Archives de Tag: Berlin

Mondoblog

La photo emblématique de mon site sur Berlin pour le projet Mondoblog de RFI

Chers lecteurs,

Si j’ai été si peu active sur Ce que tu lis ces derniers temps, c’est parce que j’ai eu le plaisir de faire partie des cent blogueurs sélectionnés à travers le monde par Radio France Internationale pour le projet Mondoblog.

Les cent blogueurs francophones que nous sommes sont désormais les ambassadeurs de leur ville, qu’il s’agisse de Paris, de Dakar, de Yaoundé ou de Berlin, en ce qui me concerne.

Je vous invite à découvrir cette plateforme formidable sur laquelle des auteurs de moins de trente ans écrivent en direct, sans censure, sur leur pays dont, bien souvent, nous ne connaissons que le nom, lorsque nous n’en avons pas oublié jusqu’à la géographie (avouez que vous ne savez pas placer le Burkina sur une carte! moi, en tous cas, j’en suis honteusement incapable…). Car tous ces jeunes blogueurs, dont la plupart sont africains, donnent une autre image de leur ville, une image authentique, moderne, loin des clichés servis par les médias occidentaux.

Dans ce paysage bloguesque dynamique et engagé, ma mission est des plus délicates. Bloguer sur Berlin, lorsque d’autres bloguent sur des thèmes aussi brûlants que l’excision, ou l’impossibilité d’aller à l’école pour les enfants de Ouagadougou, cela peut avoir un petit côté fashion-pourri-gâté. Je tâcherai de m’en garder, et de montrer les multiples facettes de la ville.

Alors, si vous me voyez un peu moins par ici, c’est normal… vous pouvez me retrouver dès maintenant sur mon blog Génération Berlin.

Au plaisir de vous y lire!

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Classé dans Au gré de la Toile, Mon Berlin

Où étiez-vous le 11 septembre?

Chute du Mur de Berlin / 11 septembre 2001 : quand l’Histoire s’écroule, les médias sont là

Comme le dit Mike LaMonica, un blogueur américain, « nous savons tous où nous étions ce matin-là ».

La question du « où nous étions ce matin-là » est intéressante. Le 11 septembre 2001 est entré dans l’histoire hyper-médiatique, aux côtés de la Chute du Mur de Berlin, l’un des premiers événements historiques et politiques à bénéficier d’une telle couverture journalistique dans le monde « en live ».

Le 11 septembre 2001, j’étais étudiante en école de communication, justement, et je faisais un petit boulot d’été comme vendeuse dans une bijouterie à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Une hôtesse de l’air est accourue et a glissé aux employées de la boutique : « Vous avez vu? »

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Classé dans On s'engage!

Concours de mannequins

Blouse vintage Yves Saint-Laurent, vendue sur le site Das Neue Schwarz, Berlin

Je vois d’ici vos têtes, amis lecteurs : Hein??? un concours de mannequins sur le blog de Magda, cette féministe acharnée? (sauf Arbobo et Christophe bien sûr, qui ricanent en se disant que ma midinettude éclate au grand jour).

Eh bien oui! un concours de mannequins, un vrai, mais ETHIQUE.

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Classé dans Mon Berlin, On s'engage!

Une histoire de toits

Une histoire de toits, une histoire de Berlin… par ici les amis! (photo de mon nouveau complice Nicolas Balcazar)

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Classé dans Au gré de la Toile, Mon Berlin

Berlin is not for sale

Illustration de mon nouveau blog Berlin is not for sale par Martin Etienne

Chers lecteurs,

Si j’étais si absente ces derniers temps, ce n’était pas pour cause de vacances ou de paresse bloguesque.

C’est parce que j’étais occupée à mettre au monde un nouveau bébé, le blog BERLIN IS NOT FOR SALE, avec quelques amis journalistes et une attachée de presse ultra efficace !

