Archives de Tag: librairie

Librairie en danger!

(Ceci est la reprise du billet de Superfaustine qui se bat pour sauver une librairie)

Il était une fois, une librairie.

C’est une grande librairie, spécialisée en sciences humaines, où on trouve quantité d’ouvrages (philo, littérature classique et contemporaine, littérature française ou étrangère, cinéma, histoire, langues vivantes ou mortes, histoire de l’art, poésie, théâtre et autres)

librairie

Hélàs, la petite librairie, qui fête ses 23 ans cette année, est en proie à de terribles prédateurs.

Les banquiers.

banquiers

Depuis trois ans, la petite boutique tente de survivre à la gangrène universitaire grandissante.

bras cassés

A cause de cette équipe de bons à rien, l’université voisine est entrée en grève.

La première année, les banquiers, aimables à l’époque, ont prêté de l’argent à la librairie.
La deuxième année, le père fondateur de la petite librairie ne s’est pas versé de salaire pendant 9 mois.
La troisième année… c’est maintenant.

Les banquiers ne veulent plus prêter. Les dettes s’accumulent. La librairie est en train de couler.

Si vous avez envie d’agir, aidez-nous. La librairie Palimpseste participe au festival Paris en Toutes Lettres le premier week-end de juin. Elle sera pour l’occasion ouverte de 9h à minuit. Les olibrius de ma classe et moi-même allons tenter de faire des animations, une soirée camping dans la librairie, d’organiser un concert, une exposition de dessins, etc… etc…

C’est l’énergie du désespoir, mais c’est toujours mieux que pas d’énergie du tout.
Si vous êtes dans les parages, vous serez les bienvenus!
Si vous avez des idées, elles sont aussi les bienvenues!

Merci de faire circuler l’information au maximum autour de vous.

Librairie Palimpseste, 16 rue de Santeuil, 75005 Paris, métro Censier Daubenton.
Paris en toutes lettres, du vendredi 5 juin 2009 (19h) au dimanche 7 juin 2009 (22h).

Le programme ICI !

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La librairie s’enflamme

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A Athènes, décembre 2008, révolte de la jeunesse après le meurtre d’un étudiant par un policier.

« Dear Friends, there is a discussion on the recent event in Athens the coming Saturday 10th of January at bbooks in XBerg.  It will be nice to see you all.
Best,
Giorgos »

A la suite de cette intrigante invitation à une discussion politique autour de la récente révolte de la jeunesse athénienne, je me suis rendue à la Librairie b_books, à Berlin. Une librairie très active qui édite parfois elle-même quelques essais sur les arts du spectacle, le cinéma et la politique internationale, et où l’on peut trouver en anglais et en allemand de quoi régaler son cerveau affamé de philosophie et de pensée post-moderne. b_books est gérée par dix personnes, dont certains, comme Stefan, sont des réalisateurs de films expérimentaux. Bref, Berlin dans toute sa délicieuse splendeur : intello, passionnée, rebelle, et toujours prête pour un échange, généreuse envers tous ceux qui le souhaitent.

Georgios Papadopoulos est chercheur dans le domaine de la finance, à la Jan Van Eyck Academie & Erasmus University Rotterdam. Voulant partager son expérience des événements grecs de décembre 2008, il revient sur les faits, expliquant à quel point ce mouvement de révolte de la jeunesse à la suite de l’assassinat d’un étudiant par un policier a trouvé de multiples résonnances chez les générations précédentes. Makis, jeune producteur de cinéma, explique ainsi que sa mère lui a dit « Bravo » pour la première fois de sa vie. « Notre génération n’a pas de futur, souligne-t-il. En Grèce, la cellule familiale constitue le coeur de la société. Les gens de tous âge se sentent concernés par les conditions de vie précaires des jeunes ». On est bien loin du divorce parents-enfants français…

Théoriser la révolte : bien, ou mal? Telle était la majeure question posée ce soir-là. Car si Georgios estime nécessaire de préserver la spontanéité du mouvement des jeunes sans la « contaminer » par trop de pensée théorique, d’autres prônent « l’organisation politique » (Katia, 37 ans, libraire), « l’utilisation des outils démocratiques et des institutions européennes pour se regrouper » (moi), et « l’exploitation massive des outils culturels comme vivier d’idées pour construire une pensée libre, pas trop intellectualisée » (Tobias, 30 ans, travaille dans la pub).

