Archives de Tag: Musique

My name is Moriarty

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Moriarty en concert, le 25 janvier à Berlin.

Une semaine sans billet, Oh mein Gott !

Ce n’est pas que je n’ai rien à dire, c’est que j’ai trop à faire.

Madame de… et moi, on vous concocte une surprise photo-littéraire.

Tout ce que je peux vous raconter en attendant, c’est que mes copains de Moriarty étaient sur scène à Berlin dimanche dernier (salle comble, hystérie calme à l’allemande), que j’étais chargée de leur faire quelques images photo et vidéo, et que je n’étais pas peu fière. Parce que mes copains de Moriarty, quand même, ils sont drôlement bons sur scène, en studio, dans votre salon et dans vos oreilles.

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Leila Khaled Hijacker

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Leila Khaled Hijacker est un film documentaire de Lina Makboul, réalisé en 2005, sur la jeune Palestinienne qui avait défrayé la chronique à la fin des années 60 pour avoir détourné deux avions de ligne, au profit de la cause du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

Contrepoint intéressant en ces temps de conflit extrême et insupportable dans la bande de Gaza, le film de Lina Makboul, Suédoise d’origine palestinienne, brosse un portrait intelligent, mesuré et émouvant de la militante du FPLP. Leila Khaled fut et reste une icône pour tous les Palestiniens, comme pour la jeune réalisatrice, qui cependant n’hésite pas à casser le mythe, à poser des questions qui fâchent à son idole : « Vous êtes quand même une terroriste, comment pouvez-vous justifier cela? » Et plus loin : « Comment justifie-t-on que le FPLP ait entraîné des enfants à faire la guerre civile? » Elle filme Leila Khaled, l’icône glamour de la Palestine, l’ancienne beauté détourneuse d’avions, en pyjama, passant l’aspirateur en pantoufles, essayant de la gaver de brochettes en vraie mamma arabe.

Je me suis aperçue que Leila Khaled n’avait aucun regret, dit la jolie voix de la réalisatrice dans son commentaire. Est-ce que le terrorisme est toujours condamnable? Peut-être pas. Je ne vous donne pas, ici, la clef de sa réflexion, car elle la délivre un peu plus loin, et vous verrez que derrière ce qui peut apparaître comme une provocation se cache un point de vue profond et intelligent sur le conflit israélo-palestinien. Impliquée, prête à faire exploser le mythe, Lina Makboul rend visite aux pilotes des avions détournés, à une des hôtesses de l’air, aux otages. (Il est important de souligner que ces détournements d’avion n’ont fait aucune victime). La réalisatrice multiplie ainsi les points de vue, et on peut craindre qu’elle en oublie de prendre parti. Mais ce n’est pas le cas. Comme le dit l’hôtesse de l’air interviewée : C’est tout de même une grande injustice que les Palestiniens n’aient toujours pas de pays aujourd’hui.

Venons-en maintenant aux qualités esthétiques du film ; si la caméra procède à quelques mouvements un peu maladroits (zooms et dézooms mal contrôlés, hésitations de cadre…) le montage extrêmement dynamique, fort de nombreuses images d’archives, d’interviews, de moments forts partagés entre la réalisatrice qui entre volontairement dans le cadre, et son sujet, et un travail du son particulièrement intéressant, fait de Leila Khaled Hijacker un moment de pur plaisir cinématographique. On ne baille jamais devant cette histoire, pourtant complexe et chargée de faits de guerre très lourds (massacres de Deir Yassin en 1948 et de Chatila en 1982, exode des Arabes de Haïfa en 1948). Lina Makboul maltraite son icône, la montre parfois dure, cassante, trop campée sur ses positions politiques. Ce qui la rend d’autant plus émouvante, lorsqu’elle fond en larmes devant un morceau de carrelage que la réalisatrice lui a rapportée de sa maison de Haïfa. Mon rêve, dit Leila Khaled dans une de ses interviews, quand la Palestine sera libre, ce sera de dormir trois jours sous un arbre à Haïfa. Pas dans une maison. Je veux sentir la terre.

On peut craindre que ce rêve ne reste qu’un fantasme. Leila Khaled a aujourd’hui soixante-cinq ans. Si voir ce film, quatre ans après sa réalisation et au moment où le Hamas et Israël se sont engagés dans une guerre atroce, ne justifie en aucun cas les actions du premier, il peut au moins aider à comprendre un peu le pourquoi de cette escalade de violence.

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Leila Khaled aujourd’hui.

Je ne suis pas sûre que vous pourrez trouver le film aisément en boutique en France, mais il existe sur Internet et vous pouvez vous le procurer ici, pour peu que vous parliez anglais… ou suédois !

