Top-models digitales

De la pub sur ce blog? Non merci, jamais.

Mais j’avoue que cette pub-là : http://www.chloe.com/#/collections/ready-to-wear/summer-runway-2010/ad-campaign-video/fr

me fait quelque chose. Quelque chose qui fleure bon les années 50. On se croirait presque dans l’escalier de la rue Cambon.

Cette publicité vaut le coup d’être un peu regardée de près et analysée. D’abord, c’est la première pub que je vois sur Internet qui m’accroche le regard, et me donne envie de cliquer pour voir la suite. Enfin, elle est théâtrale et palpable. Les mannequins qui défilent ont l’air complètement… vrais. Elles ont l’air en chair et en os (plus d’os que de chair, mais ne demandons pas la lune). Il y a là une réalité directe, offerte, renforcée encore par la présence immobile du nom de la marque, écrit en lettres énormes. Un véritable élément de décor de théâtre, un effet 3D en polyester plus que réussi.

Ces modèles me font penser aux filles qui se vendent pour quelques euros en se montrant en culotte de dentelle par webcam. Sauf que leur culotte à elle est siglée, bien sûr, et que l’on vend du rêve pour très cher. Le tout marketé de façon à ce que vous vous preniez pour Marlene Dietrich, si jamais vous arrivez à percer le secret de votre carte bleue.

Voilà le nouveau visage de la publicité sur Internet. Il est inquiétant, séduisant, intéressant. Forain. Il n’est pas télévisuel, ni cinématographique. Il est intégralement muet, se regarde parallèlement à une lecture journalière de mails ou avec les news du jour. Un truc qui est là au coin de l’œil, qui agace, qui vend déjà du mythe charnel. Subliminal, comme la bouteille de Coca qu’on accusait d’apparaître dans des films en un quart de seconde dans les années 1980.

Publicités

22 Commentaires

Classé dans Au gré de la Toile

22 réponses à “Top-models digitales

  1. Honnêtement, après visionnage ma seule réaction est : whatever. Autant mettre des photos de la collection ou des extraits de défilé. Et même ça : whatever.

    Et puis d’abord, c’est simple : la publicité sur internet (sur les sites, les blogs que je visite), je ne la vois pas (vive Adblock plus) et c’est très bien comme ça. Les seules qu’il m’arrive encore de voir sont celles tellement innovantes, bizarres, marquantes etc. qu’elles atterissent sur youtube et dont je vais entendre parler ici et là et que je n’irai voir que si j’en ai envie.

    • Oui, whatever : ce n’est qu’une pub, là ce qui m’intéresse c’est cette chair, ce truc flippant, direct, porno en quelque sorte puisqu’on a l’impression de pouvoir composer les numéros des filles qui défilent comme des vaches…

      • Quand je dis whatever ce n’est pas tant parce que ce « n’est qu’une pub » que parce que je ne la trouve pas originale ou frappante. Et comme d’autres de tes lecteurs j’avais compris que tu la trouvais plutôt réussie donc ça me perturbait un peu (genre j’ai loupé un gros truc, j’ai beau regarder, je ne vois rien, au secours mes yeux sont en panne).

        Sinon pour ce qui est de l’aspect flippant, porno que tu y voies, moui, mais en beaucoup moins marqué que sur la plupart des panneaux publicitaires figurants des femmes et destinés à vendre des fringues ou des cosmétiques. Et puis c’est une pub de mode, ça n’excuse rien, mais la femme-objet y figure depuis longtemps.

        Tu sais, en ce moment la radio locale a une série d’affiches publicitaires qui me choque bien plus: on y voit à chaque fois une femme de type plutôt normal (radio locale, hein, pas un gros budget pub et puis faut que ça reste réaliste) dans une situation bidon (prend sa douche, est assise sur le bureau de son patron dans une pose mi-décontractée, mi-lascive etc.) avec des animateurs de cette radio près d’elle et des textes du genre « C’est avec nous que votre femme prend sa douche tous les matins » (j’ai oublié l’autre mais c’était du genre « C’est avec son patron que vous allez vous coucher tous les soirs »). Ça fait très amateur mais tout est mis en scène pour que le sous-entendu sexuel, aguichant, ne passe pas inaperçu, pour provoquer un peu de jalousie chez les hommes et d’excitation chez les femmes. Et bien sûr, les femmes mises en scène sur ses affiches et qui ne servent que d’intermédiaire, de figurante sont toutes souriantes, ravies d’être là etc. Ça tu vois, ça me choque beaucoup plus.