Nous sommes tous sortis de là heureux d’avoir pu en parler. Berlin est encore et toujours cette ville où les échanges européens peuvent avoir lieu, où le dialogue n’est pas un vain mot. Dans la petite librairie, les cartes de visites, les emails et les numéros de téléphone s’échangent. « Il faut en reparler », « On se voit le mois prochain pour voir ce qui a été fait », « Envoie-moi ce document, je ferai une conférence à la fac dessus »… Ce n’est pas 68, ce ne sont pas des activistes d’extrême-gauche, mais des instits, des étudiants, des serveurs, des artistes, des écrivains… ils réfléchissent à un moyen d’action. Au meilleur moyen de s’organiser, de comprendre et de tirer les conclusions de la révolte qui enflamme régulièrement la jeunesse à « 600 euros par mois ». Parce que ça ne peut plus continuer.

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La kamikaze du livre

Ou comment j’ai fini par acheter le livre de Pénélope Bagieu

L’automne, c’est la ruine pour mon portefeuille. Autour de moi, tout le monde a décidé de naître entre la mi-septembre et le début novembre. Entre ces deux échéances, c’est l’hécatombe, j’ai une dizaine de cadeaux à faire. Généralement, je prends mon temps pour préparer l’achat, le personnaliser, traquer les goûts de la personne ciblée, bref : offrir est un art auquel j’adore me livrer. Mais pas lorsque le mois d’octobre ressemble à la course aux cadeaux de Noël.

Alors, bêtement, j’ai décidé de TOUT acheter d’un bloc, au même instant et au même endroit. C’est donc dans une enclave parisienne sur quatre étages, située près d’une triste gare dont la bousculade quotidienne des passagers de banlieue est la seule animation valable, que je me suis livrée au suicide de mon compte en banque. A la FNAC. J’ai juste décidé que tout le monde aurait des bouquins.

Ça va saigner.

Tenue de combat : baskets / jean / pull = la criminelle se fond totalement dans la masse. J’avais même pas de rouge à lèvres. Je me sentais transparente.

Durée du raid : quarante-cinq minutes entre le rayon romans français, romans étrangers, BD et livres d’art.

Je pars à l’attaque, l’ennemi se déploie autour de la carlingue de mon engin (ma parka à capuche moumoutée en lapin qui fend la bise hivernale).

1. Tête de gondole : Lecteurs du dimanche en quête du dernier best-seller : une race dangereuse. Ils entrent dans le rayon, fondent sur leur objectif, vous bousculent au passage, s’en foutent, et ne pensent qu’à payer leur Dan Brown pour le dévorer dans le métro. Une heure aller pour le Dan Brown, suivie d’une heure retour, je vous garantis qu’ils l’auront fini en arrivant chez eux. Quant à moi, je slalome entre les têtes de gondoles et j’arrive saine et sauve au rayon qui m’intéresse. Ouf.

2. Rayon romans français : il se situe juste après le rayon « romans étrangers ». Mon chauvinisme incurable en est extrêmement froissé. Je me permets un grognement d’agacement dans le cockpit, « p… j’hallucine on se croirait aux Etats-Unis » salué par un civil en goguette, un vieux monsieur à chapeau : « Vous avez bien raison mademoiselle! » C’est ainsi que je me rends compte que je suis arrivée en terrain allié. Je réapprovisionne mes réservoirs en romans d’Alice Ferney (Les autres, La conversation amoureuse, Grâce et dénuement), puisque j’offre toujours du Alice Ferney depuis qu’on m’en a offert, et surtout parce qu’elle vient d’en sortir un nouveau, Paradis conjugal. Je repars gonflée à bloc.