PS : Je relaie ici une très belle initiative d’Ama-L sur son blog Les oreilles en pointe : une playlist orchestrée par Arbobo qui, des Talking Heads à Siouxsie and the Banshees, nous parle du conflit israélo-palestinien. C’est ici.

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Tête de pochette

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En flânant sur le Net, on trouve des choses bien intéressantes… A la suite d’une discussion enflammée sur le nouveau (très beau) site d’Arbobo, le blog musique et tout et tout que même Télérama c’est des cons à côté, comme le souligne notre ami Christophe

A la suite, donc, d’une discussion enflammée sur la disparition des disquaires indépendants, qui me fit regretter la période divine du vinyl (que j’ai peu connu, puisque j’ai à peine dix-sept ans*), j’ai découvert cela :

Vinyl Sleeve Heads

Un site hilarant où vous pourrez vous gausser devant d’incroyables photos de « têtes en pochette de disque ».

* J’en ai dix de plus, mais grâce à ma crème à l’extrait de marée noire, cela ne se voit pas. Merci à l’industrie cosmétique mondiale de prendre soin de ma momification.

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Classé dans Au gré de la Toile

Ma carte de voeux

Certaines images sont plus fortes que les mots. Mais quand mots, images et musiques se coordonnent pour envoyer un message aussi fort (quoique très attendu et très évident), eh bien, je tire mon chapeau. Bravo Radiohead.

I’m the next act
waiting in the wings
I’m an animal
Trapped in your hot car 
I am all the days 
that you choose to ignore

You are all I need
You are all I need 
I’m in the middle of your picture
Lying in the reeds

I am a moth 
who just wants to share your light 
I’m just an insect 
trying to get out of the night

I only stick with you 
because there are no others

You are all I need
You are all I need 
I’m in the middle of your picture
Lying in the reeds

It’s all wrong
It’s all right
It’s all wrong

Radiohead, All I need, (In Rainbows)

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Cocaïne, techno et currywurst

Il y a en ce moment le Festival du film allemand à Paris, au cinéma L’Arlequin, dans le 6e arrondissement. Ceux qui lisent ces pages savent qu’ils risquent de m’y croiser un peu à toutes les séances. Il y avait en particulier ce film, dont je n’aurai raté l’unique diffusion pour rien au monde, Berlin Calling de Hannes Stöhr. Le pitch? Martin, un DJ célèbre qui officie dans de grandes messes techno dans le monde entier en compagnie de sa petite amie et manager Mathilde, se retrouve confronté à de graves crises de paranoïa dues à l’abus de drogues en tout genre.

Le film cartonne en ce moment en Allemagne – espérons que la sortie française soit pour bientôt. Car, amis lecteurs, c’est une véritable perle brute que ce film aux allures ultra-contemporaines, bougeant au rythme d’une ville moderne et déjantée, et interprété par des acteurs exceptionnels. Le rôle de Martin est tenu par Paul Kalkbrenner (cliquez pour le Myspace de l’artiste), le célèbre DJ qui jouait là son premier personnage de fiction, hors des grands shows qu’il a l’habitude d’orchestrer aux platines. Kalkbrenner a d’ailleurs concocté pour le film une BO divine (sur laquelle le non moins grand Sascha Funke nous fait le plaisir d’un morceau jouissif, Mango) qui fait vibrer l’image et la narration pendant presque deux heures. Je me suis empressée de la télécharger sur ITunes… depuis, j’ai du Kalkbrenner dans les oreilles quoi que je fasse, et je sautille en achetant une botte de carottes chez Franprix ou une ampoule chez le droguiste. Tout le quartier me croit folle.

Berlin Calling, c’est aussi une histoire dans laquelle la ville tient une place très importante, puisque c’est par elle, avec elle, que le DJ crée sa délicieuse musique faite d’énergie et de mélancolie mêlés. Les images superbes de Hannes Stöhr nous dévoilent tous les coins d’un Berlin réel et non-idéalisé (depuis le ravissant pont Oberbaum qui surplombe la Spree avec grandeur, jusqu’aux chiottes les plus glauques d’un club techno bien connu des fêtards, le Maria). Le tout, filmé caméra à l’épaule, sans affectation, simplement pour être au plus près des personnages qui vivent à cent à l’heure. Scènes hilarantes où le héros, star de la musique électro, organise une fête hystérique dans le centre de désintoxication où il tente de se remettre sur pied.

