Archives de Catégorie: Voyeurisme littéraire assumé

« Vol » de bibliothèques, farfouillage dans des écrits (un peu) intimes, questions indiscrètes, curiosité assumée!

J’arrive plus à lire dans le métro

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Photo volée au téléphone portable d’une lectrice berlinoise dans le métro.

La lecture dans le métro. C’était mon paratonnerre, ma façon à moi de me blinder contre la puanteur des rails, contre les agressions cycliques de La vie en rose en mode violon branché sur haut-parleur, et contre le cri des roues de fer, qui grincent dans la nuit des stations où il fait 40 degrés en hiver.

Du temps où j’étais parisienne, j’engloutissais fébrilement des kilomètres de romans, nouvelles, essais et journaux dans les rames du métro.

Il y a trois mois, j’ai préparé une valise de quarante kilos (ordinateur et bouquins compris), payé mon supplément d’âme à Easyjet et participé à une pollution planétaire confortable, en m’envolant pour Berlin.

Depuis, je me promène sur un vélo miniature bleu électrique, le long des canaux enchanteurs de ma ville préférée, dans une fausse fourrure qui a dû appartenir à une actrice de films de propagande de la RDA.

Temps heureux.

Dans le S-Bahn, (équivalent berlinois du RER), parfois, j’ai la tentation d’ouvrir un livre, pour faire comme autrefois. C’est râpé. Je n’y arrive plus. Par la fenêtre couverte de graffitis polis – car c’est ainsi que sont les rebelles allemands – je vois défiler des paysages urbains, qui ne laissent aucun répit à mon esprit assoiffé de surprise et de nouveauté. Berlin est une mutante perpétuelle, jamais semblable à elle-même d’un jour à l’autre. Elle se développe le long de ses innombrables rails, avec la douceur d’une vieille routarde de l’Inde, dotée d’un moteur de Rolls-Royce. Une mécanique parfaite qui traverse une ville en méga-chantier.

Je m’émerveille à chaque tour de roue.

Mes bouquins restent posés sur mes genoux. Tout le monde scrute leurs couvertures, à cause de leurs titres français. Je ne prête que peu d’attention à ces regards en biais. Moi, je suis amoureuse de Berlin, et je la regarde grandir sous mes yeux tous les jours, dans le métro aérien ou souterrain, avec ses visages allemands tous surprenants, intéressants, touchants.

Mais j’ai quand même volé quelques-unes de ces silhouettes de passagers berlinois qui, comme moi, chérissent la lecture en mouvement. Volé à coups d’appareil photo de téléphone portable, pardonnez-moi donc leur qualité exécrable. Ce qui compte, c’est l’atmosphère, non?

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Elle avait froid, très froid. C’était au mois de janvier. On glissait sur les trottoirs gelés. Son gros bouquin, un best-seller probablement, lui pesait par ce temps où il ne faisait pas bon trimballer un sac lourd, mais elle ne pouvait pas s’en séparer. C’était aussi moelleux de le lire, que de s’enrouler dans une grosse écharpe tricotée par Maman, ou d’enfiler des chaussettes de laine vierge.

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Il riait en lisant. Je me demande si les auteurs allemands peuvent vraiment faire rire. Quelqu’un peut-il me renseigner? (Allons, amis germanistes, je blague).

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Je la trouvais tellement jolie. C’était pendant la Fashion Week de Berlin. Je rentrais d’un défilé vraiment nul où j’étais allée par politesse, et curiosité. Après les hordes de tiges sapées Milord, piétinant en talons de huit centimètres au bar du défilé, je trouvais cette jeune femme, avec ses chaussures inédites, ses cheveux courts et son bouquin, d’une grâce romantique rafraîchissante. La Fashion Week, elle, elle s’en foutait. Elle lisait. Elle s’est aperçue que je la détaillais du regard. Elle a regardé mes chaussures aussi. Avant de quitter le wagon, elle m’a demandé où je les avais achetées. Cela m’a fait rire : je n’ai pas eu le temps de lui dire que j’étais fascinée par ses jolies godasses à imprimé bovin.

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Un livret bleu laissé vierge par un groupe d’étudiants en art. « Racontez-nous comment vous prenez le métro. Pourquoi. Ce que vous y lisez. Ce que vous y écoutez comme musique »… J’ai eu très envie de le voler. Je me suis ravisée. J’ai simplement écrit : « Chers artistes, j’ai eu très envie de vous voler votre idée. Voilà ce que j’aurais fait dans le métro, si je n’avais pas préféré vous le dire ».

