Dimanche, 25 octobre 2009

De retour des planches…

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… ça y est, je suis descendue du plateau après une longue absence bloguesque! Mais pour venir vous parler de théâtre. Et du travail de Frédéric Aspisi dont je vous ai déjà parlé ici.

Aspisi met la barre très haut. C’est le genre de type qui ne se la raconte pas, mais qui n’écrit pas vraiment avec ses pieds non plus. Et quand il choisit un sujet, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Toujours le même fantasme, jamais le même spectacle est une pièce de théâtre sur le viol. Loin des clichés et du politiquement correct, loin de la provoc à deux sous, ce texte formidable sera joué par son auteur en novembre à Paris.

Fragments d’interviews.

CHERCHER LES MOTEURS PROFONDS DU VIOL

Frédéric Aspisi manipule son public. Il les place face à leur propre fantasme de viol. En se posant en conteur, il crée les images mentales, alors que sur scène, il ne se passe… rien. Parce que l’image est absente, elle est d’autant plus présente dans les têtes des spectateurs… La première réaction du public est de dire “non” au viol. Mais Aspisi ne fait que raconter l’histoire d’un fantasme, ses mécanismes. Jamais le viol n’a lieu. L’acteur oscille entre victime et violeur, tour à tour fantasmant dans son lit, puis assigné en justice devant une juge… de sexe féminin.

LA FIGURE DE LA FEMME

Sur scène, Lise Bellynck (interprète des Anges exterminateurs, film de Brisseau sorti en 2006) est une présence blonde et muette. Femme-objet? Absence de droit de réponse au fantasme de viol de l’homme? Pas du tout. Lise, c’est l’écran de projection de tout ce que les spectateurs peuvent imaginer en écoutant le texte. Elle n’a aucune indication de jeu et peut réagir selon son envie. Elle écoute. Le miroir du spectateur.

ECRIRE LE SPECTACLE EN TEMPS REEL

Toujours le même fantasme est truffé de surprises. Aspisi ne fait qu’improviser à l’intérieur de modules de jeu. Des lumières à la mise en scène, tout est calculé pour que rien ne soit pareil d’un soir à l’autre et que le spectateur soit embarqué dans une expérience sensorielle et émotionnelle. Je n’ai pas le droit de vous en dire plus…

ETRE HOMME, ETRE FEMME

Le spectateur masculin a deux réactions : le rejet (pris en flagrant délit des fantasmes qu’il mijote dans sa tête…) Ceux-là croient que cette révélation du fantasme leur ôte du pouvoir. Les autres montrent un petit sourire en coin… “un acquiescement de vestiaire de foot”, s’amuse Frédéric Aspisi.

La spectatrice, quant à elle, sauf si elle a déjà vécu -hélas- une histoire de viol elle-même qui lui rend le spectacle insupportable (cela dit, Aspisi présente ouvertement son sujet dans le programme des théâtres), la spectatrice, donc, est souvent fascinée, excitée par le développement du fantasme. Frédéric Aspisi assure le sentir physiquement dans le public… et dans la salle après la représentation!

Un très beau texte sur ce qui fait courir nos rêves érotiques…

“toujours le même fantasme”

Frédéric Aspisi, Lise Bellynck, Bertrand Couderc, Julien Kosellek, Samuel Mazzotti, Sophie Mourousi

du 4 au 7 nov et du 10 au 14 nov à 19h30

soyez là 10 mn avant

durée : 1h

dans le cadre de “L’humour se fait noir”, évènement automnal de

L’étoile du nord

16 rue georgette agutte, paris 18ième

infos et résa au 00 33 1 42 26 47 47 / contact@etoiledunord-theatre.com

Lundi, 7 septembre 2009

Un pressentiment

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Paris dans les années 30 : Brassaï, “La colonne Morris”.

Les pressentiments régissent mon univers, me fascinent, me passionnent. Et ce, depuis l’enfance. C’est bien pour cela que j’aime tant le cinéma de Kieslowski (voir article ici) qui mieux que quiconque, réalise des films où l’intuition a toute sa place. Aussi mon amie Madame de… m’a-t-elle mis entre les mains un roman d’Emmanuel Bove, Le pressentiment.

