Archives de Tag: Irak

Premières dames d’Irak

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Etre une femme et tourner un film en Irak… yes, we can.

Vous souvenez-vous de mon voyage irakien? L’atelier de cinéma documentaire au Kurdistan d’Irak se poursuit à Suleymania, la deuxième ville de la région, avec les formateurs français et les stagiaires des télévisions irakiennes.

Avec, cette fois-ci, une belle nouveauté : une équipe entièrement composée de femmes tourne son premier film au Kurdistan d’Irak. Un grand pas pour le cinéma documentaire irakien, non?

Des films, des aventures, des gens, de l’humour, des rebondissements… suivez cette expérience hors du commun sur le très beau blog Doku3, réalisé cette fois par Darjeeling Bouton, en direct de Suleymania.

Partager le savoir-faire des cinéastes et des techniciens français avec un pays toujours à feu et à sang n’est-il pas une belle initiative? Apporter de la vie, de l’espoir, donner des envies de carrière et du courage à ces citoyens qui ne se sont pas laissés abattre par le conflit, mais relèvent la tête avec leur joie de vivre incroyable? Apprendre d’eux cette admirable attitude face à l’horreur de la guerre, et créer des liens d’amitié entre deux pays si lointains (la France et l’Irak)? Bravo encore à Fulvia Alberti et Baudouin Koening, à l’initiative de cette aventure cinématographique. C’est là que l’art prend tout son sens. Un art connecté à la réalité, qui rend le quotidien tout à coup plus vivant.

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Un temps pour l’ivresse des chevaux

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Bahman Ghobadi (à droite) dirigeant Ayoub Ahmadi sur le tournage d' »Un temps pour l’ivresse des chevaux ».

Bahman Ghobadi est un réalisateur Kurde iranien dont j’ai beaucoup entendu parler lors de mon passage en Irak. Il fallait que je découvre son travail, et j’ai commencé par Un temps pour l’ivresse des chevaux, étrange titre pour un film surprenant, Caméra d’Or au Festival de Cannes en 2000.

Ayoub, ses deux sœurs et son petit frère difforme handicapé par une maladie hormonale, se battent de toutes leurs forces pour survivre dans un monde où tout les écrase et personne ne leur vient en aide. Avec d’autres enfants, ils se livrent au trafic de marchandises entre l’Irak et l’Iran, sous la coupe d’adultes froids et sans considération pour leur jeune âge. Les marchandises sont acheminées à dos de mule, des mules à qui l’on fait boire de l’alcool pour les aider à lutter contre le froid et la crainte des embuscades tendues par la police. Dans la neige épaisse des montagnes kurdes, les enfants en ribambelle suivent les chevaux harnachés de pompons multicolores, eux-mêmes chargés de lourds paquets sur leurs épaules qui n’ont que dix ou douze ans… et parfois moins.

Sans aucun misérabilisme, et parfois avec un humour subtil, Bahman Ghobadi nous donne à voir une enfance détruite qui reste vaillante, pure et généreuse face aux coups du sort répétés et à l’égoïsme terrifiant des grandes personnes. Solidaires entre eux, les enfants de ce film agissent comme de véritables adultes, prenant soin des plus faibles, travaillant pour subvenir à leurs propres besoins et partageant le peu qu’ils ont entre eux. On peut y voir une métaphore, celle de l’espoir d’une génération meilleure pour le Kurdistan, une génération prête à affronter les tourments du monde sans pour autant marcher sur les pieds de son voisin. Etonnante scène où Ayoub rencontre un enfant serveur dans un café, qui, avec le sérieux d’un adulte et la fraîcheur de coeur d’un enfant, lui explique comment il faut agir pour se faire payer et respecter par les trafiquants de marchandises.

Le film pose mille questions, ne donne pas de réponses, à part celle-ci : la pureté du coeur existe, le courage n’est pas forcément lié à la force et à la violence. Film peu bavard, étiré dans des plans superbes d’enfants en pantalon traditionnels qui bondissent sur les crêtes enneigées des montagnes, et d’intérieurs « peints » comme des toiles de Le Nain. La puissance émotionnelle de l’histoire n’est jamais soulignée que par le jeu sobre et incroyablement juste de ces enfants acteurs. Parions que les yeux profonds du petit Ayoub resteront gravés dans votre mémoire cinématographique.

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Dernière lectures urbaines

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Merci à Sébastien Fantini, un inconnu du Net à qui j’ai volé cette belle photo du métro parisien.

Le métro parisien… Vous connaissez peut-être l’histoire d’amour-haine qui me lie à lui. Je déteste ses couloirs, ses wagons, ses malotrus, ses obsédés sexuels, ses jingles d’information, et sa poésie à deux balles affichée au dessus des pubs Wall Street Institute… Mais c’est tout de même un endroit magnifique pour se régaler en lisant par-dessus l’épaule de ses voisins. Voyeurisme littéraire dont tous les Français semblent affectés.

Or, je quitte bientôt ce serpent de métal vert chewing-gum. Je ne le verrai plus, je ne l’entendrai plus et je ne le subirai plus. A peine rentrée d’Irak, je fous le camp pour Berlin, et pour un bon bout de temps. Je ne pouvais donc décemment pas quitter Paris sans jeter un oeil sur les lectures de mes concitoyens de la ligne 13. Dernières impressions des lecteurs du métro parisien, volées au portable… j’en connais une qui va aimer ça.

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Un jeune homme lit un article sur le Sahara dans Jeune Afrique, (petite dédicace à mon ami Jamal Penjweny qui travaille notamment pour eux comme photographe depuis Bagdad !) quand un coup de fil de sa môman le somme de dire où il se trouve : « Je suis dans le métro, je peux pas parler fort, Maman ». Deux secondes plus tard, il hurle : « Dans le métro, Maman! ». 

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Un cadre sup’ travaille son accent chinois dans un grand classeur, sa mallette à ordinateur portable sur les genoux. « Na o cheu… chi chan oh cheu… » (transcription grossière et minable, pardon à toute la communauté chinoise de Paris). J’adore. 

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Petit bonus très flou pour les fêtes… Ambiance eighties, un couple d’amoureux à une heure trente du matin… lui, tenait Demande à la poussière de John Fante à la main. Je ne sais pourquoi, je trouvais cela follement romantique…

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