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Mondoblog

La photo emblématique de mon site sur Berlin pour le projet Mondoblog de RFI

Chers lecteurs,

Si j’ai été si peu active sur Ce que tu lis ces derniers temps, c’est parce que j’ai eu le plaisir de faire partie des cent blogueurs sélectionnés à travers le monde par Radio France Internationale pour le projet Mondoblog.

Les cent blogueurs francophones que nous sommes sont désormais les ambassadeurs de leur ville, qu’il s’agisse de Paris, de Dakar, de Yaoundé ou de Berlin, en ce qui me concerne.

Je vous invite à découvrir cette plateforme formidable sur laquelle des auteurs de moins de trente ans écrivent en direct, sans censure, sur leur pays dont, bien souvent, nous ne connaissons que le nom, lorsque nous n’en avons pas oublié jusqu’à la géographie (avouez que vous ne savez pas placer le Burkina sur une carte! moi, en tous cas, j’en suis honteusement incapable…). Car tous ces jeunes blogueurs, dont la plupart sont africains, donnent une autre image de leur ville, une image authentique, moderne, loin des clichés servis par les médias occidentaux.

Dans ce paysage bloguesque dynamique et engagé, ma mission est des plus délicates. Bloguer sur Berlin, lorsque d’autres bloguent sur des thèmes aussi brûlants que l’excision, ou l’impossibilité d’aller à l’école pour les enfants de Ouagadougou, cela peut avoir un petit côté fashion-pourri-gâté. Je tâcherai de m’en garder, et de montrer les multiples facettes de la ville.

Alors, si vous me voyez un peu moins par ici, c’est normal… vous pouvez me retrouver dès maintenant sur mon blog Génération Berlin.

Au plaisir de vous y lire!

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Classé dans Au gré de la Toile, Mon Berlin

I loved New York

Calme apparent chez les intellos new-yorkais…

Vanessa, blogueuse et camarade d’exil puisqu’elle est, comme moi, une étrangère installée à Berlin, a eu le bon goût de m’offrir un roman qui lui a plu : What I loved de Siri Hustvedt (en France, le titre est Tout ce que j’aimais).

Ah! je vous vois tiquer. « Siri Machin, c’est pas la femme de Paul Auster? Ouais d’accord.. . pas difficile de se faire publier – peut-être même que c’est Auster lui-même qui a écrit le bouquin, allez savoir – etc. »

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Classé dans Ma vie littéraire

Chauffe Marcel

Image source : Vanity Fair

Marcel Proust n’est pas l’auteur du fameux questionnaire de Proust. L’écrivain a retravaillé un jeu anglais de la deuxième moitié du XIXe siècle qu’il avait découvert adolescent…

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Classé dans Ma vie littéraire

Berlin is not for sale

Illustration de mon nouveau blog Berlin is not for sale par Martin Etienne

Chers lecteurs,

Si j’étais si absente ces derniers temps, ce n’était pas pour cause de vacances ou de paresse bloguesque.

C’est parce que j’étais occupée à mettre au monde un nouveau bébé, le blog BERLIN IS NOT FOR SALE, avec quelques amis journalistes et une attachée de presse ultra efficace !

BERLIN IS NOT FOR SALE est un blog en anglais. C’est un guide underground de la ville. Nous avons créé BERLIN IS NOT FOR SALE pour aller à la rencontre des gens qui font bouger Berlin de manière éthique, non commerciale, créative. Nous filmons, photographions, interviewons des citoyens comme vous et moi, qui ont des initiatives intelligentes et étonnantes pour faire vivre leur ville.

Vous n’y trouverez pas l’adresse du dernier Starbucks ouvert en centre-ville, ni l’hôtel à la mode. Mais vous y trouverez des adresses plus secrètes, des marchés aux puces fabuleux et inconnus, des restos montés par une bande de potes avec courage et créativité.

Vous rencontrerez des musiciens, des écrivains, des boulangères, des peintres, des fous du vélo, des fashion-victims fanas de recyclage de vêtements, des architectes, des strip-teaseuses arty, des minettes de 24 ans qui viennent d’ouvrir une galerie avec leurs économies.

Si en plus, vous habitez vous aussi Berlin et que vous parlez l’anglais, vous pouvez rejoindre notre équipe ! Mettez votre talent au service de cette exploration urbaine alternative. Vous êtes auteur, dessinateur, photographe, musicien, caméraman, réalisateur? Ou tout simplement, vous avez une initiative formidable à Berlin et vous souhaitez être interviewé? Ecrivez-nous : berlinisnotforsale@gmail.com

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Classé dans Mon Berlin

Interdiction formelle de lire

Moi, Magda F. 29 ans, droguée de la lecture, prostituée du blog*

Interdiction de lire : vous avez bien lu!

