Archives de Tag: magazine

Le prince des magazines lifestyle

P_0509_Titel_nat.qxd

Couverture du magazine Prinz

En France, on a peu de magazines dits « lifestyle », qui abordent la vie urbaine avec ses modes et ses événements culturels. Ces magazines, reliés aux modes de vie d’une grande ville, sont à la fois un guide quasi touristique – si vous cherchez un resto, un coiffeur, vous y trouverez votre bonheur – et une vitrine des tendances chères à ses habitants.

Imaginez qu’un magazine parisien rivalise avec un magazine bordelais, lyonnais, marseillais ou autre! On en apprendrait, des choses, sur nos voisins urbains. C’est aussi extrêmement agréable d’ouvrir un journal qui reflète vos habitudes de vie, parle du nouveau boulanger du 14e arrondissement, et de la fête de quartier du coin où vont venir chanter Amadou et Mariam.

Si ces publications existent dans notre pays, elles sont plus proches du fanzine que du bel objet sur papier glacé. En revanche, l’Allemagne a développé avec un certain talent ce genre de lectures. Celui qui me semble le plus ouvert, le plus drôle et le plus représentatif de sa population s’appelle Prinz. Un magazine allemand qui s’adapte à chaque grande ville dans laquelle il est publié (Leipzig, Dresde, Munich, etc.) Il est mensuel et n’a rien à envier aux Inrocks.

Pour celui de Berlin, les journalistes sont tous très jeunes (40 ans pour les doyens, 30 ans en moyenne), à l’image de la population berlinoise. Le ton est drôle, les guides culturels passionnants. Les interviews se font au resto du coin, avec la DJ Ellen Allien ou le cinéaste Jörg Buttgereit. Les auteurs du magazine se démènent chaque mois pour dénicher un nouveau bar, un nouveau club, un nouveau magasin de déco. La mode y est berlinoise : branchée et décontractée, pas chère, vintage souvent. Les mannequins semblent avoir été pêchés au coin de la rue, et posent devant les squats ou sur un vélo près du canal. Prinz interviewe des gens dans la rue : elle était bien, cette expo? et ce film? c’est joli ce que tu portes, c’est quoi? tu es Anglais, pourquoi vis-tu à Berlin?

Bref, Prinz parle de Berlin, des gens de Berlin, de l’âme de Berlin. Un magazine profondément ancré dans la culture cosmopolite de la grande ville allemande. Dans la capitale française, A Nous Paris est truffé de pubs et ressemble à un guide d’achat de cadeaux de Noël aux Galeries Lafayettes. Dommage, tout de même.

Connaissez-vous un magazine « lifestyle » dans votre ville? Je serai curieuse d’en lire quelques-uns…

PS qui n’a rien à voir (sauf que le blog d’Arbobo est un bon guide musical parisien, pour le coup) : Arbobo s’est livré à mon jeu préféré, celui de la tête de pochette. La photo est ici. J’ai juré de répondre à mon tour avec une photo!

Publicités

11 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

Deux bonnes nouvelles littéraires

ferney

Frédéric Ferney, critique littéraire.

Pierre Assouline nous racontait sur son blog le torpillage du Bateau Livre, la très bonne émission littéraire autrefois créée par Frédéric Ferney sur France 5 (voir ici son billet de  sur le sujet, accompagné de la lettre que Ferney avait adressée au Président de la République). Bonne nouvelle, donc : Frédéric Ferney, actuellement critique au Point, tient son propre blog de critique littéraire avec Le Bateau Libre, une bien bonne idée qui nous prouve que Ferney tient la plume aussi bien que le micro de plateau. Un style élégant, sensuel et chaleureux qui parle directement au lecteur : Ferney a su tirer parti de l’exercice bloguesque et ne s’en tient pas à la colonne culturelle. Seul petit reproche, (mais qui est celui qu’on pourrait adresser à de nombreux critiques passés du papier à la Toile) il omet de répondre à ses commentateurs, alors que le blog est d’abord un lieu d’échange… Pas vrai?

Autre bonne nouvelle, pour ceux qui lisent régulièrement mon blog et qui, en octobre, faisaient suite à ma note sur Louise Brooks écrivain. Agnès avait très justement signalé dans les commentaires que les mémoires autobiographiques de l’actrice avaient été traduites chez Tallandier (Loulou à Hollywood. Mémoires). Agnès est donc bien plus au courant que les Cahiers du Cinéma qui ne révèlent l’info que dans leur numéro du mois de décembre ! Mais ce renseignement tardif a le mérite de faire un appel du pied aux lecteurs cinéphiles (et ils sont nombreux) qui se jettent sur leurs publications tous les mois.

C’est également sur le site des Cahiers du cinéma que vous pourrez découvrir une série photo vraiment sympa : de grands acteurs et cinéastes en train de lire… devinez quoi… « Ils lisent les Cahiers », tel est l’intitulé de cette petite rubrique plutôt marrante et un peu voyeuse, pour mon plus grand plaisir.