Hannes Stöhr est un jeune cinéaste à suivre. A 38 ans, il est déjà responsable du très beau et très poétique Berlin is in Germany (2001), l’histoire d’un ancien prisonnier politique de la RDA qui revient chez lui après la Chute du Mur. Plus lucide que Goodbye Lenin, plus subtil encore que La vie des autres, Berlin is in Germany est un peu passé inaperçu en France. A tort. Je vous invite à découvrir l’oeuvre de ce réalisateur qui partage avec moi un amour fou pour cette ville sans pareille en Europe.

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A nous deux maintenant!

Ma sœur vole votre sourire de lecteur, à Berlin, en décembre 2007…*

Cliquez pour écouter : Berlin, Lou Reed

Magda, restée seule, fit quelques pas vers le haut de la colline de Prenzlauer et vit Berlin tortueusement couché le long des deux rives de la Spree où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque avidement entre la tour de la place Alexander et le Berliner Dom, là où vivait ce beau monde dans lequel elle avait voulu pénétrer. Elle lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses: « A nous deux maintenant! »

Et pour premier acte du défi qu’elle portait à la Société,

Magda alla dîner chez Malcolm.

Paris, août 2008.

Plagiat éhonté du Père Goriot de Balzac :

« Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses: « A nous deux maintenant! »

Et pour premier acte du défi qu’il portait à la Société,

Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen.

Saché, septembre 1834. »

Oui, chers amis lecteurs, devant l’ennui profond que m’inspire Paris, je pars à Berlin à la dernière minute, emportant ma caméra Super Huit, une caméra plus moderne achetée à grand frais pour l’occasion (filmer le concert de Malcolm, un autre rocker de mon cœur), mon ordinateur, mes appareils photos ; et peut-être, si mon emploi du temps me le permet, vous proposerais-je de suivre un carnet de bord de six jours dans la ville la plus funky de l’univers.

Tchüss!

* Where is Charlie? Je suis sur la photo, mais où? Héhéhéhé!

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Joan baise-t-elle avec un mouton?

(Pardon pour ce titre peu élégant. Thom me force à la grossièreté et je me laisse volontiers aller).

Dans le cadre du magnifique chamboultou Top of the flops of the pops of the blogs, qui consiste à bousiller un disque « crédible » (dixit Thom), avec toute la bile possible, je vais aujourd’hui – bien que mon blog soit avant tout dédié aux belles lettres – tenter d’extraire la belle madone Joan Baez de son icône dorée aux effluves de marijuana. Et comme je ne suis pas blogueuse musicale, j’espère que les auteurs du TOTFOTPOTB me pardonneront de ne pas sélectionner un disque de la « grande dame du folk », mais plutôt de faire un pipi rapide sur l’ensemble de son oeuvre.

A priori, Joan Baez a tout, absolument tout pour me plaire. La raie au milieu, la guitare douce, l’engagement pacifiste, le même look que moi à quinze ans, les pochettes de vinyls absolument sublimes, et last but not least, l’amitié de Bob Dylan. Le problème, c’est que dès que la dame pose le pied sur scène, toute auréolée de sa gloire et de l’amour de milliers de hippies gracieux, il sort de cette bouche délicate une voix à faire mourir d’angoisse un agneau dans la bergerie. A croire que l’icône folk est issue d’une lignée de moutons bêlants. POURQUOI, sur tant de beaux textes (souvent écrits par Dylan, comme le merveilleux Blowing in the wind, autrement plus agréable à l’oreille lorsqu’il est chanté par son auteur aux Ray-Ban, ou même par ma concierge dans l’escalier), poser cette espèce de lait concentré ultra-méga-sucré couleur éléphant rose qui vibre sans fin? Beurk. Ecouter Joan Baez me fait l’effet de me plonger toute entière dans le gâteau d’anniversaire de Barbie.

Cette voix massacre tout ce qu’elle interprète. Dans la gorge de Joan Baez, l’Ave Maria (album de Noël) de Franz Schubert devient une guimauve, tremblante de toutes ses forces qui, c’est vrai, sont assez surnaturelles. Rangez vos flûtes à champagne, si vous ne voulez pas sabrer le champomy dans un gobelet en plastique.

Pourtant les textes sont beaux, de véritables poèmes qui, arrachés de l’âme d’une Janis Joplin, frôleraient l’extase mystique. Lisez plutôt :

Oh, where have you been, my blue eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard…*

*Oh, où avez-vous été, mon fils aux yeux bleus ? / Oh, où avez-vous été, mon jeune ami ? /J’ai trébuché sur le flanc de douze montagnes brumeuses / j’ai marché et j’ai rampé sur six routes sinueuses / j’ai marché au milieu de sept forêts endeuillées / je me suis postée devant douze océans morts / je suis restée dix mille miles dans la bouche d’un cimetière…

Eh oui, c’est très beau. Mais pas chanté par une brebis. A tchao bonsoir!

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