Archives de Tag: inavouable

Ces livres qui nous rasent : suite

Vu l’engouement que suscite le grand jeu des livres qui nous tombent des mains, je vous propose, parmi les titres proposés dans l’article précédent que vous pouvez également lire ici, d’élire le bouquin le plus épouvantablement somnifère de tous.

ATTENTION : il ne s’agit pas de décerner le prix du pire livre qui soit. Le livre rasoir est un livre qui est censé être excellent, mais qu’on n’arrive jamais à terminer. Tout la nuance est là.

La palme sera décernée le 1er octobre 2008. D’ici là, vous pouvez toujours proposer des titres de livres qui vous gonflent, vous barbent, vous endorment et vous fatiguent. Sans ménagement pour les grands classiques ni les auteurs panthéonisés.

A l’heure où je vous écris, Truismes de Marie Darrieussecq est en tête de peloton, suivi en deuxième position du Père Goriot de Balzac, à égalité avec L’oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar, Qumran d’Eliette Abécassis, Le rivage des Syrtes de Julien Gracq et Truismes et, last but certainement not least, La recherche du temps perdu de Marcel Proust.

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Ces livres qui nous rasent : le jeu

Quand le livre fait bailler…

C’est parfois inavouable, mais certains livres considérés comme excellents, voire classiques, nous rasent complètement des pieds à la tête, jusqu’à ce qu’il ne nous reste plus un poil sur le caillou. Je me suis dit que cela pourrait être très marrant de jouer avec vous, chers lecteurs fidèles ou de passage, à en établir une sorte de liste.

Je commencerai par un bouquin qui, pourtant, m’a passionnée jusqu’à la page 336 (il en reste 212) : Marie-Antoinette d’Antonia Fraser. Écrite par l’épouse du dramaturge Harold Pinter, cette vaste biographie, d’une richesse extrême, est pourtant fort bien rédigée et illustrée par des gravures, portraits peints et autres photographies des lieux fréquentés par la reine sans tête. Disons qu’à partir des débuts de la Révolution, j’ai commencé à lâcher totalement cette lecture. Sans doute parce que je savais comment tout cela allait finir : carrément mal. J’ai donc laissé Sa Majesté reposer dans ma bibliothèque.

Je poursuivrai par Maurice Merleau-Ponty et son célèbre L’œil et l’esprit. Ce livre me fait enrager. J’ai un sérieux problème avec les essais philosophiques – ou la philo en général. Disons que tous ces concepts que je m’acharne à retenir rentrent par un œil et ressortent par l’autre. Je me suis éreintée des heures à tenter de recueillir une seule miette de tout ce que la phénoménologie pouvait m’offrir : il n’en reste rien. Ne me demandez même pas ce qu’est la phénoménologie. Je le comprends sur l’instant, et je l’oublie aussi sec. J’ai repris L’oeil et l’esprit cent fois pour tenter d’en passer les vingt premières pages. En vain.

La marche de Radetzky de Joseph Roth, considéré comme un chef-d’oeuvre, me laisse de marbre.  Pourtant, les capitaines à fière moustache, l’Europe centrale, tout ça, c’est du sur-mesure pour moi. C’est inexplicable : ça me barbe outrageusement. La moustache, je la préfère lorsqu’elle ourle la lèvre sensuelle de Bel-Ami.

Enfin, vous allez tout me tomber dessus à bras raccourcis, mais je ne peux pas lire Guerre et Paix. Je sais, je sais. Je me suis flagellée mille fois, jusqu’au jour où j’ai décidé de ranger Tolstoï dans le tiroir des inavouables, une bonne fois pour toutes. Cette lenteur qui n’est pas contemplative, cette absence de lyrisme, cette sécheresse des personnages m’a complètement emmerdée. Et même l’opéra tiré du roman par Prokofiev me jette dans les bras de Morphée.

A vous de jouer maintenant à compléter la liste des inavouables… Je mettrai ce billet à jour pour que nous puissions tous en profiter!

