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Le supplice du bouquin turc

torture

– Plutôt ça que de lire un bouquin!

Question torture, la Turquie en connaît un rayon, mais voilà qu’elle vient d’en inventer une, qui ferait rêver tous les blogueurs littéraires de ma connaissance.

En Turquie, donc, relate le Courrier International (reprenant l’article publié à Beyrouth par le journal An-Nahar), quand on n’est pas sage, certains tribunaux vous collent une peine de lecture. Exemple : un type chopé en état d’ébriété dans sa bagnole, a été condamné en 2006 à lire pendant une heure et demie par jour, sous surveillance policière. Le bonhomme, qui déclare qu’il aurait largement préféré quinze jours de taule, s’est enfui par peur de perdre la face devant son entourage. Mais le plus drôle de l’anecdote, c’est que, vivant en clandestin pour n’avoir pas honoré sa peine, il se mit à culpabiliser et à compulser toutes sortes de biographies. Et s’est pris de passion pour la lecture.

Toujours d’après l’article du Courrier International, certains condamnés se sentent profondément humiliés par cette peine pédagogique. La prison et la garde à vue leur semblent préférables. « Personne n’a le droit de jouer avec mon honneur », s’est écrié un homme (père et mari violent) à qui le juge avait imposé  de lire des livres sur l’éducation et la famille.

Que penser? En France, le premier type qui conduit bourré se jetterait sur l’opportunité d’avoir à lire du Marc Lévy pour se débarrasser de son amende, non?

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Dolce vita teutonne

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Photo Stefan Freimark

Berlin au soleil! Ne pas vivre ça, au moins une fois dans sa vie, est un crime!

Rien n’est plus divin que de s’allonger au bord du Landwehrkanal (charmant canal qui traverse le sud de la ville), les pieds dans l’herbe… avec le Courrier International pour pester au sujet de la crise financière avec sa meilleure amie, pendant qu’elle tente d’apprendre l’allemand dans un Assimil.

Une jolie étudiante aux cheveux châtains lit du Rilke au pied d’un arbre. Un couple se partage le Süddeutsche Zeitung (quotidien allemand). Les bords du Landwehrkanal, avec leurs myriades de bicyclettes et leurs colonies de cygnes blancs, sont une ode à l’espace public, le vrai, le pur : pas l’ombre d’un marchand de chouchous ou d’un gardien de gazon mal intentionné ; tout le monde a le droit de s’affaler dans l’herbe, de rencontrer la famille de son voisin, et même de se lancer dans un petit feu de camp ou de jouer de la guitare. C’est civilisé, libre, joyeux, et paisible à la fois. Les squatteurs de la grande péniche abandonnée et recouverte de graffitis ne diront pas le contraire. Ils se font dorer la couenne et les dreadlocks au soleil teuton, en fumant d’innocentes cigarettes roulées.

Parfois, la police passe dans le coin, petite voiture blanche et verte qui roule au pas. Les flics s’arrêtent, saluent un type, une connaissance. Les labradors bondissent dans l’eau calme, sans déranger personne. Les enfants des Turcs jouent avec les enfants des Teutons, l’espace d’un instant. On pourrait être nu, que ça ne choquerait personne. En Allemagne, se balader à poil en public n’est pas considéré comme un délit. « On est tous faits pareils! » clamaient toujours mes amis Carsten et Andreas, avant qu’ils ne larguent les voiles à Majorque pour élever des chèvres. Il faut dire qu’avec leurs corps de sages hindous, gavés de mangue et de citronnelle, ils n’avaient pas grand-chose à cacher.

Un vrai petit paradis, ce Landwehrkanal à l’ombre des saules pleureurs…

Ne croyez pas que cet interlude calme et ensoleillé va durer : bientôt, je vous chronique Afganisthan, le nouvel opus (très réussi) de Claude Baechtold aux éditions Riverboom! Attention, ça fait boum.

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