  2. Euh j’ai cliqué plusieurs fois sur le lien, tentant en vain de coller vos mots à ce que je voyais… Echec total. Aurais-je manqué quelque chose ?

  3. M’ouais… je vois vaguement ce que tu veux dire, mais je vais plutôt causer de pub sur le billet sur Marilyn tellement je suis énervé depuis plusieurs jours.

  4. J’ai cru que l’une des vamps allait écraser l’accent aigu avec son pied. Destruction de marque..le pied :) On est quand même plus dans l’évanescent en contre plongée que dans la cuisse en webcam.

    Sinon subliminalement je leur offrirai bien un coca zero :)

    • Je ne trouve pas ça du tout évanescent. Bien sûr, elles ne sont pas à poil, elles pèsent 45 kilos, et on est dans le bon goût total. C’est l’aspect hyper direct de la pub qui m’intéresse en fait.

      (le coca zéro fait gonfler le bide, méfiance :) )

  5. Je suis d’accord pour dire qu’il y a une idée de réelle mise en scène dans cette pub, j’apprécie.
    Par contre, je donne un blâme à la réalisation. On voit des fondus enchaînés utilisés pour tenter de camoufler les raccords-montages. Malheureusement, le cadre change légèrement (comme si on avait touché au zoom entre les prises) donc les fondus sont très visibles sur le CHLOÉ. Cela se voit surtout dans la version plein écran (leur lien s’appelle full video). Ça gâche…

  6. J’ai du mal à dire l’effet que cela me fait. D’une part, je comprends ce que tu veux dire et le décor et les mannequins et chair et en os, mais de l’autre, je ne ressens pas vraiment d’émotion en la regardant. J’avoue que je préfère les belles photos du Sartorialist (bon, ce n’est pas de la pub, je sais) car je trouve qu’il a une façon de rendre la mode intéressante et en même temps, c’est personnel.

    • mais je n’aime pas cette pub! j’ai l’impression que personne ne m’a comprise :)

      d’abord je hais la pub, pour moi c’est presque l’antéchrist. Et puis je n’aime pas les photos du Sartorialist non plus. Elles incarnent, comme tous les blogs de mode, une image hyper consommatrice de l’être humain que je déteste. Elles encouragent l’homme, et surtout la femme, à apparaître au lieu d’être.

      Je n’ai pas d’émotion en regardant cette pub, c’était une analyse… mmh, j’ai dû mal m’exprimer dans cet article…

  7. étonnante cette pub
    je ne sais pas si je suis fan
    même si regarder des filles marcher ne me dérangent alors là vraiment pas
    je vais peut-être me mettre à faire des pubs pour mon blog moi
    haha

  8. @ Agnès : bon ben j’arrête de faire mes petites critiques audiovisuelles moi… je regardais ça comme un objet de curiosité, je ne suis pas choquée par cette pub du tout à vrai dire.

    @ Stéphane : entre Paris et Berlin pas facile! Mais franchement j’adorerais.

    • Mais non, n’arrête pas ! En tout cas pas parce que j’ai du mal à voir ce qui a pu te fasciner à ce point dans cette pub (enfin si, je vois mais ça ne me fait pas le même effet ; c’est bien ça le problème avec les objets de curiosité, nous n’avons pas tous les mêmes).
      Désolée si je t’ai vexée.

  9. Je suis rassurée, alors. On discutera de tout ça à Berlin ;) . (Mo prévoit d’ailleurs un beau match entre toi et moi à propos de « Der Himmel über Berlin »…)

  10. Que dire? Impression minimale même si d’après ce que j’ai cru comprendre, c’est très construit et mis en scène. Sans parler de la pub elle-même, j’ai beaucoup de mal avec la ligne de ces vêtements et je suis un peu étonnée que la créatrice soit une femme (est-ce toujours une femme?). J’ai l’impression que cela ne peut aller qu’à des filles super plates, qu’il n’y a pas de structure : oubliés seins-hanches-fesses! Alors je passe mon tour!

    • Je ne sais pas du tout qui possède Chloé maintenant, de toute façon, je méprise la mode, depuis que j’ai appris que même les grandes marques faisaient coudre leurs modèles dans des ateliers clandestins de chinois en Italie (info d’un ami journaliste italien, info confirmée par Roberto Saviano dans « Gomorra » d’ailleurs).

      Ici à Berlin il y a plein de jeunes créateurs qui ont de petits ateliers et leurs créas sortent vraiment du cliché macramé-truc de hippie-collier en boule de bois. Ils font des choses formidables et j’espère que ce sera ça, la vraie « fashion » de demain.

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