LA TERRIBLE LISTE DES INAVOUABLES RASOIRS (par ordre alphabétique des titres)*

Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (Neige)

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (Gondolfo, Neige)

L’alchimiste de Paulo Coelho (Daniel Fattore)

Les aventures de Stéphanie Plum de Janet Evanovich (Amanda)

L’assomoir d’Emile Zola (Christophe)

L’aveuglement de José Saramago (Fashion)

Le barbier de Séville de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (Christophe)

Le bal d’Ismaïl Kadaré (Christophe)

Belle du Seigneur d’Albert Cohen (Magda)

Le chameau sauvage de Philippe Jaenada (Fashion)

La chartreuse de Parme de Stendhal (Roxane)

La chute d’Albert Camus (Christophe)

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (Arbobo)

La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole (Neige)

La contrevie de Philip Roth (Cécile de Quoide9)

La course au mouton sauvage de Haruki Murakami (Amanda)

Critique de la raison pure d’Emmanuel Kant (Stéphane)

De l’extermination considérée comme un des beaux-arts de François Meyronnis (Stalker)

L’écume des jours de Boris Vian (Roxane)

En avoir ou pas d’Ernest Hemingway (Arbobo)

L’esprit des lois de Montesquieu (Marco)

Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq (Arbobo)

Faust de Johann Wolfgang von Goethe (Neige)

Les frères coeur de lion d’Astrid Lindgren (Agnès)

Les frères Karamazov de Dostoïevski (Fashion)

Germinal d’Emile Zola (Arbobo)

Guerre et Paix de Tolstoï (Magda)

L’homme sans qualités de Robert Musil (Cathululu)

L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera (Nicolas BàL)

La jalousie d’Alain Robbe-Grillet (Holden)

La marche de Radetzky de Joseph Roth (Magda)

Marie-Antoinette d’Antonia Fraser (Magda)

Martine à la plage de… qui déjà? (Arbobo) ah mais bien sûr, c’est de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier! (merci Djac Baweur)

Les mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar (Papillon)

La modification de Michel Butor (Arbobo)

Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe (Stéphane)

Nedjma de Kateb Yacine (Kellouza)

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (Djac Baweur)

L’œil et l’esprit de Merleau-Ponty (Magda)

L’oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar (Funnyface, Papillon)

Les particules élémentaires de Michel Houellebecq (Amanda)

Le Père Goriot d’Honoré de Balzac (Neige, Cécile de Quoide9)

Le potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos (Cécile de Quoide9)

Le prophète de Khalil Gibran (Cécile de Quoide9)

Qumran d’Eliette Abécassis (Pierre Rissoan, Funnyface)

Le rivage des Syrtes de Julien Gracq (Nicolas BàL, Funnyface, Fashion)

Un roi sans divertissement de Jean Giono (Funnyface)

Le rouge et le noir de Stendhal (Roxane)

Sinouhé, l’Egyptien de Mika Walatri (Amanda)

Les souffrances du jeune Werther de Johann Wolfgang von Goethe (Neige, Magda)

Des souris et des hommes de John Steinbeck (Arbobo)

Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry (Funnyface)

Le Tour du Monde en 80 jours de Jules Verne (Mo)

Truismes de Marie Darrieussecq (Funnyface, Magda, Marco)

Ulysse de James Joyce (Jennifer M.)

Une vie divine de Philippe Sollers (Stéphane)

Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (Holden)

Waltenberg de Heddi Kadour (Marco)

Zone de Mathias Enard (Stalker)

* Je précise que chaque personne ayant participé au jeu est totalement responsable de ses choix. Je n’aimerais pas que Mister Kundera, que j’adule, vienne me taper sur les doigts pour ce qu’a osé écrire Nicolas BàL! :-)

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Les petites culottes de ma pote

Ma plus folle amitié féminine est née lors d’un atelier d’écriture.