On dit d’Emmanuel Bove qu’il est un auteur oublié, et pourtant, je n’ai jamais autant entendu parler de lui qu’en ce moment. A Paris justement, aux “Trois baudets”, se donne actuellement une pièce de théâtre musical inspiré du roman Mes amis d’Emmanuel Bove : Victor Bâton. Bove, donc, a écrit Le pressentiment. Drôle de titre, peu en lien avec l’histoire qui s’y déroule. Écrit dans les années 30, ce très court roman relate le choix d’un riche avocat de se retirer de son milieu, de sa famille, de sa profession, pour vivre seul dans un misérable immeuble du 14e arrondissement de Paris. C’est là qu’il se rendra compte, bien malgré lui, qu’on ne se défait jamais de sa condition sociale.

C’est une belle histoire, écrite simplement, et qui sonde le cœur d’un homme qui voudrait n’être qu’homme – et non déterminé par sa naissance ni par sa richesse. En cela plutôt révolutionnaire, Emmanuel Bove fait un triste portrait de plusieurs couches sociales, avec une noirceur étrangement philanthrope.

Pourquoi, alors, ce titre de Pressentiment? Seulement pour cette phrase, à la fin du roman : “Maintenant je comprends beaucoup de choses. Charles devait avoir le pressentiment de sa mort”. Une phrase dite à l’enterrement du héros, par un de ses anciens amis, qui n’a jamais pu comprendre qu’on puisse volontairement vouloir se débarrasser de ses oripeaux sociaux et culturels.

Le livre fut adapté par Jean-Pierre Darroussin au cinéma, en 2006.

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Emmanuel Bove, Le pressentiment, éditions Points, 8,50 euros.

Vendredi, 28 août 2009

La simple vie de Monsieur K

Kieslowski

Krzysztof Kieslowski

Le panthéon de mes cinéastes préférés se situe depuis longtemps Outre-Rhin. Wenders l’Allemand, Tarkovski le Russe et Kieslowski le Polonais ont tous laissé leurs plus grands chef-d’œuvres dans les années 70-80. Du trio, un seul reste parmi nous, le créateur des anges aux ailes du désir, flottant dans le ciel de Berlin. Tarkovski et Kieslowski continuent sans doute à regarder, attendris, l’espèce humaine se débattre  dans sa condition minuscule.

Krzysztof Kieslowski, mort prématurément en 1996, se fit aimer passionnément du public français avec son film La Double Vie de Véronique (1991), dans lequel Irène Jacob (lumineuse) interprète une jeune femme polonaise et son alter ego français. C’est ce film qui me fit découvrir l’auteur du Décalogue, de Bleu, de Blanc, de Rouge, de Sans fin, de L’amateur et de tant d’autres films époustouflants. Il laisse derrière lui aussi quelques conversations recueillies dans Le cinéma et moi, aux éditions Noir sur Blanc.

Le réalisateur y donne quelques clefs sur ses films, sur sa vision de la Pologne, sur son dégoût de la politique, son amour fou des spectateurs. Il s’exprime avec une sobriété presque déroutante, sans omettre de multiplier les paradoxes. Kieslowski semble aussi complexe que ses films et pourtant, il menait une vie parfaitement simple, en accord avec ses principes. Il prétendait aussi faire des films modestes – et pourtant, leur subtilité n’a pu échapper à aucun spectateur!

Kieslowski raconte son double échec au concours d’entrée de l’école de cinéma de Lodz (avant d’y être reçu la troisième année), son amour râleur pour la Pologne (“J’en veux beaucoup à ce pays : j’y suis né et je ne saurai jamais le quitter”), et parle de son cinéma avec une grande humilité : “Je ne fournis aucune réponse car je n’en connais pas”.

Et pourtant, le secret de ce que les autres estiment être son génie, il le donne malgré lui. Lui qui s’estimait sans talent, il a tout de même “enrichi le portrait de l’être humain d’une dimension supplémentaire, celle des pressentiments, des intuitions, des rêves et des préjugés, en un mot, de la vie intérieure.” C’est ce qui fit l’immense succès de La Double Vie de Véronique. Un film qui pour moi changea le visage du cinéma, parce qu’il apportait la grâce, tout simplement.