10 Commentaires

Classé dans Cinéma, Ma vie littéraire

Dernière lectures urbaines

metro_paris_2

Merci à Sébastien Fantini, un inconnu du Net à qui j’ai volé cette belle photo du métro parisien.

Le métro parisien… Vous connaissez peut-être l’histoire d’amour-haine qui me lie à lui. Je déteste ses couloirs, ses wagons, ses malotrus, ses obsédés sexuels, ses jingles d’information, et sa poésie à deux balles affichée au dessus des pubs Wall Street Institute… Mais c’est tout de même un endroit magnifique pour se régaler en lisant par-dessus l’épaule de ses voisins. Voyeurisme littéraire dont tous les Français semblent affectés.

Or, je quitte bientôt ce serpent de métal vert chewing-gum. Je ne le verrai plus, je ne l’entendrai plus et je ne le subirai plus. A peine rentrée d’Irak, je fous le camp pour Berlin, et pour un bon bout de temps. Je ne pouvais donc décemment pas quitter Paris sans jeter un oeil sur les lectures de mes concitoyens de la ligne 13. Dernières impressions des lecteurs du métro parisien, volées au portable… j’en connais une qui va aimer ça.

photo080

Un jeune homme lit un article sur le Sahara dans Jeune Afrique, (petite dédicace à mon ami Jamal Penjweny qui travaille notamment pour eux comme photographe depuis Bagdad !) quand un coup de fil de sa môman le somme de dire où il se trouve : « Je suis dans le métro, je peux pas parler fort, Maman ». Deux secondes plus tard, il hurle : « Dans le métro, Maman! ». 

photo001

Un cadre sup’ travaille son accent chinois dans un grand classeur, sa mallette à ordinateur portable sur les genoux. « Na o cheu… chi chan oh cheu… » (transcription grossière et minable, pardon à toute la communauté chinoise de Paris). J’adore. 

photo000

Petit bonus très flou pour les fêtes… Ambiance eighties, un couple d’amoureux à une heure trente du matin… lui, tenait Demande à la poussière de John Fante à la main. Je ne sais pourquoi, je trouvais cela follement romantique…

5 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

Merci Télérama

shilan

Shilan, ou avoir 20 ans en Irak, comme le relaie Télérama.

Petit billet express, pour vous dire que le site de Télérama nous a fait l’honneur de nous consacrer un bel article sur l’atelier de cinéma documentaire en Irak pour lequel je travaille en ce moment.

C’est ici, et c’est vraiment la classe.

Merci Télérama!

Et pour fêter ça, la petite interview de Shilan, 23 ans, Kurde d’Irak, que j’ai réalisée la semaine dernière. Toutes les autres vignettes d’interviews sur « Avoir 20 ans en Irak » se trouvent sur notre site.

8 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

Décol’page immédiat

Chers lecteurs…

Je me vois obligée de vous demander une petite dérogation bloguesque. Il faut que je m’absente quelques jours en Grèce, puis mon travail risque fort de m’occuper beaucoup trop pendant les semaines suivantes pour être réellement avec vous.

Qu’est-ce que je vais lire dans l’avion? Eh bien… A rebours, de Huysmans, pardi. Cadeau précieux, fragile édition 1920, d’un ami blogueur, que j’emporte avec mille soins dans mon sac… mais j’espère grandement que la Swiss Air mettra à ma disposition de saines lectures aériennes.

Car, l’avez-vous remarqué? Les gens adorent déchiffrer la littérature servie dans les avions. Air France Magazine est d’ailleurs formidable – de bons articles bien écrits, des reportages lointains qui donnent envie de faire flamber ses miles en Patagonie, de belles photos. Et surtout, oh régal, les petites maquettes de tous les avions qui sillonnent le ciel pour la compagnie aérienne. Airbus A320, Boeing machin… Je ne sais pourquoi je me délecte de ces images assorties de commentaires incompréhensibles sur la vitesse du vol et la puissance des réacteurs… Mais rien ne me fascine tant que ce charabia. Air France se fend même en deux pour gâter ses clientes avec un magazine Air France madame, qui n’a pas grand -chose à envier à un numéro de Vogue (il y a au moins autant de pub dedans). Sur Easy Jet, c’est plus modeste, évidemment. Une simple plaquette orange fluo avec d’un côté les avions, de l’autre les recommandations en cas de crash. Tout le monde sait pourtant qu’au cas où l’avion pique du nez, tout ce qu’il nous restera, c’est de fumer une dernière cigarette, faire l’amour en vitesse à son voisin et balancer une prière au premier nuage venu. Il y a bien un magazine Easyjet, cependant. Une sorte de gros catalogue des destinations, qui essaie de vous vendre une peluche en forme d’avion rigolard à la dernière page. Pas très séduisant… mais au prix du billet, on ne peut pas s’attendre à ce que les hôtesses nous offrent la Pléiade de Proust, non plus.