Elle était là, tapant du pied pour imposer sa vision du cinéma à un prof un peu mollasson, le cheveu noir et l’œil émeraude, moderne, garçonne, insupportablement intelligente. Elle avait la gouaille de Depardieu et le style de Juliette Lewis. Un mélange détonnant. On s’est mise à travailler ensemble sur un petit scénario. D’un commun accord, nous avions pris comme point de départ le texte de La femme juive* de Brecht. Personne, parmi les jeunes scénaristes du cours, n’a vraiment compris notre histoire. Peu importe : nous venions d’embarquer pour une amitié parfaitement indéfectible. Il y a eu les fêtes, les concerts, les heures sans fin dans la nuit à parler de livres et de cinéma, et le monde tout autour pouvait bien s’écrouler : Madame de… et moi, nous nous étions trouvées.

Comme par hasard, Madame de… et moi sommes devenues célibataires au même moment. Les choses sont devenues incontrôlables. Il n’y avait plus aucune limite à nos rendez-vous littéraires, cinématographiques et amicaux. De film en bouquin, de voyage en discussion, nous sommes devenues les sœurs siamoises, la blonde et la brune, sorte de tandem fêtard et barjot, obsédé par la culture. Si bien qu’au bout d’un certain temps, nous avons compris que notre fusion parfaite pourrait faire obstacle aux futures rencontres amoureuses. Tacitement, Madame de… et moi avons décidé de vivre nos petites passions annexes chacune de notre côté, sans trop les partager (même si c’était le fantasme bizarre de bon nombre de garçons croisés dans nos pérégrinations).

Or, un beau jour, un ancien amoureux traîne chez moi, ressassant, on ne sait pourquoi, des souvenirs qui n’ont plus lieu d’être (« tu te souviens quand je t’ai emmenée à Maubeuge, le clair de lune était magnifique… »). Sur un fil, au-dessus de ma baignoire, pendent ma lingerie et mes bas noirs fraîchement lavés**. Il attrape une petite culotte d’un air coquin et la brandit : « Je t’en ai volé une, je ne te la rendrai pas! » Je regarde l’objet et je me vois obligée de lui expliquer que cette petite chose en coton n’est pas à moi. Qu’elle appartient à Madame de…, et qu’il va bien falloir qu’il la rende. Le vieux soupirant me regarde perplexe. « Tu laves les petites culottes de ta pote? ». Difficile de répondre à cette question sans avoir l’air lesbien ou masochiste… Me voilà forcée de raconter toute l’histoire.

Magda : Madame de… est venue dormir récemment à la maison.

Le vieil amoureux fronce les sourcils. Il croit que j’ai viré ma cuti.

Magda : Tu ne me crois pas ? (Je lui mets un exemplaire des nouvelles de Maupassant sous le nez). C’est à elle aussi. Elle me l’a lu toute la nuit. Elle n’avait jamais ouvert Maupassant avant de me rencontrer. Elle m’en a lu des passages à haute voix jusqu’à quatre heures du matin. On a tellement ri qu’on n’en a pas dormi de la nuit.

Rien à faire, l’amant des temps anciens me regarde d’un œil charbonneux – Dark Vador, à côté, à l’air d’un souriceau inoffensif.

Le vieil amoureux : C’est ça, bien sûr. Donc Maupassant vous fait rire, Madame de… laisse des culottes traîner chez toi, et moi, je suis Benoît XVI.

Magda : Pourquoi, tu ne trouves pas ça drôle, Maupassant ? C’est tellement moderne…

Mon chevalier servant a cru que je me foutais ouvertement de sa gueule. Il est sorti sans crier gare en claquant la porte d’entrée. Et nous qui devions aller dîner dehors! Il ne me restait plus qu’à me faire des pâtes Leader Price. J’appelle Madame de…

Magda : Tu le trouves comment, mon ancien amoureux ?

Madame de… : J’ai le droit de dire ce que je pense ?… et toi, tu le trouves comment, le chevelu qui me draguait hier ?

Magda : Pas à ta hauteur.

Madame de… : On est foutues.