3. Rayon bandes dessinées : voilà un territoire que je n’ai pas encore complètement conquis, mais sur lequel j’ai déjà placé quelques balises. Disons que je commence, pour des raisons professionnelles que je ne peux vous dévoiler encore, à m’intéresser de très près à ce genre littéraire. Et comme Martin (oui, vous savez, le dessinateur blogueur qui possède ce coup de crayon dont je suis amoureuse) m’avait vanté les mérites d’Emmanuel Guibert et de sa série Le photographe, j’ai piqué sur la toute récente intégrale du même nom qui regroupe les trois tomes de ces aventures entre dessin, texte très documenté et photos de reportage. Le problème, lorsqu’on connaît mal une zone de combat, c’est qu’on a vite fait de s’enliser dans les marais ou la forêt vierge, qui, il faut le dire, est très attirante. Me voilà soudain entourée par des blessés qui gisent au sol, lisant sans fin Garfield, Snoopy ou Manara – avez-vous remarqué la proportion de garçons prépubères qui squattent les rayons BD de la FNAC? Et comme j’ai une tante très midinette qui fête ses 47 printemps, j’ai agi à l’encontre absolu de mon snobisme littéraire : j’ai acheté à l’ennemi un exemplaire de Ma vie est tout à fait fascinante, la BD méga-girly et rigolote de Pénélope Bagieu, célèbre consoeur bloguesque aux 12000 clics par jour. C’est là que je comprends que ma stratégie a pris un sacré coup dans l’aile. Il faut à tout prix redresser l’engin.

4. Rayons livres d’art : autrement dit le rayon casse-tête. Entre les bouquins de photo, de cinéma, de critique de peinture, d’histoire de l’art illustrée, etc. j’ai envie de tout acheter. Je manque de faillir. Je comprends que j’ai perdu la bataille. L’ennemi me cerne. Je décide d’abandonner l’avion. Je saute en parachute jusqu’au premier étage et me laisse glisser le long de la rampe d’escalator. Jusqu’à finir mon saut de l’ange devant une pile de carnets Moleskine, sorte de drapeau blanc à agiter en caisse pour dire que je me rends. Je ne sais pas sortir de la FNAC sans un carnet Moleskine, bon sang.

BANZAÏ !!!

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C’est inuit!

Le photographe suisse Claude Baechtold, le 26 septembre 2008, à la librairie de la Villette à Paris, pour la sortie de son livre « Pôle Nord »

Bien que Fashion m’ait interdit de lire la presse féminine pour mon bien, je la trahis régulièrement en achetant le magazine Citizen K, qui n’est pas mal du tout : si les fringues proposées y sont inaccessibles (180 euros pour une culotte bouffante qui me rappelle ma nièce de quatre mois, au mieux, et une pouliche de cirque, au pire), du moins les articles sur l’art sont à la portée de tous. C’est donc dans un numéro de Citizen K dédié à la Suisse, que je découvre la Collection Baechtold’s Best (vous apprécierez le jeu de mots*, surtout Christophe, je n’en doute pas) publiée par de jeunes éditions helvètes appelées Riverboom.

La Collection Baechtold’s Best se présente comme un drôle de guide de voyage : dix images pour illustrer un cliché, une idée reçue, sur deux pages. Comme un entomologiste, Claude Baechtold, le jeune photographe (36 ans seulement) responsable de ces petits bouquins, photographie et classe les images de chiens, de femmes, de barbes afghanes, de frigos échoués sur la grève nordique, de cowboys texans, etc etc, par taille, longueur, couleur, etc etc.  Tout cela sur un mode léger, qui joue avec les clichés et nous fait visiter les quatre coins du monde avec humour. Je vous recommande vivement le site des éditions Riverboom sur lequel plusieurs séries sont disponibles.

Hier, Claude Baechtold lançait son nouvel opus intitulé Pôle Nord, à la librairie de la Villette, à Paris. J’y suis allée de ma petite interview, étant gracieusement invitée par Romain Santamaria, l’encore plus jeune (26 ans) responsable éditorial de Riverboom pour la France. Je reviendrai sur cette jeune maison fort sympathique dans un autre billet (vous aurez même droit à la vidéo correspondante). Pour être plus au calme, j’ai appâté Claude Baechtold à l’extérieur de la librairie avec la perspective d’une cigarette. Ce qui n’a pas empêché deux groupies de se jeter sur ma proie : « Continuez, vous nous faites rêver, et c’est rare… » Je suis bien d’accord avec elles.

Magda : On se tutoie? Combien de temps es-tu parti au Pôle Nord pour réaliser ce livre? J’ai l’impression que tu es parti plusieurs fois…

Claude Baechtold : Eh bien non, je n’y suis allé qu’une fois. C’est un voyage long, mais pas très compliqué, en fait. Je ne suis pas allé au Pôle Nord même, parce le Pôle Nord… c’est une plaque de glace qui bouge et qui fond! Mais je suis allé à Siorapaluk, qui est le village le plus septentrional au monde, tout au nord du Groenland, où vivent quatre-vingt-huit personnes.  C’est le dernier bastion humain avant le Pôle Nord.