BERLIN IS NOT FOR SALE est un blog en anglais. C’est un guide underground de la ville. Nous avons créé BERLIN IS NOT FOR SALE pour aller à la rencontre des gens qui font bouger Berlin de manière éthique, non commerciale, créative. Nous filmons, photographions, interviewons des citoyens comme vous et moi, qui ont des initiatives intelligentes et étonnantes pour faire vivre leur ville.

Vous n’y trouverez pas l’adresse du dernier Starbucks ouvert en centre-ville, ni l’hôtel à la mode. Mais vous y trouverez des adresses plus secrètes, des marchés aux puces fabuleux et inconnus, des restos montés par une bande de potes avec courage et créativité.

Vous rencontrerez des musiciens, des écrivains, des boulangères, des peintres, des fous du vélo, des fashion-victims fanas de recyclage de vêtements, des architectes, des strip-teaseuses arty, des minettes de 24 ans qui viennent d’ouvrir une galerie avec leurs économies.

Si en plus, vous habitez vous aussi Berlin et que vous parlez l’anglais, vous pouvez rejoindre notre équipe ! Mettez votre talent au service de cette exploration urbaine alternative. Vous êtes auteur, dessinateur, photographe, musicien, caméraman, réalisateur? Ou tout simplement, vous avez une initiative formidable à Berlin et vous souhaitez être interviewé? Ecrivez-nous : berlinisnotforsale@gmail.com

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…et n’être rien

cartoon from www.weblogcartoons.com

(Cartoon by Dave Walker. Find more cartoons you can freely re-use on your blog at We Blog Cartoons.)

Longtemps, j’ai voulu être quelqu’un.

Mais lentement, je suis devenue heureuse de n’être rien. Je me suis même appliquée à n’être rien.

Dans l’univers dans lequel je vivais, il faut être quelqu’un. On monte sur la scène, on irradie, une heure trente, on a même droit à une critique dans un bon quotidien si la P.R. du théâtre a bien fait son job.

Il faut être quelqu’un qui connaît les autres. Citer des noms impressionnants. Laisser entendre que l’on travaille avec P., avec M., qu’on dîne demain avec G.

Longtemps j’ai cru que c’était important. Une des mes amies du métier appelle cela « les petites introductions ». Les petites introductions ne m’ont offert que des désillusions. Le directeur d’un théâtre qui vous promet la lune – et oublie votre nom avec votre travail. Un producteur qui vous assure que vous êtes géniale – et ne vous paie pas. Et ceux qui lorgnent votre cul en vous demandant ce que vous être en train d’écrire en ce moment : un cliché qui ne mourra jamais, toujours nourri par de nouveaux spécimens.

Un jour, j’ai pris ce qu’on appelle « une décision stupide », je suis partie écrire, loin des petites mains qui se serrent et se relâchent au gré des modes et des courants d’air de l’administration culturelle. J’ai quitté les planches, après avoir tant ramé pour y monter. J’ai quitté les planches avant même que quelqu’un se souvienne de mon nom. Ceux qui appellent ça la peur de réussir ont peut-être raison ; ce n’est pas cette réussite-là qui m’intéresse.

Je me prends à rêver au temps où les artistes ne signaient pas leurs œuvres ; les peintres d’icônes d’aujourd’hui n’apposent d’ailleurs pas leur nom sur leur travail. Où est passée l’humilité de l’artiste, serviteur du monde, guide des âmes, pont entre Dieu et les Hommes ?

J’ai pris un petit job « normal ». Il fallait payer les factures.

Ma boss est gentille, elle m’invite à dîner avec d’autres personnes de sa boîte.

Là, elles ont le malheur de vouloir savoir… « ce que je fais à côté ». J’avais bu pas mal de vin blanc. Dans un allemand hésitant, j’ai raconté quelques filaments de ma vie artistique, et voilà toutes ces dames bouche bée. Elles posent trente mille questions. Je m’embourbe sauvagement, tentant de leur faire comprendre que les premières de films sont parfois les soirées les plus chiantes du monde, que J.P. n’est pas si intéressante dans la vie qu’à l’écran, et que le « petit » job qu’elles m’offrent en ce moment me paie mieux que des années de théâtre.