A cause de Brecht, Maupassant et Madame de…, il est possible que je ne trouve jamais de mari, de labrador ni de pavillon en banlieue. C’est pas facile, la vie d’une snob littéraire.

*In « Grand-Peur et Misère du Troisième Reich », Bertolt Brecht.

** J’en raconte trop, là? Allons, pas plus qu’Angot ou Millet, tout de même…

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Bel-Ami a le cafard

Sagamore Stévenin incarne Bel-Ami, dans l’adaptation télévisée de Philippe Triboit

Je l’avoue tout de go* : je n’avais jamais lu Bel-Ami. Pourtant, je suis mordue de Maupassant – comment ne pas l’être. Or, voilà que, perdu dans un recoin de mon antre bourguignonne, je mis la main, la semaine dernière, sur un exemplaire de Bel-Ami, corné et annoté par ma petite sœur qui faisait semblant de le lire pour son bac, il y a déjà sept ans de cela. Quelle aubaine! Je le lus. Pas complètement toutefois. Car, bien qu’admirablement happée par la verve sublime de Maupassant, je dus interrompre ma lecture (Maupassantus interruptus, dirait notre ami Christophe) à cause d’une une catastrophe « naturelle ». Lisez plutôt.

Bel-Ami, ce salaud d’arriviste à la moustache fine**, me suivait partout, dans le jardin bourguignon au coeur des bosquets d’althéas, sur les banquettes de skaï de la vieille micheline qui me ramena d’Auxerre à Paris et parmi les voyageurs blasés du métro parisien. Enfin, la vie effrénée de la capitale s’empara à nouveau de moi, et je laissai pour une petite soirée seulement mon bel ami reposer près de mon ordinateur, sous la lumière bienveillante de ma lampe de bureau. Ce soir-là, je m’adonnai sans retenue à une fiesta largement arrosée de champagne ; Bel-Ami y assistait, sagement alangui dans le salon, sans un mot. Maupassant se taisait. Vers une heure du matin, après un rangement sommaire des cadavres de bouteilles et de bouchons sauteurs, je m’approchai de Bel-Ami pour l’emporter dans mon lit, légèrement ivre et ravie de me blottir entre ses pages.

Mais il avait le cafard. Ou plutôt, UN ÉNORME CAFARD avait installé ses quartiers d’été sur sa couverture.

Parfois, on ne se sent pas du tout, du tout, du tout l’âme d’une Lara Croft. Donc, je poussai un hurlement strident digne d’un manga pour écolières. Que faire? Abandonner Bel-Ami à la Bête immonde? Laisser souiller ses délicieux favoris par ce monstre couleur chiasse? Après un examen tremblant de la situation (la bête est là, ses antennes rabattues devant elle, ivre peut-être elle aussi… elle ne semble pas consciente de la terreur qu’elle m’inspire), je prends l’aspirateur et me précipite avec des cris de dégoût sur cet animal indigne d’existence. Mais voilà que Bel-Ami résiste, la couverture se plie sous la puissance de l’aspirateur, la bestiole est coincée à mi-chemin du conduit, la tête se débat à l’extérieur et dans mon angoisse, je donne plus de voix que la Castafiore en répétition. Ma main, qui à cet instant ressemblait à celle de feu Jean-Paul II en pleine période Parkinson, s’abat sur un coin du livre pour le maintenir, la bête disparaît dans la tornade de la machine et mon pied écrase le bouton marche-arrêt. C’est fini. Le calme est revenu.

Comme mue par une télépathie dont je lui suis totalement reconnaissante, Madame de… appelle à cet instant pour me sommer de finir la fiesta dans son palace délabré (Madame de…, dite aussi J., squatte cent mètres carrés en travaux en plein Paname). C’est pas là-bas que j’aurais le cafard. Zou, je m’enfuis chez Madame de…, en serrant convulsivement Bel-Ami contre ma poitrine.

Quand soudain, en fermant la porte, une pensée terrible m’arrête…

Merde… et si j’avais aspiré Kafka?

