Archives de Catégorie: On s’engage!

Un peu de transpiration

Chers amis lecteurs,

Pas mal d’entre vous se plaignent de m’avoir vue disparaître de cette page, bien que je sois plutôt très active sur la nouvelle, Génération Berlin, pour le compte de Radio France Internationale.

J’ai donc le plaisir de faire un saut de puce ici pour les paresseux :) ou les résistants qui ne souhaitent pas passer à la version plus berlinoise de mon blog!

Dire non au travail des enfants et à l’exploitation d’une main-d’œuvre sous payée dans les pays en voie de développement est un de mes chevaux de bataille, dont je rebats les oreilles de mes amis et de mes lecteurs depuis belle lurette.

Voici ma contribution vidéo d’une minute à cette croisade, pour le compte d’un concours de spots en faveur du commerce équitable. En espérant que ce spot aura l’heur de vous plaire… n’hésitez pas à le faire circuler!

« I wear only sweat »

Avec Sebastian Matthias Kolinski, Leonie & Anton Rimtragoon

Réalisation : Manon Heugel / DoP et Montage : Jonas Brandau / Son : Rene Paulokat / Musique : Honey & The Greek / Production : Oliver Moser & Jörn Hanicke

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C’est le lendemain qui compte

En réponse à mon article « Où étiez-vous le 11 septembre? », Arbobo, blogueur musical et ami, a rédigé ce texte que j’ai trouvé si beau qu’il méritait d’être publié, plutôt que de disparaître dans la cave de mes commentaires de billet.

« Nous savons tous où nous étions ce matin-là ».

C’est ce que j’ai réalisé il y a longtemps quand mon père, né en 1938, m’a parlé du premier pas sur la Lune. Il ajouta que tout le monde se souvient de ce moment, où il l’a vu, avec qui…
C’est vrai pour certains évènements marquants, c’est vrai du 11 septembre.

J’ai appris tout ça en fin d’après-midi. J’étais prof d’histoire-géo depuis 1 semaine. Élèves de 6e et de 5e.

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Où étiez-vous le 11 septembre?

Chute du Mur de Berlin / 11 septembre 2001 : quand l’Histoire s’écroule, les médias sont là

Comme le dit Mike LaMonica, un blogueur américain, « nous savons tous où nous étions ce matin-là ».

La question du « où nous étions ce matin-là » est intéressante. Le 11 septembre 2001 est entré dans l’histoire hyper-médiatique, aux côtés de la Chute du Mur de Berlin, l’un des premiers événements historiques et politiques à bénéficier d’une telle couverture journalistique dans le monde « en live ».

Le 11 septembre 2001, j’étais étudiante en école de communication, justement, et je faisais un petit boulot d’été comme vendeuse dans une bijouterie à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Une hôtesse de l’air est accourue et a glissé aux employées de la boutique : « Vous avez vu? »

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Concours de mannequins

Blouse vintage Yves Saint-Laurent, vendue sur le site Das Neue Schwarz, Berlin

Je vois d’ici vos têtes, amis lecteurs : Hein??? un concours de mannequins sur le blog de Magda, cette féministe acharnée? (sauf Arbobo et Christophe bien sûr, qui ricanent en se disant que ma midinettude éclate au grand jour).

Eh bien oui! un concours de mannequins, un vrai, mais ETHIQUE.

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Sauvons Sakineh

Une Iranienne à Bruxelles lors d’une manifestation visant à dénoncer la pratique inhumaine de l’exécution par lapidation.

Je relaie sur ces pages l’excellente initiative de Gicerilla. Une histoire dont beaucoup d’entre vous, sans doute, ont entendu parler. L’article est de Michèle Fitoussi dans Elle.

Souvenez-vous que la pétition contre cette monstruosité se signe ICI, sur le site d’Avaaz.org.

Et que vous pouvez faire un don ICI (à partir de 10 euros) qui servira à financer la campagne d’action pour faire pression sur l’Iran par le biais du Brésil et de la Turquie, ses deux alliés influents.