Elles me prennent pour une snob qui crache sur le tapis rouge, et m’en veulent à présent. L’une d’elles m’a avoué le lendemain m’avoir « googelisée » après le dîner. Elle n’a pas trouvé grand-chose, mais le mythe est tenace. « Celle qui connaît truc, bidule et qui va aux premières de cinéma ». J’aurais dû me tenir bien coite, sage, peut-être même m’inventer une autre vie : n’est-ce pas la tâche d’un vrai écrivain?

J’ai un rêve ! Aller dans une soirée et me faire passer pour quelqu’un d’autre, toute la nuit. Que l’on me prenne pour une professeur d’italien, un pilote de chasse, un travesti. Humilier l’ambitieuse jeune femme en moi qui gratte les parois de la réussite. Faire grandir l’artiste qui se nourrit de tout, même du caca boudin. Et les autres auraient envie d’y croire, parce que c’est tellement bien raconté, tellement vrai, tellement plus vrai que la vie.

La tâche du vrai écrivain, en somme. Et si je pouvais au moins faire croire à une seule personne de cette soirée que je suis quelqu’un d’autre… alors j’aurais réussi quelque chose, non?

Sur ce, bonne nuit les petits!

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Classé dans Ma vie littéraire

Etre là

Manifestation contre Mediaspree à Berlin en 2009

Samedi après-midi à Berlin, un mois de juin où le temps se fait enfin divin! Qui veut aller avec moi à la manifestation contre Mediaspree? Personne. Mon chéri est en tournage. Les autres veulent buller dans des parcs, loin de la circulation, un bouquin à la main. Bien leur en prennent. Je ne leur jetterai pas la pierre. Pour qu’ils puissent continuer à buller dans des espaces publics verts et fleuris, pour qu’ils puissent continuer à boire des coups dans des bars le long de la Spree (le fleuve de Berlin), je vais manifester aujourd’hui.

Et je ne suis pas seule. Nous sommes plus de 1500 manifestants à protester contre ce projet urbain qui vise à construire un immense pôle de communication sur les bords du fleuve, en lieu et place des friches qui s’y trouvent. Nous ne ferons plus la fête au Bar 25, nous ne lirons plus nos BD sur le sable, nous n’aurons plus cette vue superbement poétique sur des rives nues, désertées de toute forme de commerce. Au lieu de cela, nous serons tous stagiaires à 400 euros chez MTV, Universal, O2 et toutes ces entreprises censées « créer des emplois ». Tout autour de ces hideuses constructions, la vie deviendra chère, on boira des cocktails aseptisés avec les touristes pour 15 euros, on mangera dans des McDo et on écoutera des produits MTV, Universal et O2 sur nos Ipod. Voilà ce qui attend Berlin, si l’on ne fait rien.

L’an dernier, déjà, ils ont réussi à fermer le Bar 25 dont je vous parlais ici. Le Bar 25 était pourtant devenu un haut de lieu de la fête, de la hype, et donc du tourisme festif. Pour être claire : il rapportait beaucoup de fric, faisait tourner beaucoup d’emplois, et contribuait au rayonnement de Berlin à l’étranger. Pas de guide Lonely Planet sans son chapitre sur le Bar 25. Un immeuble MTV saura-t-il susciter le même enthousiasme?

Jolie manif. Pacifique, joyeuse. Dans leur camion sonorisé, les organisateurs s’adressent aux passants dans la rue, les invitant à nous rejoindre. Ils expliquent pourquoi la construction d’édifices destinés à abriter ces grandes entreprises américaines va faire grimper les loyers des riverains, va chasser la vie de quartier et la remplacer par des séries de cantines pour businessmen sous-payés. Les looks des manifestants : robe d’été blanche-sandales en cuir ; minishorts-collant lacéré; punk sans chien ; chapeau melon-minijupe ; hauts-de-forme ; masques d’animaux ; intello sans style ; vieux beau rocker ; hippie sur le retour. Jean-baskets, souvent, beaucoup.