* On n’emploie pas assez « tout de go ». J’ai décidé d’en rétablir l’usage.

** Bel-Ami raconte l’histoire d’un jeune homme sans le sou, qui grimpe les échelons de la société en utilisant sans vergogne son pouvoir de séduction sur de pauvres femmes éperdument amoureuses de lui.

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Je suis vulgaire…

… pas autant qu’elle, tout de même.

Je me croyais snob littéraire, en réalité, je suis très vulgaire.

J’en ai pris conscience en lisant cet article-là. Il est vrai que quand je consultais mes statistiques de blog, et notamment les recherches par moteur qui ont permis à de nouveaux lecteurs d’arriver sur Ce que tu lis, je riais naïvement. C’est tout de même fou, le nombre de recherches du type « elle baise avec ma femme », « vieilles baisent dans forêt », ou encore, gracieux et très sobre, « elle baise ». Je riais sottement, pensant que la gent masculine (ou pas…) avait vraiment des obsessions comiques. Quand tout à coup, je me suis rendu compte que c’était à cause de ma plume, parfois bien cavalière et susceptible de causer ce genre de malentendus. Car, San Antonio m’en préserve, je n’ai jamais écrit d’article sur des vieilles qui s’envoient en l’air dans la forêt de Rambouillet.

Comment une jeune femme aussi bien élevée que moi (les couverts à poisson, la révérence, l’usage du Bottin Mondain n’ont pas de secret pour moi, merci Bon-Papa et bonjour Nadine de Rothschild, même si c’est une roturière comme dit mon père) peut-elle rédiger des titres comme « Joan baise-t-elle avec un mouton » sans rougir de honte? Employer sur son blog, à tort et à travers, des termes qui feraient rigoler toute une colonie de vacances (prout, merde, etc., je passe le reste) et conseiller des lectures coquines à faire se pâmer le Marquis de Sade en personne? Avoir une catégorie d’articles baptisée Sorties cul(turelles)? Halte-là. Tout ça est vraiment dégueulasse répugnant.

Oh, et puis après tout, je m’en fous moque. François Villon, Céline, Bukowski, Paul Auster, T.C. Boyle, Alfred Döblin, Léo Ferré, Virginie Despentes, tous me trouveraient bien bleue à côté d’eux. J’adore leurs grossièretés, leur vulgarité littéraire qui les a propulsés au sommet, et je les contemple du haut de mes petits gros mots avec l’impatience de manier la plume populaire aussi bien qu’ils l’ont fait. Tant pis si ce n’est pas joli dans l’écriture d’une jeune fille. Je m’en bats les … br… tape balance fous moque éperdument! Alors, hop, le Bottin Mondain, tu sais ce que j’en fais? Je me le cale sous le cul les fesses et je tente de me hisser à la cheville de Monsieur Céline. Pour voir sous ses jupes. Car un nom pareil, ça laisse songeur sur la nature sexuelle de l’auteur.

Vive la vulgarité littéraire!

PS : J’ai trois interviews magnifiques à publier sous peu, avec des messieurs magnifiques dedans. Ainsi, les plus délicates d’entre mes lectrices me pardonneront peut-être mes écarts de langage?

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Faute, balle de match

Il y a cinq minutes, j’étais sur le blog de Marco, La littérature du sous-sol. « Se rappeler de moi », mentionne l’hébergeur en bas de la page de commentaires. Hein? Quoi? « Se rappeler DE »? M’exclamè-je. Quelle honte! Au pied d’un blog si bien rédigé, cette tache!*

Me voilà, Magda, chienne de garde du joli français. Le cheveu gras et pendouillant sur un front boutonneux, la jupe longue et plissée sur un genou cagneux, l’oeil vif derrière un triple foyer à l’affût de la moindre faute qui souillerait la langue de Molière. Gnark gnark! J’aime pas les fautes de français, et y en a partout. Avez-vous remarqué?

« Au jour d’aujourd’hui » = et à l’heure de maintenant, et à la minute de la soixantième seconde, hein? c’est pas un peu redondant, ça? Quelqu’un a-t-il l’heure?

« C’est pas de ta faute, Magda, si t’es conne » = c’est pas TA faute, Magda, si t’es conne, est bien plus correct.

« Ah, je me rappelle de toi, Magda, comment tu es conne! » = Ah, je me souviens de toi, Magda, comme tu es conne. Ou bien : Ah, je me rappelle, Magda, comme tu es conne. Voilà, mon cher enfant, la tournure qui m’insultera le mieux.

« Magda est nominée aux césars de la meilleure actrice… » = NOMMEE, nomméeeeeeee! Voilà ce que je hurlerais si j’entendais Jean Rochefort m’appeler sur scène avec sa compression dorée à la main! « Nominer » est une erreur qui nous vient de… Romy Schneider. En allant chercher ou remettre un césar, je ne sais plus bien, elle a dit « nominer » ; mais je le lui pardonne, non seulement c’était la plus belle, mais le français n’était pas sa langue natale.

Certes, ces fautes sont laides. Mais le pire, attention, c’est que le point-virgule menace de disparaître. Il paraît que les romanciers et les journalistes ne l’utilisent plus. C’est très préoccupant. Je vais donc en user et en abuser dans les lignes qui suivent ; or, « le point-virgule s’utilise avec deux membres distincts qu’on veut mettre en opposition ou en parallèle » ; il se trouve que je passe ma vie à mettre des membres en parallèle et en opposition ; surtout en ce moment sur ce blog. Ouf, je crois bien que le point-virgule a repris des couleurs ; comment vous sentez-vous, ami P-V? « Fort bien ; depuis Proust, j’ai rarement été si utilisé ».

Bien. Maintenant, citons les fautes très laides et très drôles. « J’ai des yeux de lumpe« , « La couche est pleine« , « J’en ai par-dessus le paletot » : ne croyez pas que j’invente, j’ai tout entendu de mes oreilles, j’ai vu ces gens de visu (arrrrrgh!). Là, on frôle la poésie absurde, Beckett n’est pas loin.

Vous avez bien ri? Ce qui est moche, c’est qu’on est tous aussi sujet à ce genre de conneries. Qui n’a jamais écrit « Autant pour moi » au lieu de « au temps pour moi »? Qui ne s’est jamais autorisé à dire « Malgré que » puisque Proust en fait l’usage dans La Recherche? L’auteur dramatique Pierre Notte s’en amuse souvent. Ses personnages se reprennent les uns les autres et le langage devient délirant… Un vrai bonheur. Fouillez bien votre mémoire : quelle est la pire faute de français que vous ayez commise? Euh… Et aussi… quelqu’un peut-il me dire en quoi l’expression « par contre » est moins élégante qu' »en revanche »?

Vous avez parfaitement le droit de me dire que ce billet ne sert à rien. Mais quoi! Le futile est beau, la langue est belle, et c’est tout… :-)

* Petit rappel à nos amis publicitaires : un produit puissant contre les TACHES, pas tâches. Grrr… Faites (des économies), pas faîtes…

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L’attaque du mini-soldat

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L’âge est venu frapper à la porte de ma niche ce matin.

Il s’est présenté sous la forme d’un vaillant petit soldat armé d’une lance, ou plutôt d’une pique : T’ES VIEILLE, T’AS UN AN DE PLUS!

Je n’ai pas eu le coeur de le refouler. Il était jaune et paraissait inoffensif. Je l’ai accueilli dans ma niche.

Mais je l’ai déjà vu. C’est lui qui se pointe tous les 6 mars depuis vingt-sept ans sur mon seuil, pour me rappeler qu’il reste beaucoup de choses à faire et que Rimbaud avait onze ans de moins quand il a écrit le Bateau ivre. Il va me gonfler toute la journée, je le sens.

Ce soir, je vais le noyer dans la fête et l’alcool et on verra bien ce qu’il en restera demain! ;-)

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