« Enserrée des pieds à la tête dans un drap blanc »

Enterrée dans le sable jusqu’aux épaules. Lapidée à mort à l’aide de larges pierres lancées par les bourreaux – tous des hommes. Comment, au XXIe siècle, peut-on encore accepter ça ? C’est  pourtant le sort auquel était promise il y a peu Sakineh Mohammadi Ashtiani, une jeune veuve iranienne de 43 ans, convaincue par les tribunaux islamiques d’adultère, avant et après la mort de son époux survenue il y a quelques années.

Ce dont elle se défend toujours. Ses aveux, dit-elle, lui on été arrachés sous la torture. En 2006, après avoir « avoué son crime » elle avait été condamnée à recevoir 99 coups de fouet. Mais cela n’était sans doute pas suffisant pour une faute aussi grave. Elle méritait la mort. Depuis quatre longues années passées dans les sinistres geôles iraniennes, entrecoupées de cauchemars, elle attendait sa lapidation.

Sakineh Mohammadi Ashtiani

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Le Goncourt est un livre qu’on ouvre…

Marie N’Diaye reçoit le Goncourt 2009 : une euphorie de courte durée

…Pas un livre qui doit fermer sa gueule. Non?

Chers lecteurs, vous êtes au courant, comme tout le monde ou presque, que Marie N’Diaye a obtenu le Goncourt 2009 pour Trois femmes puissantes – prix à mon avis indubitablement mérité pour ce roman à trois volets, durement poétique, souverainement maîtrisé et haletant. Vous êtes aussi au courant que la dame a osé déclarer dans la presse que la raison pour laquelle elle vivait à Berlin tenait à la politique de Monsieur Sarkozy, jusqu’à dire : « Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je trouve cette France-là monstrueuse » . Vous savez sans doute qu’Eric Raoult (député UMP de Seine Saint-Denis) s’est aussitôt érigé en juge suprême pour déclarer que Marie N’Diaye insultait personnellement le président de la République au lieu de se tenir à son « devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt ».

Monsieur Raoult semble donc oublier trois choses : 1. Marie N’Diaye a reçu le Goncourt après avoir tenu ces propos, 2. Il n’est inscrit nulle part que le Prix Goncourt est un prix « ferme-ta-gueule » (on n’est pas chez les bolcheviks non plus, hein) 3. Et si Marie N’Diaye n’avait… pas tort?

Au moment où tombe la polémique, je m’envole justement pour Dakar, où mon travail (une pièce de théâtre sur…  la rébellion face à une autorité injuste) a été programmé. Dans l’avion Air France où je m’installe, cosy, avec la comédienne, nous entendons soudain des hurlements étouffés et des pleurs. Un jeune homme noir se débat, tenu fermement par deux flics horriblement gênés. Le personnel de l’avion tente de garder son calme et de nous expliquer à voix basse que le jeune type, étudiant sans visa, est renvoyé « chez lui », au Sénégal. Comme une muselière, un masque de chantier couvre la bouche du « clandestin ». La scène est humainement affreuse. On n’en saura pas plus. Qu’a fait le type pour être rapatrié aux frais du contribuable dans un avion Air France (pardonnez du peu) escorté par deux types? Si l’on avait affaire à Hannibal Lecter, ne l’aurait-on pas mis un peu plus à l’écart de la population? Que veut dire ce déploiement de force ridicule aux yeux des centaines de voyageurs de ce Boeing?

Décidément. On connaissait la blague : la dictature c’est « ferme ta gueule », la démocratie c’est « cause toujours ». Que faut-il en déduire?

J’ai rencontré Marie N’Diaye et son mari Jean-Yves Cendrey à Berlin, l’an dernier. Difficile de croire à l’image agressive et vulgaire qu’en fait Raoult lorsque le couple se met à parler, elle de sa voix douce et légèrement voilée, lui, les yeux pétillants et la blague fusante. Qu’on partage, ou non, leur vision de la politique française aujourd’hui, force est de reconnaître que les auteurs, de tout temps, ont plutôt un devoir d’avertissement que de réserve. N’est-on pas reconnaissant aujourd’hui à Gide d’avoir publié en 1936 Retour d’URSS, revenant sur ses erreurs passées de fervent communiste? N’aurait-on pas bien fait de l’écouter alors, lorsqu’il tirait la sonnette d’alarme sur les pratiques totalitaires des Soviétiques? Que Marie N’Diaye se plante (à mon avis pas du tout), ou non, elle fait bien de l’ouvrir, et doit continuer à le faire.