Demain, je m’octroie une journée de répit à Potsdam en train. Potsdam, son château, ses lacs, ses vieux studios de cinéma… tout le contraire de mon Berlin explosif et nostalgique.

Si Potsdam m’emmerde, je relirai La Recherche du Temps Perdu.

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Classé dans Ma vie littéraire, Voyeurisme littéraire assumé

Voyeuse (mais pas équipée)

Si vous voulez que je fasse de jolies photos pour Ce Que Tu Lis – et donc pour vous, hein – vous pouvez vous cotiser pour m’acheter ça. Mon anniversaire, c’est le 31 février. A bon entendeur, youpi.

Vous le savez, je suis une voyeuse (littéraire). C’est-à-dire que j’aime fouiller les bibliothèques des gens, regarder en douce ce qu’ils lisent sur les bancs publics, et que je n’hésite pas à balancer des questions intimes du type : « Si tu étais un livre, quel livre serais-tu? » au premier auteur venu. D’ailleurs, en lisant ce blog, vous admettez quand même un peu votre propre voyeurisme (littéraire). Non?

Alors voilà, chers amis lecteurs, quelques photos pas du tout autorisées de… non pas de Carla Bruni en train de manger un « Subprimes Deluxe » puis de se faire vomir en cachette pendant la fashion week de Sarajevo, mais de lecteurs dans le métro. Prises au téléphone portable naturellement – cela devient une habitude, c’est discret, vite dégainé, vite rangé. D’accord, ce n’est pas du Helmut Newton*, mais on s’en moque. Ce qui compte, ce sont les histoires.

Dante et la guitare des Alpes

Une guitare, immatriculée en Suisse, une paire de lunettes pour ses yeux fatigués de regarder la ligne bleue des Alpes, un sac à dos d’ado – pour cet homme grisonnant qui n’en est plus un depuis longtemps, et un roman, un pavé, un monstre d’histoire si lourd que notre lecteur se penche vers l’avant, entraîné par le poids des pages. Il est presque à la fin, le meurtrier est presque découvert, la femme adultère va mourir de sa passion coupable, l’enfant devient un homme, un oiseau saute de branche en branche, que sais-je encore, l’espoir renaît… ou bien tout est noir, roman incurablement gothique, descente aux enfers, Dante peut-être.

J’ai raté ma rame

Lui : Matthias, vingt-huit ans, ingénieur informaticien dans une grande banque d’une grande rue haussmannienne, ne lit que des classiques qui tiennent dans la poche, parce que la littérature doit pouvoir s’emporter partout, surtout la plus grande.

Elle : Hélène, vingt-six ans, professeur de sport dans un lycée du XVe arrondissement à Paris, boulimique de tous ces livres qui sortent et n’en finissent pas de sortir, parce que la littérature doit vous accompagner tout le temps, à chaque moment de votre vie.

Lui : aime les grandes blondes athlétiques qui lisent le soir pour s’endormir et boivent de la tisane de fenouil.

Elle : adore les bruns en forme de tige surmontée de cheveux fous avec des lunettes qui donnent l’air intelligent, qui lisent en terrasse le dimanche et boivent un verre de rouge à la lueur du soleil couchant.

Lui : va descendre à la station Châtelet, pour aller boire un apéro au Brouilly devant la Seine, face aux quais.

Elle : va changer à la station Odéon pour acheter du fenouil en branche dans une boutique bio de la rue Mouffetard.

Et il n’y a personne dans ce foutu métro pour leur dire qu’ils sont faits l’un pour l’autre?

*Helmut Newton (né Helmut Neustädter, 31 octobre 1920, Berlin – 23 janvier 2004, Los Angeles) est un photographe australien d’origine allemande. Il est connu pour ses photographies de mode et de nus féminins.

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Judas ou le chaînon poétique

No comment. Signé, Judas Magda Iscariote.

C’est très mal, c’est vrai, de renier sa parole. Je vois déjà mes chers Thom, Agnès et Fashion lever les yeux au ciel, ourler leur lippe majestueuse avec dédain et jeter Ce que tu lis aux orties intersidérales : moi qui ait refusé de participer à leurs tags en chaîne, voilà qu’on m’y reprend?

Mais cette chaîne-là, qui me vient des Cahiers de Suzanne, baigne dans la poésie la plus pure. C’est un jeu de hasard et de mots, un peu Sophie Calle, un peu Dada, qui ne peut me laisser froide. Alors je mise. J’abats mes cartes. Thom, Agnès et Fashion feront de moi ce qu’ils voudront (pendez-moi la tête en bas, comme la dernière fois, dixit Philippe Katerine).