Revenons à nos nuages. Dans l’avion, j’ai remarqué que les passagers se plongeaient avec délices dans ce genre de lectures absurdes (lire le premier truc venu). Comme lorsque, le matin, nous nous plantons devant le paquet de cornflakes pour scruter dix fois de suite le tableau des calories/protéines/lipides/glucides. Le petit-déjeuner et le voyage en avion sont donc des moments dangereux. On peut nous faire gober n’importe quelle ânerie sous prétexte que le réveil a mal sonné ou que la pression atmosphérique est un tantinet élevée. Alors, vigilance! Le temps viendra peut-être où McCain et Obama afficheront leurs programmes sur des paquets de Choco Pops ou entre les pages d’un inoffensif magazine Ryan Air…

Sur ce, je m’envole! A bientôt!

6 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

Négatif – Message reçu 3 sur 5 – A vous

Les journalistes et les blogueurs pas vraiment sur la même longueur d’ondes… Tu me captes, là?

Je crois que ça ne va pas du tout entre les journalistes et moi. Ça pourrait, pourtant, puisque ça va déjà un peu mieux avec les éditeurs. Ce n’est pas que je me prenne pour le centre du monde des blogs, comme la petite fonctionnaire israélienne persuadée que l’armée chinoise l’a nommée générale, dans la très drôle pièce d’Hanokh Levin, Douce vengeance et autres sketches. Non, mon narcissisme n’en est pas là du tout. Mais quand même, faudrait pas que les feuilles de chou poussent trop Mémé Magda dans les orties bloguesques.

C’est peut-être une forme de consécration que de recevoir, sur son mail de blog, le communiqué de presse des Inrocks? (Allez, avouez… combien sommes-nous à l’avoir reçu? Vingt? Trente? Cinquante? Plus peut-être!). J’aurais préféré trouver le dernier numéro par surprise dans ma boîte aux lettres. Bon sang, je ne pourrai pas cesser de pester contre nos amis journalistes tant qu’ils useront de méthodes aussi frustes. Voilà ce que je reçois : un mail tout coloré (étendard des Inrockuptibles), flashy, moderne, branché, pour me prévenir que le numéro dédié à la rentrée littéraire est sorti. Avec tout un gang de logos téléchargeables aux couleurs du magazine susdit. Croyez-vous que le chargé de communication de ce mailing se soit fendu d’un mot ou deux à mon égard? Du genre : Chère Magda, veuillez trouver ci-joint…? Même un truc pas personnalisé, j’aurais trouvé ça plus correct que cette absence totale d’explications. Mais il est vrai que c’est probablement une stagiaire, payée 300 euros par mois à un poste de CDI, qui m’a balancé cette promo pas très calibrée. Je ne lui jette pas la pierre, je lui tends plutôt la main et un billet de dix euros pour payer sa carte orange…

Le pire, n’est-ce pas, c’est que les bougres ont réussi leur coup. Ils voulaient sans doute, par leur communiqué de presse aussi glacial qu’une poignée de mains dans Bienvenue à Gattaca ou qu’un baiser de R2D2, me demander si je pouvais avoir l’amabilité de relayer l’information sur mon blog. J’aurais de toute façon acheté ce numéro des Inrocks : non seulement je le lis presque toutes les semaines, mais cet opus particulier me semble regorger de bonnes choses. C’est donc tout à fait dommage que nos amis les branchés ne daignent pas traiter la blogosphère avec un peu plus de respect.

Et, oserais-je le dire encore une fois? Ben oui, tiens, un peu mon neveu, que je vais oser : la plus petite d’entre toutes les blogueuses de mode aurait craché sur n’importe quelle marque de fringues, si elle avait reçu d’elle une pub pour un soutif, sans le moindre pourcentage de réduc ou sans le moindre goodies associé à la promo de l’objet. Parce que c’est comme ça. Les blogueurs littéraires parlent de livres, et un roman, c’est immatériel. Nous vivons d’air et de manque d’égards, c’est bien connu. A vrai dire, j’aimerais mieux que les journalistes ne nous demandent rien, plutôt que de s’adresser à nous aussi froidement.

Attention : ne me faites pas dire que je nie la qualité des articles de ce magazine. En dépit de son parisianisme qui peut virer à l’insupportable (mon snobisme en est froissé, c’est vous dire), je trouve qu’il est un des rares à mixer les infos culturelles du moment avec autant d’allant et de talent. J’en profite pour vous signaler que le journaliste Serge Kaganski, membre des Inrocks et plume plus qu’alerte, officie sur un blog culturel pas mal du tout. Comme quoi. C’est peut-être seulement leur service presse qui a un petit problème d’adaptation.

En bas du message reçu sur ma boîte mail, je lis la chose suivante :  » Pour ne plus recevoir ce communiqué de presse, répondre à ce mail en inscrivant « désinscrire » dans l’objet. »

Si je comprends bien, le fait que les blogueurs pourraient à leur tour employer le langage robotique ne les dérange nullement. Mesdames et messieurs des Inrocks, voici tout bêtement ma réponse, en prose normale, à votre glaciale auto-promotion.

19 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire