du blogoglobule) seraient bien urbains de reprendre leurs ambitions initiales ça fera de la place pour les gens qui écrivent (du verbe écrire donc et non pas vendre).

    Là dessus c’est l’heure de l’apéro.

  13. L’éditeur remet ça aujourd’hui avec un email de justification : aucun remord, au contraire : tout est cohérent et ça ne prouve que la qualité du roman (une réponse à Cécile qui ci-dessus déplore les amalgames dans la critique : c’est l’éditeur qui amalgame les genres le premier… il ne récolte donc que ce qu’il sème).
    Ma réponse à cet email : « C’est assez de temps perdu et l’on ne va pas vous obliger à faire preuve d’intelligence, de respect ni de bon sens… alors en vertu de la loi informatique et liberté, merci tout simplement de supprimer mon adresse de vos listings »
    Point final. Et maintenant je suis près à reparler de LITTERATURE !
    :)

    • J’ai eu cet email et leur ai répondu – car il s’agit des éditions Michel Lafon qui m’ont envoyé plusieurs bouquins (tous mauvais) – qu’il cesse de me solliciter à jamais…

  14. J’ai reçu ces mails. J’ai compris dès le deuxième que ce n’était pas une ado mais un(e) adulte qui écrivait. J’ai trouvé ça malsain, je me suis interrogée sur le but de ces mails que j’ai ressentis comme du harcèlement (et je ne suis pas la seule), pour apprendre finalement de quoi il retournait. J’ai utilisé mon droit de réponse par mail comme l’éditeur me l’a demandé. J’ai reçu une réponse hallucinante me disant qu’en gros tous les blogueurs avaient apprécié la démarche (!!!) et que j’étais une mauvaise coucheuse (en termes plus choisis, certes). Je suis à la fois atterrée par la démarche, l’aplomb de la boîte de com’ en charge du canular et le culot de l’auteur. En gros, si on n’a pas aimé c’est qu’on n’a pas d’humour. C’est vrai que se faire passer pour une ado anorexique qui voit son frère regarder des sites pornos et qui ne s’aime pas, c’est très fun.

    • Au moins, tu as reçu une réponse personnalisée. Quant à moi, ils m’ont servi leur soupe de justification odieuse, et cela s’est arrêté là. Comme je le disais à Nicolas et à la maison Michel Lafon elle-même, je n’attends plus rien de cet éditeur, à part qu’il me foute la paix.

      Je n’ai pas d’humour non plus, donc, chère Fashion, et tu sais quoi? Ça me fait rire.

  15. @ Cécile : vu la réponse de Fafa, que personnellement je trouve sans appel, et très brillante en plus d’être audacieuse, je dirai en un mot qu’elle te répond mieux que moi. Mais je pondère en te rappelant ma curiosité à l’égard de ton avis sur le livre. Cela dit, c’est foutu d’avance. Même si le type a écrit un chef-d’œuvre (mais permets-moi d’en douter) je ne l’achèterai pas. Pour la simple et bonne raison que je suis une lectrice et non un portefeuille, comme le souligne Fafa…

    @ Fafa : bon, Fafa, je viens de te faire enfler les chevilles dans ma réponse à Cécile, alors, ça se passe de commentaires.

  16. C’est marrant, on me répond « je ne suis pas d’accord » à propos de choses que je n’ai pas écrites… Où ai-je écrit les mots « éthique » et « produit » dans mon commentaire ?

  17. @ Magda : et je comprends parfaitement ton refus de lire le livre et tes arguments mais moins la violence avec laquelle ils sont exprimés et je pense qu’il y a des sujets d’énervement plus graves (y compris en littérature). Enfin bon, ce n’est que mon point de vue…
    Bref, avec tout ce battage, j’hésite à rédiger ma critique tout de suite ou dans quelques semaines.

    • La violence est hélas à la mesure de l’offense. A mon avis, et selon l’avis de beaucoup de personnes qui se sont fait pigeonner par les mails répétitifs de harcèlement littéral de la part de l’auteur. Pour ma part, je me moque bien de me faire blouser, quand l’issue est sympathique, et que les moyens ne sont pas odieux.

      Je pense que Fafa n’insinue nullement que tu considères le livre comme un produit ou que l’éthique n’a pas de sens en tant que lecteur ou blogueur. Je crois – mais je parle pour elle – que Fafa souligne simplement la logique consumériste de l’auteur et de l’éditeur qui traitent, eux, le livre comme un objet de marketing pur. Ce qui est une hérésie, à mon sens.
      Si bien des maisons d’éditions devraient revoir, je pense, leur stratégie marketing (dans un monde libéral, on ne s’en dispense pas), le choix opéré par les éditions Michel Lafon est ridicule, et prouve sa méconnaissance du lectorat français et en particulier de la blogosphère.

      D’où une « saine colère » des blogueurs, qui n’est pas du tout disproportionnée à mon avis. Car si l’on sourit ou hausse les épaules face à ce genre de pratiques, alors elles vont se répandre (merci Internet) de façon plus ou moins similaire, et nous en arriverons à un dégoût, qui est la dernière chose dont l’édition française a besoin en ce moment.

      Ensuite, et pour finir ma réponse, mon style est mon style, est ma virulence égale parfois mon lyrisme. On ne peut pas me demander d’être mesurée, je n’y arriverai pas. Mais je ne suis pas encore hystérique, tout va bien! ;-)

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