Les règles du jeu

1) Indiquez le nom et le lien vers le blog de la personne
2) Prendre le livre que l’on lit actuellement ou que l’on préfère à la page 123.
3) Recopier le texte de la 5ème phrase et des 3 suivantes.
4) Indiquer titre et auteur du livre.
5) Choisir 4 autres blogeurs / blogeuses

Mon jeu de cartes

1) Je réitère : ça vient des Cahiers de Suzanne où sévit la belle Roxane.

2) Voilà, je le prends sur la table de nuit… ouh, quel suspense!

3) « Vous vous y connaissez en bibelots, hein? » dit-il d’un ton dégagé, et il prend un chiffon pour l’essuyer. La partie supérieure, vous explique-t-il soigneusement, était destinée aux toasts beurrés, la partie du milieu aux sablés, la partie inférieure à « deux sortes de gâteaux ». Pour l’instant, toutefois, elle remplit un tout autre office : sur le rayon du haut se trouvent son téléescope, sa boussole et une Bible ; au milieu sa correspondance qui consiste uniquement en ses enveloppes de salaires ; en bas, trône avec une imposante gravité, un pot de chambre qu’il appelle « le meuble de famille », auquel se rattache une mystérieuse histoire dont il me révélera un jour le secret ».

4) Le Quatuor d’Alexandrie, in Justine, par Lawrence Durrel.

5) J’aurais volontiers taggué Thom, Agnès et Fashion, mais je redoute le lynchage collectif. je jette donc mon dévolu sur Christophe, Arbobo et Amanda. Et pour la bonne bouche, je taggue ma correspondante de nuit, Sabine.

POST-SCRIPTUM SUPERFLU A L’USAGE DE QUELQUES LECTEURS CHERIS, MAIS MAL EMBOUCHES : ceci est une chaîne non-midinette et parfaitement snob littéraire. J’ai vérifié si tous les critères étaient compatibles. Et que pourrait bien foutre Lawrence Durrell dans les mains d’une midinette, non mais?

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Madame M.

Femme nue – Egon Schiele

Chère Madame M.,

Votre livre est un scandale. Paraît-il. Vous êtes impudique. Paraît-il. Vous êtes une perverse, une malade, toute géniale qu’elle soit, paraît-il. C’est vrai que c’est assez surprenant d’aller raconter sa vie sexuelle, cela et rien d’autre, dans un petit bouquin de deux cent pages : La Vie sexuelle de Catherine M.

Madame M., vous êtes un grand auteur. Votre style est vif et précis comme un coup de bistouri. Mais en lisant vos pages, couvertes de cette écriture efficace qui frappe directement tous les organes les plus sensibles (coeur, poumon, ventre, sexe bien sûr) j’avais oublié de porter mon masque chirurgical et je m’en suis pris plein la gueule. Partouzes, échangisme, gang bangs au fond du Bois de Boulogne, certes. Je vous suis, vous m’avez entraînée par le regard dans vos orgies nocturnes, mais j’avais envie de foutre le camp. Mon voyeurisme littéraire m’a lâchée soudain devant tant d’évocation de sexe sans amour, sans plaisir presque, en tout cas sans âme. Au fil des mots, on perd le goût de l’humain. Ce sexe mécanique, où tous les hommes sont réduits à ce qui se dresse entre leurs jambes et où vous-même, Madame M., vous réduisez à un objet intelligent et contemplatif, me fait flipper.

La vie sexuelle de Catherine M. est tout sauf un livre érotique. Il est complètement dépouillé de fantasme. On peut penser à une psychanalyse : dire comment et où j’aime me faire prendre, par n’importe qui (car l’auteur aime les visages inconnus, les corps toujours étrangers, même laids, même répugnants). Mais c’est un peu facile. Non, pour moi, le roman de Catherine Millet est d’abord un acte féministe. Ouille! je vous entends crier. Le féminisme, ce serait baiser avec tout le monde, partout, tout le temps, et le clamer haut et fort? Non, évidemment. Mais être telle qu’on est, simplement, « sans ornement, dans le simple appareil » comme disait l’autre*, être femme avec toutes ses petites aspérités intimes, ses mochetés, ses laideurs, ses travers, et le revendiquer, et en faire un étendard individualiste, ça oui, pour moi, c’est féministe. Dans le bon sens du terme. La figure féminine, dans l’autobiographie, est toujours un peu complaisante. Il faut se trouver belle et séduisante, il faut flatter la mère en nous, l’amante et la déesse. D’ailleurs, les femmes se prêtent moins facilement à l’exercice de l’instrospection ; sans doute ont-elles peur, à force de se le voir interdit au fil des siècles, de mettre au jour leurs plus intimes laideurs.

