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Sur une plage à la Bergman : divagation d’été

Figure 1 : Magda à la plage (image du film « Monika » d’Ingmar Bergman)

Le mois d’août est à pleurer d’ennui. Pourquoi? Parce qu’en août, tout le monde se fout de tout. Il n’y a plus personne nulle part, ni sur les blogs, ni dans la rue, ni au resto (qui est fermé) ni dans les clubs (les DJ sont mauvais).

Les gens sont à la plage, serrés comme des sardines dans leur boîte en fer blanc, tentant vainement pendant quinze jours de « décompresser », de manière fort paradoxale, dans un lieu où l’oxygène vient à manquer sous les parasols et les couches de crème solaire.

Ou alors, ils sont sur Fessebouc. Ah oui, ca, c’est sûr, ils y sont. Tentez d’organiser une bouffe, et vous serez seul avec votre panier à pique-nique sur la pelouse du jardin du Luxembourg. Mais balancez des cupcakes et des bières virtuelles tous azimuts sur Fessebouc, et vous récolterez 34 amis dans la journée.*

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Classé dans Ma vie littéraire

Censure…

Jean-Paul Belmondo dans « A bout de souffle« , 1959

Depuis plusieurs jours, je subis, de la part de « lecteurs », des attaques d’une violence étonnante sur mon blog. Haine, insultes, misogynie, et j’en passe, sont au rendez-vous. Pourquoi? Je n’en sais rien. Un auteur vexé par un billet peu élogieux de ma part sur l’un de ses titres? Qui sait? Quelqu’un veut me décourager de tenir ce blog, et je me demande vraiment bien quelle importance une petite page web comme la mienne peut revêtir aux yeux de ce déchaîné.

Certes, je n’ai jamais visé le consensus, et récemment, je me vois bombardée de beaucoup de critiques, celles-là sans haine et parfois plus constructives. Je dois l’ouvrir un peu trop grand – et why not? j’aime ça. J’aime la discussion, aussi. Ces pages y sont ouvertes. Quant à la provoc’, elle est involontaire de ma part : suis-je vraiment si scandaleuse? Honni soit qui mal y pense…

La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe, ni même le pigeon des villes que je suis. Mais je me vois obligée de modérer les commentaires, parce que là, ça commence à bien faire. La dernière insulte en date consistait à me faire comprendre que j’étais une « salope frustrée de ne pas être un homme ». Mmmh… c’est un peu court, jeune homme.

Pardon d’avance à ceux qui ne verraient pas leur opinion immédiatement publiée. Et merci aux lecteurs qui continuent de commenter avec intelligence, font avancer la critique et partagent leurs idées sans hargne superflue. Pour eux, j’espère que ce blog est à la hauteur. Pour les autres… comme disait Bébel…

« Si vous n’aimez pas la mer… si vous n’aimez pas la montagne… si vous n’aimez pas la ville… allez vous faire foutre! »

(A bout de souffle de Jean-Luc Godard)

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Génériques

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La galerie KW, à Berlin

Les James Bond girls qui ondulent sur une musique inoubliable, l’oeil affolé de Vertigo, la Panthère rose qui s’amuse avec les titres… Ce sont tous des génériques de films qui font partie intégrante de notre imaginaire collectif. Et pourtant, le générique, c’est bien la première chose qu’on zappe sur notre lecteur DVD.

A tort, comme le démontre une superbe exposition au KW, à Berlin : « Vorspannkino ».

Dans quatre salles sont présentés, sur grand écran, les plus formidables génériques de l’histoire du cinéma. Où Spielberg côtoie Fincher, où Hitchcock fait de l’oeil à Caro et Jeunet. Oui mais : les génériques sont rarement l’oeuvre des réalisateurs eux-mêmes. Si Cocteau, Godard, Pasolini et Orson Welles aimaient à apposer leur griffe jusqu’aux titres de leurs œuvres, la plupart des réalisateurs font appel à des concepteurs de génériques. Fabriquer un générique de film est un métier et un talent à part, comme en témoignait Saul Bass, grand concepteur graphique mort en 1996, qui a collaboré avec les plus grands (Otto Preminger, Billy Wilder, Hitchcock). C’est lui, l’auteur des célèbres génériques de Vertigo et de Psychose.

Qu’est-ce qu’un bon générique? Un bon graphisme, une bonne musique. Ils doit donner le ton du film, ne pas en dire trop, savoir présenter les petites mains qui se cachent derrière le montage, les costumes, la réalisation. En regardant toutes ces vidéos, finalement plus proches de l’art vidéo que du cinéma, je me disais que les distributeurs de l’industrie cinématographique pourraient en prendre de la graine, au lieu de nous servir des bandes-annonces très souvent ratées, qui racontent toute l’intrigue du scénario et donnent une piètre image du film lui-même.

Un bon réalisateur choisit souvent un bon concepteur de génériques. C’est que les grands artistes ont conscience de l’importance de ce qui amène leur œuvre : tout est spectacle. N’avez-vous pas remarqué que les génériques de vos films préférés sont souvent excellents ?

Mon préféré, parmi tous les génériques jamais créés, reste celui du Mépris de Jean-Luc Godard, réalisé par ce dernier lui-même. Godard ne se contentait pas de briser les codes du cinéma avec des regards caméra, et une musique envahissant les dialogues. Il narrait le générique, par l’image et par la voix. Regardez plutôt… Entre la musique de Delerue, la photo de Coutard et la voix de Godard, j’en ai des frissons.

« Le cinéma, disait André Bazin, substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs ». Jean-Luc Godard dans le générique du Mépris (1963)

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