Le Cinéma et moi est une merveilleuse plongée dans le cœur tendre et bourru du grand réalisateur polonais. Grâce à la collaboration de sa fille Maria, le lecteur découvre des photos de famille, le visage du jeune Krzysztof à l’école de cinéma, ou, pour finir, le Kieslowski plus âgé, au beau visage fatigué mais toujours émerveillé par la vie, se promenant… au Père Lachaise.

Pour clore le livre, l’éditeur a choisi une conversation du cinéaste avec des lycéens enregistrée quelques jours avant sa mort. Une discussion pleine de grâce et d’humour entre générations, qui révèle encore plus profondément le regard plein de tendresse de Monsieur K sur ses semblables.

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Krzysztof Kieslowski, Le Cinéma et moi, éditions Noir sur Blanc, 25 euros

Mardi, 25 août 2009

Vive la réclame

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Savignac, Pot-au-feu Maggi. 1960

Ceux qui me lisent souvent n’auraient sans doute jamais imaginé que je puisse donner un titre pareil à l’un de mes billets. Mais c’est la découverte d’un grand artiste de la publicité qui m’a fait basculer du côté obscur des forces libérales.

Mon amoureux se baladait hier, le nez au vent, dans Paris, et buta soudain dans un carton de vieux bouquins laissés au bon vouloir des passants. Il en rapporta un exemplaire d’un tout petit livre de poche (éditions Point Virgule, 1989) sentant le renfermé et les pages jaunies, Savignac, L’affiche de A à Z. Mon chéri berlinois venait de découvrir, émerveillé, la grâce enfantine du plus grand affichiste français, “et sans doute, en pesant bien les mots, le plus grand affichiste du monde”, souligne Alain Weill dans sa préface.

L’affiche de A à Z, parce que Savignac, dans cet opus, commente ses affiches par un alphabet écrit à la main comme par un enfant pas sage : “Oeil : l’essentiel n’est pas de taper dans l’oeil du voisin, c’est de ne pas mettre le doigt dans le sien”. “Idée : le sel de l’affiche! C’est elle qui la rend vivante, communicative et quelquefois inoubliable. L’idée, c’est l’œuf de Colomb”.

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Savignac, Monsavon au lait. 1949

Je connaissais, comme tout le monde, la célèbre vache rose Monsavon, dont les pis fabriquent directement une savonnette au lait. Mais ce que livre minuscule m’a appris, c’est que Savignac, avec son trait qui rappelle les gribouillis d’enfants, ses couleurs primaires et sa bonne humeur flagrante, avait tout compris au pouvoir de l’image. Dans les années 60 déjà, le talent de Savignac annonçait – hélas – la simplification extrême du message publicitaire, nécessaire à tout bon matraquage médiatique.

Chez Savignac, en effet, le produit de l’annonceur est mis en avant, intégré complètement au processus graphique, et non rajouté à la dernière minute comme cela se faisait souvent encore dans les années 50. Le produit est roi, prend toute la place de l’affiche, l’être humain (le futur “consommateur”) devient un visage bonhomme et impossible à identifier : le visage de celui qui consommera bientôt en masse.

Mais là où les publicités actuelles cherchent à frapper des cibles toujours plus précises grâce aux nouveaux outils marketing, l’affiche de Savignac, elle, se contente de vendre un produit avec humour et légèreté. On sent que l’annonceur du temps de Savignac (des années 50 à 80) s’est laissé séduire par la force simple de ses dessins, et lui laisse une marge de manœuvre qui aujourd’hui paraît impensable. Par exemple ce boeuf Maggi coupé en deux, qui regarde son derrière cuire dans du bouillon avec délectation : l’affiche ferait bondir Brigitte Bardot et les mamans horrifiées pour les yeux de leurs bambins aujourd’hui. Et pourtant, elle est tout bonnement hilarante.