La lecture de La vie sexuelle de Catherine M. m’a été pénible, mais je ne peux que recommander ce livre. « Ce livre ne sert à rien, c’est du Sade au féminin », ce sont exclamés en chœur mon meilleur ami et mon cher et tendre, qui sont pourtant parmi les hommes les plus fins que je connaisse. Je le leur pardonne. Comment pourraient-ils comprendre, si on ne le leur dit pas, que les femmes du monde moderne ont besoin de leur Sade au féminin? Trois siècles séparent le genre masculin du beau sexe faible. Il est temps de courir derrière Madame M., mesdames.

* Jean Racine, Britannicus

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Le métro est une scène…

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J’ai volé cette photo à Nakolah, sorry et merci à toi… 

Et tous, hommes et femmes, ne sont que des acteurs:
Ils y font leurs entrées, ils y font leurs sorties,
Et chaque homme y joue maint rôles dans sa vie…

Merci William, et pardon d’avoir détourné vos vers*.

Oui, le métro est une scène qui satisfait tous les jours mon voyeurisme légendaire.

L’homme qui en avait une…

Un jeune homme noir, ivre mort, chancelle sur le quai d’en face à la station Strasbourg Saint-Denis. Je rentre de soirée, il est bien tard. Le type hèle un groupe de touristes qui m’ont tout l’air d’être Flamands et qui rigolent sur le quai où je me trouve moi-même. Ils ont le look instit’ sur le retour, la soixantaine vilaine, mais leurs grosses faces rouges sont joviales. « Hé madame! Moi j’en ai une énorme! » et pour preuve, il la sort, notre jeune black du quai d’en face! Il descend son pantalon, s’approche de la bordure du quai en secouant son sexe et se met à pisser tout son soûl sur les rails du métro. « Hé madame! » Il sort des billets de cinquante euros d’un sac en plastique, « Voilà, moi je paie! Hé madame! » L’instrument est à l’air, pas très vaillant toutefois. Les vieilles Flamandes gloussent, leurs vieux s’esclaffent. Ah, elles ne mollissent pas, les Flamandes! « J’te baise, moi! J’te baise l’anus! »… S’ensuit une déclaration d’amour au séant de la soixantenaire flamande que je ne préfère pas reproduire dans ces lignes. « Regarde! Dis-le à ton mari! » Il titube. L’époux agressé, lui, se contente de rire grassement. Sur le quai, un petit couple saint-valentinesque me sourit avec des yeux effarés.

Avoir 13 ans sur la ligne 13

Un groupe de quatre très jeunes filles, des minettes bourges, perles aux oreilles, et leurs copines fardées au chewing-gum. Une des minettes bcbg décroche son téléphone et intime à ses copines de la fermer, comme si le roi du Cameroun était au bout du fil. Mystère de la télépathie adolescente, l’une des copines comprend tout de suite, et sans un mot, qui est au bout du fil. « C’est Margot? » Et le portable se met à passer de main en main. « Ouais Margot! Tu comptais nous le dire quand, que tu kiffais Alexis? » Une fardée : « Elle dit qu’elle le kiffe pas du tout ». La bcbg : « Et alors? Peut-être qu’elle ne le kiffe plus maintenant! »

Comme Carla!

Dans le RER, Môman et Adogirl vont chez Disney. Adogirl a un décolleté que ne justifie pas sa poitrine tout juste naissante. Môman s’énerve. « Mets une écharpe! Tout le monde en a une! Regarde autour de toi. » Adogirl me regarde, manque de bol, j’ai pas d’écharpe. Môman brandit un foulard safran à Adogirl. « Nan », fait celle-ci. « Nan, je le mettrai pas ». Môman bout de rage, je la sens à 200 degrés à côté de moi. Elle enfile de force le foulard au cou de sa fille et le noue savamment. « Voilà. Comme Carla! ». Eh oui, dans notre pays, la première dame de France s’appelle juste « Carla », et son p’tit mari, « Sarko ». Même les Fluokids ont des pseudos plus sérieux!

*William Shakespeare (Comme Il Vous Plaira, Acte II scène 7)

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Bibliothèque volée

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Parfois, CE QUE TU LIS peut devenir CE QU’ELLE LIT.

Comme certains d’entre vous s’en souviennent peut-être, ce blog est né sous la bonne étoile de Sophie Calle, amie du hasard et des coïncidences, comme moi, qui suis sa fidèle admiratrice. Ce qui implique un certain voyeurisme, comme en témoignent certains de mes anciens billets.