Magda : Comment se prépare-t-on à un tel voyage?

Claude Baechtold : J’étais peu préparé. Je ne savais même pas s’il y avait des pingouins au Pôle Sud ou au Pôle Nord, je mélangeais les deux. Ma référence, c’était Petzi au Pôle Nord, un livre danois pour enfants! J’y suis allé en néophyte, comme pour beaucoup de mes voyages. J’ai pris plusieurs avions, puis des chiens de traîneau, un hélicoptère, avant d’arriver à ce village où je suis resté un mois en dormant chez l’habitant, dans une petite maison en bois. Les Inuits vivent maintenant dans des petites maisons en bois colorées assez photogéniques.

Magda : Qu’est-ce que ça fait de voir le Pôle Nord?

C. B. : Je n’ai pas vu le Pôle Nord même! Il est encore à plusieurs milliers de kilomètres. C’est de ce village que partent les expéditions pour le Pôle Nord. J’ai rencontré des gens qui y sont allés, par contre. Le Pôle Nord est un endroit mythique, le sommet de la planète. L’ambiance est très étrange. J’y suis allé en avril-mai et il faisait jour tout le temps. Le spectacle était étonnant et cauchemardesque : la nuit est une sorte de pénombre grise, avec des hurlements de chiens, des cadavres de phoques en décomposition et des squelettes d’animaux divers. Une vision infernale à quelques mètres d’un paysage superbe, blanc immaculé, avec des icebergs, des traîneaux, des Inuits magnifiques habillés de peaux d’ours blanc. La nourriture est étonnante aussi : on mange de la viande, et crue la plupart du temps. Ce qui n’est pas cru est bouilli simplement. L’alimentation cuite existe depuis seulement un siècle chez les Inuits, car c’est un pays sans bois et sans végétation. Le plat national, le kiviat, est un phoque farci de trois cents oiseaux attrapés au filet à papillons qui faisande sous des cailloux pendant trois mois d’été. A l’automne, ils mangent le fromage d’oiseau. C’est abominable. Certains explorateurs en sont morts, dont le célèbre Rasmussen (le grand héros du Pôle Nord qui a contribué à répertorier et faire exister la culture inuit). C’est un monde étrange et fascinant, politically incorrect.

Magda : Tu vis à Pékin. C’est un choix?

C.B. : C’est un choix. En rendant visite à mon frère qui y vit, j’ai trouvé la ville intéressante, décalée. La Chine est un pays extrêmement drôle en fait!

Magda : Tu en as fait un livre, Pékin. L’idée de la collection, c’est d’accumuler les clichés : aussi bien les photos que les idées reçues. Par là, as-tu essayé de déjouer l’image fausse qu’on peut se faire de la Chine?

C.B. : On n’a pas abordé la Chine de manière différente de la manière dont on a abordé l’Afghanistan, ou le Pôle Nord, ou la Suisse. On essaie d’être drôles ; souvent, les choses les plus frappantes sont visuelles… Les Afghans ont des barbes magnifiques, c’est pas nouveau, mais c’est drôle de les répertorier! Quand on voyage en Afghanistan on croise dix mille barbes, en Irak on croise dix mille moustaches, au Pôle Nord cinq cent cadavres de phoques! Parfois, les images participent du cliché, parfois non. Pour la Chine c’est pareil : on dit que les Chinois mangent des choses étranges, et c’est vrai. Les voir manger une étoile de mer, c’est étonnant! C’est un cliché qui parle d’une réalité chinoise : il y a vingt ans, on crevait encore de faim en Chine et on était obligé de tout manger. Manger du rat en Chine n’est pas si rare.

Magda : L’idée de ces livres, alors, ce serait de montrer la diversité des images du monde à travers le cliché?

C.B. : Cette collection est une manière candide d’aborder le monde et de le classer comme on classe des papillons. On classe les papillons en Chine de la même manière qu’on classe les papillons en Suisse. Quand on se moque un peu des Irakiens parce qu’ils ont tous des moustaches, après on se moque des banquiers suisses qui sont tous habillés en complet gris avec des cravates abominables! Il y a des choses drôles dans chaque pays, et l’idée, c’est de les mettre en évidence par les séries.