Pour moi, Savignac incarne véritablement la fraîcheur de l’humour français, sa bonhommie, son petit rire moqueur mais attendri sur les travers des autres, leurs absurdités, leurs bêtises enfantines. Je ne sais pas si ce petit livre délicieux est encore en vente, mais si c’est le cas, je vous le recommande…

Vendredi, 21 août 2009

Ma langue au chat

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Une question à mille francs pour mes chers lecteurs : quel livre offrir à un homme (de langue allemande) qui veut apprendre le français?

Jeudi, 13 août 2009

Le supplice du bouquin turc

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- Plutôt ça que de lire un bouquin!

Question torture, la Turquie en connaît un rayon, mais voilà qu’elle vient d’en inventer une, qui ferait rêver tous les blogueurs littéraires de ma connaissance.

En Turquie, donc, relate le Courrier International (reprenant l’article publié à Beyrouth par le journal An-Nahar), quand on n’est pas sage, certains tribunaux vous collent une peine de lecture. Exemple : un type chopé en état d’ébriété dans sa bagnole, a été condamné en 2006 à lire pendant une heure et demie par jour, sous surveillance policière. Le bonhomme, qui déclare qu’il aurait largement préféré quinze jours de taule, s’est enfui par peur de perdre la face devant son entourage. Mais le plus drôle de l’anecdote, c’est que, vivant en clandestin pour n’avoir pas honoré sa peine, il se mit à culpabiliser et à compulser toutes sortes de biographies. Et s’est pris de passion pour la lecture.

Toujours d’après l’article du Courrier International, certains condamnés se sentent profondément humiliés par cette peine pédagogique. La prison et la garde à vue leur semblent préférables. “Personne n’a le droit de jouer avec mon honneur”, s’est écrié un homme (père et mari violent) à qui le juge avait imposé  de lire des livres sur l’éducation et la famille.

Que penser? En France, le premier type qui conduit bourré se jetterait sur l’opportunité d’avoir à lire du Marc Lévy pour se débarrasser de son amende, non?

Mardi, 11 août 2009

La question qui tue (par un auteur formidable)

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Dites, Marquise, je peux vous poser une question dangereuse?

Cela fait trois jours que je me prends la tête sur une question posée par Pierre, un dramaturge formidable (qui est accessoirement le metteur en scène qui me fait travailler comme un bœuf dix heures par jour, en ce moment).

Pierre est un auteur foutrement talentueux, du haut de ses quarante petites années. Cela l’autorise à lancer des questions littéraires énormes, au beau milieu de l’apéro, avec un flegme agaçant, alors que tout le monde en est à se demander si on peut vraiment se baigner à Trouville au mois d’août.

D’un geste gracieux de la menotte, il s’envoie une olive au fond du gosier, pose ses yeux iceberg sur l’assistance et balance :

- Quel est le plus grand roman d’amour?

C’est complètement pourri, cette question, pourri de banalité et de néant, mais on s’est tous creusé la tête comme des dingues. Et depuis samedi, je ne pense qu’à ça.

Le plus grand roman d’amour doit-il être heureux? Dans ce cas, il faut exclure Docteur Jivago, Anna Karénine, Terre des Oublis et la moitié de la littérature mondiale.

Le plus grand roman d’amour est-il l’histoire de deux personnes? Si oui, alors Les liaisons dangereuses ne sont qu’une partouze élégante.

Le plus grand roman d’amour est-il un roman d’amitié? L’amour d’un être humain pour son chat (Dialogues de bêtes de Colette)? L’amour d’un fils pour sa mère (Le livre de ma mère d’Albert Cohen, et Ma mère de Georges Bataille)? etc.

La question ne serait-elle pas plutôt : qu’est-ce qu’un livre d’amour, voire, pire encore, qu’est-ce que l’amour?

La question ne pourrait-elle être aussi : le plus grand roman d’amour a peut-être écrit par Barbara Cartland et personne ne le sait, parce que personne n’ose le dire?

Samedi, 8 août 2009

Un été théâtral

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Je vous rassure : au milieu, ce n’est pas moi.

Chers lecteurs,

Vous l’avez constaté, les billets s’espacent sur ce blog : c’est que ma vie a été fort mouvementée ces derniers temps. Après un printemps cinématographique à Berlin, je passe un été théâtral à Paris. Trois mois sur les planches, ça se prépare avec beaucoup de travail, et c’est plutôt coton, les amis.