C’est l’horrible sentence prononcée par Julia Cameron, pour la quatrième semaine de ma guérison créative. Il s’agit toujours, chers lecteurs, de ce programme en douze semaines, publié sous la forme d’un livre, The artist’s way, dont j’ai parlé il y a quelques temps.

Pendant une semaine, afin de « remplir le puits de ma créativité », je n’ai droit ni aux romans, ni aux essais, ni aux pages de blogs, ni même au journal du matin, ou au dos du paquet de cornflakes.

Quand j’ai lu la tâche de la semaine, censée provoquer en moi un « bond créatif », j’étais dans le métro, j’ai levé les yeux et j’ai marmonné : bullshit! Arrêter la procrastination sur Internet, l’écoute compulsive de RFI ou le boulottage de chocolat, ça, ce serait une façon de me dépolluer l’esprit. Mais arrêter de lire? Julia Cameron, cette dingue, ne saurait-elle donc pas que la littérature est sacrée, tout bonnement?

Je suis contre! J’enrage! Je VEUX lire!

Voilà à quoi ressemble une journée sans lecture pour moi.

09h = Petit-déjeuner : je fais la gueule devant mon muesli, j’écoute RFI – compulsivement, bien sûr. J’apprends que Sarkozy squatte la Maison Blanche en ce moment (cela dit, j’ai l’impression qu’il y est tous les dix jours). Je fais la vaisselle, je lance une machine. Mon colocataire, un écrivain nocturne, me demande s’il est vraiment urgent de passer l’aspirateur à 9 heures du matin. Oh, ça va, hein. Toi, tu as le droit de lire! est une réponse qui le laisse interloqué.

11h = Journée de boulot devant mon ordinateur (je suis écrivain diurne) : je me demande si j’ai le droit de relire mes propres pages de brouillon. Si la lecture de mails liés au travail est interdite, elle aussi? Si j’ai le droit de lire les commentaires de mon blog? Sarcasme. Moquerie. Hahaha.

13h = Une fille avec qui je travaille me balance un dossier sur sa nouvelle mise en scène. Imprévu fatal. Que dire? Pardon, je suis interdite de lecture? Impossible, elle me prendrait pour une allumée. Je dis : Pardon, je suis en plein boulot. Je lirai ton dossier la semaine prochaine. La fille me fait la gueule par mail.

18h = Escapade au cours de danse classique (que j’ai recommencé à faire depuis que je suis le programme de Julia Cameron). Dans le métro, je suis obligée de regarder devant moi, de faire attention au paysage. Et alors? Black Girl, White Girl de Joyce Carol Oates est plus beau que le chemin de fer berlinois, que je sache!

20h = Sortie au théâtre : je ne lis pas le programme, ni même l’étiquette de ma limonade au bar du théâtre. La pièce est superbe. Heureusement qu’il n’y a pas de surtitrage.

Minuit = Extinction des feux : ne pas pouvoir lire avant de dormir ? J’en ai des palpitations. Je me demande s’il me reste un somnifère quelque part. Un truc puissant. De la marijuana? Je soupçonne mon boulanger d’en vendre, je pourrai peut-être…? D’ailleurs, je connais personnellement une pâtissière berlinoise qui en met dans ses cookies, et c’est exquis. Alors qu’à fumer, c’est vraiment dégueulasse, avouez. Bien. Je n’aime pas la marijuana, et je suis contre le trafic de drogues, qui favorise l’esclavage moderne dans l’hémisphère sud…

01h = Je me relève, j’appelle un copain couche-tard pour aller boire un verre de vin blanc. Oh, et puis deux. Puisqu’on y est, je m’allume une petite cigarette alors que j’avais plus ou moins / presque / quasiment arrêté de fumer…

03h = je rentre effarée et tombe sur mon lit. Je comprends : je suis droguée de la lecture! C’est un véritable cauchemar. Et je suis en désintoxication.

A part ça, je mange cinq fruits et légumes par jour et je fais plein de sport, ne vous inquiétez pas. J’existe avec modération.


*Sur la photo, il s’agit en fait de Natja Brunckhorst, dans le rôle de Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée, dans le film de Uli Edel sorti en 1981.

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Classé dans Ma vie littéraire

Librairie en danger!

(Ceci est la reprise du billet de Superfaustine qui se bat pour sauver une librairie)

Il était une fois, une librairie.

C’est une grande librairie, spécialisée en sciences humaines, où on trouve quantité d’ouvrages (philo, littérature classique et contemporaine, littérature française ou étrangère, cinéma, histoire, langues vivantes ou mortes, histoire de l’art, poésie, théâtre et autres)

librairie

Hélàs, la petite librairie, qui fête ses 23 ans cette année, est en proie à de terribles prédateurs.

Les banquiers.

banquiers

Depuis trois ans, la petite boutique tente de survivre à la gangrène universitaire grandissante.

bras cassés

A cause de cette équipe de bons à rien, l’université voisine est entrée en grève.