Magda : D’autres séries en vue?

C.B. : Chaque saison, on publie un nouveau guide. On en a sorti quatre cette année et on en sortira quatre l’année prochaine. On aimerait bien le faire à large échelle, on aime bien les pays étranges, on voudrait faire la Corée, par exemple… C’est une espèce de collection à deux balles, comme les collections d’opercules de crème à café** : à la fois c’est un peu ridicule, à la fois, ça parle beaucoup du pays. Quand on lit un guide de voyage sur un pays, on n’a pas l’ambiance visuelle du pays. Nous, on voulait simplement faire un résumé visuel, cocasse, d’un pays, qui se lit assez rapidement, sans prétention.

Magda : Si tu étais un livre toi-même?

C.B. : Je serai Le Maître et Marguerite de Boulgakov!

Magda : Pas mal!

C.B. : Je trouve que c’est le livre le plus délirant que j’aie jamais lu. J’aimerais avoir ce décalage, cette force d’humour noir! Peut-être que je l’aurai un jour!

* Jeu de mots avec le nom du dramaturge allemand Bertolt Brecht, pour les flemmards, les ignares ou les nuls en jeu de mots comme moi.

** Ca doit être suisse, ce genre de collection…

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Bookshops, bookstores : librairies rosbeef & co

Librairie Shakespeare and Company, Paris

Au départ, il y a un article très en retard que je devais écrire pour le 17 mars au sujet de Yeats, l’auteur que j’avais choisi de lire pour le jeu So Irish de Fashion.

Au départ, j’avais envisagé une sorte de vidéo onirique, classe et littéraire à la fois, avec ma voix suave de comédienne disant (en anglais bien sûr, je suis si snob ) The lake isle of Innisfree*, un des plus beaux poèmes de Yeats, posée sur des images de béton et de pigeons, comme contraste saisissant entre le monde urbain et l’île merveilleusement sereine dont parle le grand Irlandais. Wow.

Réalisant par la suite que je ne suis ni Tarkovski ni Kieslowski et que probablement mes lecteurs se foutent de mes expérimentations vidéos comme de leur premier Bescherelle, j’ai lâché l’affaire. Parlons donc plutôt de ces librairies merveilleuses dans lesquelles vous pourrez, vous lecteur anglophone ou anglophile, vous régaler de bouquins dans la langue de Shakespeare, entassés les uns sur les autres dans des alcôves mystérieuses.

Deux adresses : la célèbre Shakespare & Company, 37 rue de la Bûcherie, 75005 Paris

et la délicieuse San Francisco Books, 17 Rue Monsieur le Prince, 75006 Paris

Pourquoi je les aime? Parce que ce sont des endroits où il fait bon flâner.

Au Shakespeare, le patron engage de jeunes bohèmes des quatre coins du monde, qui, à l’occasion et parce que ce sont souvent des routards, dorment entre les rayons de la bibliothèque qui se niche au premier étage, sur de petits lits aux mauvais matelas… Shakespeare seul sait combien d’idylles internationales ont pu s’y nouer… Dans le « Poet’s corner », un petit coin qui comme son nom l’indique, vous saisirez l’échelle de bois pour attraper un recueil de Yeats, comme je l’avais fait. Vous ne trouverez pas que des livres anglophones au Shakespeare, mais aussi, pour les russophones et les amoureux des lettres italiennes dans la texte, de quoi étancher votre soif.

Quant au San Francisco Books, c’est parce que son patron est toujours prêt à vous renseigner, même sur des titres épuisés, à parler un peu avec vous de ses auteurs favoris, appuyé sur une pile de vieux livres d’art en anglais. C’est d’ailleurs là que, me prenant soudain pour Sophie Calle, j’ai découvert un billet d’avion pour Tahiti coincé entre deux pages du Leviathan de Paul Auster

Je vous souhaite une belle découverte.

PS : Ce billet ne vient pas mettre fin à la magnifique conversation qui a lieu en ce moment sur le billet précédent … Chers amis, il fallait juste que je dise qu’il y a des choses que j’aime vraiment beaucoup, aussi. Vous vous lasseriez de mes coups de gueule littéraires, si je n’en usais avec parcimonie! :-)

* En français : L’île sur le lac, à Innisfree.

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