A la craie de couleur, sur le bitume, nous écrivons dans toutes les langues des slogans pacifiques. « Les rives de la Spree pour tous » est celui qui domine. La police nous accompagne, toute de verte vêtue. Cohabitation harmonieuse. A toutes les fenêtres, les mamas turques du quartier de Kreuzberg nous scrutent, voilées et dubitatives. Les serveuses du fast-food asiatique sont sorties pour nous regarder passer, la casquette du restaurant vissée sur leurs têtes.

Nous arrivons à l’Oberbaumbrücke, le pont où doit avoir lieu la fête de clôture de la manifestation. Il est prévu que des artistes se livrent à quelques performances politiques. Des cuisiniers turcs ont installés leurs stands de délices pour nous accueillir. Mais la police en a décidé autrement.

Maquette du projet Mediaspree à Berlin, vue depuis le pont Jannowitz

La musique, turque et électro, ne plaît plus aux uniformes verts. Ils veulent se saisir de nos hauts-parleurs fixés sur le toit de la camionnette. Dans le camion, l’organisateur crie : « Protégez les hauts-parleurs! » Nous nous jetons massivement sur le véhicule. J’aime toujours être au début de la manifestation, et je me suis retrouvée à deux centimètres des pares-chocs lorsque les policiers ont décidé de repousser le camion en sens inverse, au risque d’écraser certains d’entre nous. J’avais justement dans mon dos une manifestante en fauteuil roulant.

Ils poussent le camion, mais nous résistons. Alors ils commencent à taper. A partir de là, je n’ai plus vu grand-chose. Les gaz qu’ils nous balançaient me firent tant tousser que je dus reculer de 50 mètres. J’esquivai de justesse le jet d’eau qu’ils ouvrirent sur nous, mais peu d’entre nous eurent cette chance. Quand je reprends mes esprits, autour de moi, c’est la détresse. Ces hommes de trente ans, si vigoureux, à genoux, tremblant de tous leurs membres sous l’effet du gaz lacrymogène, et se laissant nettoyer les yeux à l’eau en bouteille par d’autres manifestants : je ne les oublierai jamais. Je me suis demandé si les policiers avaient honte, à cet instant-là, ou s’ils jouissaient de leur puissance.

Tout ça pour une paire de hauts-parleurs ficelés sur le toit d’une camionnette pourrie.

Un peu plus loin sur le trottoir, mon ami Steve, venu sur le tard avec des remords, a vu une jeune fille se prendre une baffe en plein visage par la police. Lorsqu’elle est tombée à terre, ils l’ont laissée là, comme ça.

Et on ne me fera pas le coup des casseurs. Il n’y en avait pas.

Je me demande si cette police-là protège les citoyens, ou l’idée, vague et communément admise, d’une « loi ». Quelle loi? Celle de l’État – donc des citoyens – ou des méga-firmes qui produisent la daube qu’on nous force à écouter à l’Eurovision, au supermarché, partout?

C’est ainsi qu’on crée les révoltes. Par la connerie.

Ils n’auraient pas dû arrêter notre fête, ils n’auraient pas dû arracher nos hauts-parleurs, éteindre notre musique, nous empêcher de dessiner et d’écrire à la craie sur les trottoirs, de manger de la cuisine turque et de croire, ensemble, tous, qu’on est là, qu’on a un pouvoir de décision. Quand, à force d’imbécilité, le divorce des générations sera consommé, la jeunesse ne pourra plus s’adresser à ces grandes entreprises pacifiquement. Et là…

L’appel à la résistance, en anglais, sur ce site : http://www.urbanartcore.eu/board-mediaspree-create-free-spaces/

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