La première année, les banquiers, aimables à l’époque, ont prêté de l’argent à la librairie.
La deuxième année, le père fondateur de la petite librairie ne s’est pas versé de salaire pendant 9 mois.
La troisième année… c’est maintenant.

Les banquiers ne veulent plus prêter. Les dettes s’accumulent. La librairie est en train de couler.

Si vous avez envie d’agir, aidez-nous. La librairie Palimpseste participe au festival Paris en Toutes Lettres le premier week-end de juin. Elle sera pour l’occasion ouverte de 9h à minuit. Les olibrius de ma classe et moi-même allons tenter de faire des animations, une soirée camping dans la librairie, d’organiser un concert, une exposition de dessins, etc… etc…

C’est l’énergie du désespoir, mais c’est toujours mieux que pas d’énergie du tout.
Si vous êtes dans les parages, vous serez les bienvenus!
Si vous avez des idées, elles sont aussi les bienvenues!

Merci de faire circuler l’information au maximum autour de vous.

Librairie Palimpseste, 16 rue de Santeuil, 75005 Paris, métro Censier Daubenton.
Paris en toutes lettres, du vendredi 5 juin 2009 (19h) au dimanche 7 juin 2009 (22h).

Le programme ICI !

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Classé dans On s'engage!

Vladimir à la porte d’or

Photo244

Miami? Non, Paris. (Photo personnelle)

Paris, rue Marbeuf dans le 8e arrondissement, 16 heures. J’ai rendez-vous chez le médecin. Pas ma faute, si ma gynéco a choisi d’établir son cabinet dans le quartier le plus huppé-friqué de Paname. Ma gynéco, c’est cette femme de soixante ans, dont l’œil perçant étincelle dans un visage délicieusement ridé. Elle enfonce toujours, dans son sourire de parisienne un peu cynique et souvent drôle, une longue et fine cigarette : « Vous fumez la même marque que moi », lui ai-je dit un jour. Elle leva un sourcil derrière ses lunettes, souffla la fumée, rit rauque : « C’est du joli ».

Bref, j’avais encore un peu de temps avant mon rendez-vous avec cette étonnante lady. Je m’assied en terrasse d’un café en face du cabinet. Une vision bling-bling digne des pires heures de la campagne de Nicolas Sarkozy m’aveugle : une porte cochère violemment badigeonnée de peinture dorée. A ma gauche, un type en baskets hurle dans un téléphone à l’encontre d’un type qui arrive bientôt en 4×4, portières claquant avec une douceur ouatée de bagnole de riche. Le bruit est dans le moteur, pas dans la carrosserie. A ma droite, un énorme hommes d’affaires douteuses beugle à son tour dans son portable, avant de s’allumer un barreau de chaise, dont la puanteur vient ternir le parfum délicat de mon café à 3 euros.

Je souffre. Grandement. Je m’empare du recueil de poèmes de Maïakovski que j’ai acheté la veille.

« Je sais

qu’une femme coûte son prix.

Mais bah!

en attendant,

qu’au lieu du chic des robes de Paris

je t’habille de fumée de tabac. »

(La flûte de vertèbres, II)

Je respire mieux. Toujours aveuglée par la porte dorée, je poursuis ma lecture.

« 150 000 000 est le nom de l’artisan de ce poème

Pour rythme, la balle.

Pour rime, le feu de maison en maison. »

(150 000 000)

Je me régale. L’envie me vient de tirer à boulets rouges, sur la façade rutilante en face de moi, sur les vitrines qui suintent du gras des dollars, sur les filles couleur UV en Gucci, qui squattent la terrasse en picorant une laitue allégée sans fibres.

Après mon rendez-vous médical, je fuis le quartier et m’engouffre dans le métro bondé. Un jeune boutonneux se lève pour céder sa place à une femme noire enceinte. Moche le type, et pourtant : soudain il m’apparut charmant, pour cette B-A de scout bien élevé. Je lis toujours mon Vladimir. Le boutonneux est dans mon dos. Il voit les lignes noires sur fond blanc :

« ASSEZ !

nous allons nous y mettre

si sans

nous

personne n’y pense. »

(La Quatrième Internationale).

Le boutonneux m’effleure l’épaule : « Sans indiscrétion, c’est quoi, ce que vous lisez? ». Il m’explique tout de go que ça correspond exactement à ce qu’il a en tête en ce moment. Un gros ras-le-bol général, en somme. Une bonne vraie colère populaire. Pas de quoi voter Arlette Laguillier – il me semble qu’on peut aimer Maïakovski sans voir rouge – mais tout de même. J’acquiesce.

Et maintenant

j’ai

envie d’écrire comme ça

à cause de

Maïa

kov

ski.

maiakovski

Vladimir Maïakosvki, A pleine voix, Anthologie poétique 1915-1930, Editions Poésie/Gallimard

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