Je vous propose plutôt de lire ici la diatribe terrible de Jean-Yves Cendrey sur Rue 89, drôle, sanglante, à l’image de son style rigolard jaune foie, dont il use fort bien dans son dernier bouquin, Honecker 21. Un article pourfendeur, qui rappelle avec bonheur la droiture éclatante d’un Cyrano de Bergerac, qui disait autrefois sous la plume de Rostand…

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci !

Et vous aussi, vous pouvez l’ouvrir sur ce blog – ou ailleurs, que diable! :-)

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Stevenson, priez pour nous

bar 25

Le légendaire Bar 25 à Berlin (Photo Delaney Davidson)

Imaginez L’Ile au Trésor* en pleine ville. Il existe à Berlin un endroit qui ressemble à un Disneyland pour adultes décomplexés et free-style. 10 000 mètres carrés le long du fleuve, comme un terrain de jeu sur sable, avec quatre DJs-sets en même temps, une ambiance Club Med pour freaks, un sauna, des massages ayurvédiques, des gens de toutes les couleurs, et de toutes les langues, et de tous les âges… et même une balançoire qui vole au-dessus de l’eau!

Cet endroit franchement magique est régi par une bande de hippies terre-à-terre, qui vivent dans des caravanes et des cabanes en bois, sur place. Cela s’appelle le Bar 25. Et cela va disparaître pour laisser la place à un immonde bâtiment mégalomane de plus sur les bords de la Spree (la Seine berlinoise).

Media Spree est le nom d’un projet surdimensionné, qui vise à éradiquer tous les lieux en friche, ou un peu fantaisistes, des bords du fleuve berlinois, pour les remplacer par des kilomètres de bureaux dédiés aux médias. Universal et MTV ont déjà fait leur trou à grands coups d’enseignes lumineuses aveuglantes.

Pourtant, le Bar 25, géré un peu comme une Commune, fait un chiffre d’affaires carrément à la hauteur et emploie 150 personnes à l’année, CDI et saisonniers confondus. Les créateurs de mode louent le lieu pour leurs aftershows, les artistes sans le sou s’y précipitent pour discuter et boire un verre dans une ambiance étonnante. Devant l’entrée, chaque soir, les fêtards se bousculent pour pénétrer dans ce lieu sans pareille. Le collectif loue le terrain à une grosse entreprise de nettoyage locale, qui leur retire le bail dans un mois. Dans ce bar-club-plage urbain, chacun vient habillé comme il l’entend, parle avec qui il veut, et l’esprit est à la fête. Le Bar 25, à la fois super relax et super branché, hippie et pragmatique, reflète parfaitement l’esprit de Berlin.

Faire fermer le Bar 25 est une erreur de plus dans la stratégie de la Ville de Berlin. Berlin a peu d’économie locale en dehors de celle du tourisme. Or, que viennent chercher les voyageurs qui s’arrêtent dans la capitale allemande? Un air libre et créatif, hors des conventions. Berlin est le poumon artistique de l’Europe. Une ville bon marché mais moderne, où les artistes des quatre coins du monde viennent s’installer, pour créer sans payer de loyer hors de prix, sans être regardés comme des fous. Media Spree est l’antithèse de cet esprit bohème intelligent : des barres de béton et de verre, chargées de néons publicitaires, où une industrie culturelle de masse emploie des gens en CDD et des stagiaires sous-payés.

Si vous voulez respirer un peu de ce Berliner Luft si unique en Europe, c’est maintenant. Parce que bientôt, on n’entendra plus que du Britney Spears et du Puff Daddy sur les bords de la Spree. Moi, c’est simple, j’y suis presque tous les soirs, au Bar 25. Une forme de résistance par la fête!

* Roman américain de Robert Louis Stevenson publié en 1883

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