Aujourd’hui, CE QUE TU LIS devient CE QU’ELLE LIT, car j’ai volé l’intimité d’une bibliothèque chez une personne qui se trouvait loin de chez elle à ce moment-là (à des milliers de kilomètres, pour tout dire).

Alors, que lit cette personne mystérieuse? Cette lectrice ou ce lecteur, qui est-elle/il vraiment? Quelques indices…

Celle ou celui qui a une influence latine évidente : du Garcia Llorca dans le texte, El publico, mais aussi Aforismos en el laberinto de Max Aub ; du Mendoza, du Neruda : La Centaine d’amour, en français, Elsa Schneider de Sergi Belbel.

Celle ou celui qui aime des choses surprenantes : Les demeurées, de Jeanne Benameur, Pseudo de Romain Gary (Emile Ajar), Oh les beaux jours de Beckett, Nous les héros de Jean-Luc Lagarce, La modification de Michel Butor.

Celle ou celui qui aime les bons mots à la française : Chroniques de la haine ordinaire de Desproges, Cocorico! monsieur Poulet de Jean Rouch et même un San Antonio : J’ai peur des mouches.

Celle ou celui qui lit sexy : A quoi rêvent les jeunes filles d’Alfred de Musset, Claudine en ménage de Willy et Colette et une anthologie, La poésie érotique.

Celle ou celui qui a l’esprit pratique : un guide Lonely Planet sur l’Argentine, l’annuaire Bellefaye 2007 et la célèbre méthode Allen Carr pour arrêter de fumer – ok, je confirme, chez cette personne, ça a marché.

 A vous de jouer maintenant! A votre avis, cette personne, est-ce un homme ou une femme? Quel est son métier? Les yeux noirs, les cheveux roux, une jambe en moins? On va voir si vous faites preuve de perspicacité… ;-)

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Prières secrètes

Une petite église de province, le 8 septembre 2007

Je sens que ce billet va choquer.

Mais on suit les traces de Sophie Calle avec audace, ou pas.

J’assume complètement mon voyeurisme : n’est-ce pas le concept même de ce blog?

Je visitais récemment une jolie église dans une petite ville de province, lorsque que j’aperçus ce carnet de notes grand ouvert. Forcément une invitation à la lecture.

Une petite note délicieusement surannée, tapée à la machine, expliquait que « les prières rédigées dans ce carnet seront lues par les enfants de choeur  » lors de la célébration de la messe.

Ni une ni deux, je me plonge sans le moindre scrupule dans une lecture passionnée de toutes ces prières laissées comme des bouteilles à la mer par les paroissiens.

Beaucoup demandent qu’on leur envoie le bonheur d’avoir un enfant, certains souhaitent que leur travail soit moins pénible, plus lucratif, plus satisfaisant ; d’autres voudraient bien avoir un toit et un job, tout bêtement.

D’autres prières encore, profondément émouvantes, demandent la guérison du corps et de l’âme. L’une d’elles m’a laissée ébranlée au milieu de la nef : « Seigneur, je suis à bout. Donne-moi la force. Je ne peux plus continuer« .

Sur la page photographiée, on peut lire, fautes d’orthographe incluses :

« Seigneur soulage ma maman elle a besoin de toi merci »

 

« Seigneur Jésus je te supplie de nous accorder la joie de recevoir un enfant. Merci pour cette enfant que tu prépares déjà dans mes entrailles Amen »

 

« Seigneur je te cherche est-ce que tu viendras vers moi »

 

« Seigneur prend pitié de moi pécheur »

 

« Seigneur, Dieu tout puissant, Maître de l’Univers, guide nous correctement dans notre vie de tous les jours et prends pitié de nous. Je t’en supplie. AMEN »

 

« Seigneur, Prière collective pour mon changement de service […] »

 

Ici, la photo est coupée et je n’ai pas eu le temps de noter le texte, car l’organiste a débarqué en grande pompe dans l’église, lui-même aussi sonore que son instrument, me laissant juste le temps d’écrire à mon tour une prière dans le carnet.

 

Maintenant chers lecteurs, je pars pour Berlin, mon avion décolle d’ici quelques heures et je vous promets de vous rassasier de magnifiques interviews… En somme, je m’engage à :

Réaliser une interview dans l’avion (aller ou retour, selon ce que j’aurai sous la main comme lecteur!)

Interviewer un(e) Berlinois(e) pur jus

Faire une interview en allemand! (attention, grand challenge…)

Soyez prêts, comme le dit en allemand ce dessin que j’ai photographié à Berlin en février…

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