Alors, peut-être à bientôt, et en attendant, bonnes vacances, et une saine lecture que je vous recommande sur la plage – ou ailleurs :

The Shock Doctrine de Naomi Klein

La critique bientôt sur le blog…

Et puis, en septembre, quelques interviews d’auteurs pour la rentrée littéraire!

Mardi, 21 juillet 2009

Stevenson, priez pour nous

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Le légendaire Bar 25 à Berlin (Photo Delaney Davidson)

Imaginez L’Ile au Trésor* en pleine ville. Il existe à Berlin un endroit qui ressemble à un Disneyland pour adultes décomplexés et free-style. 10 000 mètres carrés le long du fleuve, comme un terrain de jeu sur sable, avec quatre DJs-sets en même temps, une ambiance Club Med pour freaks, un sauna, des massages ayurvédiques, des gens de toutes les couleurs, et de toutes les langues, et de tous les âges… et même une balançoire qui vole au-dessus de l’eau!

Cet endroit franchement magique est régi par une bande de hippies terre-à-terre, qui vivent dans des caravanes et des cabanes en bois, sur place. Cela s’appelle le Bar 25. Et cela va disparaître pour laisser la place à un immonde bâtiment mégalomane de plus sur les bords de la Spree (la Seine berlinoise).

Media Spree est le nom d’un projet surdimensionné, qui vise à éradiquer tous les lieux en friche, ou un peu fantaisistes, des bords du fleuve berlinois, pour les remplacer par des kilomètres de bureaux dédiés aux médias. Universal et MTV ont déjà fait leur trou à grands coups d’enseignes lumineuses aveuglantes.

Pourtant, le Bar 25, géré un peu comme une Commune, fait un chiffre d’affaires carrément à la hauteur et emploie 150 personnes à l’année, CDI et saisonniers confondus. Les créateurs de mode louent le lieu pour leurs aftershows, les artistes sans le sou s’y précipitent pour discuter et boire un verre dans une ambiance étonnante. Devant l’entrée, chaque soir, les fêtards se bousculent pour pénétrer dans ce lieu sans pareille. Le collectif loue le terrain à une grosse entreprise de nettoyage locale, qui leur retire le bail dans un mois. Dans ce bar-club-plage urbain, chacun vient habillé comme il l’entend, parle avec qui il veut, et l’esprit est à la fête. Le Bar 25, à la fois super relax et super branché, hippie et pragmatique, reflète parfaitement l’esprit de Berlin.

Faire fermer le Bar 25 est une erreur de plus dans la stratégie de la Ville de Berlin. Berlin a peu d’économie locale en dehors de celle du tourisme. Or, que viennent chercher les voyageurs qui s’arrêtent dans la capitale allemande? Un air libre et créatif, hors des conventions. Berlin est le poumon artistique de l’Europe. Une ville bon marché mais moderne, où les artistes des quatre coins du monde viennent s’installer, pour créer sans payer de loyer hors de prix, sans être regardés comme des fous. Media Spree est l’antithèse de cet esprit bohème intelligent : des barres de béton et de verre, chargées de néons publicitaires, où une industrie culturelle de masse emploie des gens en CDD et des stagiaires sous-payés.

Si vous voulez respirer un peu de ce Berliner Luft si unique en Europe, c’est maintenant. Parce que bientôt, on n’entendra plus que du Britney Spears et du Puff Daddy sur les bords de la Spree. Moi, c’est simple, j’y suis presque tous les soirs, au Bar 25. Une forme de résistance par la fête!

* Roman américain de Robert Louis Stevenson publié en 1883

Dimanche, 19 juillet 2009

Il faut bien rire un peu

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Pardon pour mon absence impardonnable,

Pardon pour tous mes silences,

Pardon pour ces photos,

Quand on travaille beaucoup, parfois, on perd la boule,

Ceux qui veulent bien me pardonner peuvent voter face aux mérites comparés de ces deux élégantes publicités photographiées par mes soins dans le métro berlinois (première photo) et parisien (seconde photo).

Je suis en plein tournage, montage, écriture, blablablabla, et non en vacances comme l’insinuait malicieusement notre amie Cécile:-)