Mardi, 11 mars 2008...1:36

Grâce et dénuement

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Il y a des gens qui ont l’art du cadeau qui touche droit au coeur. Mon amie Marie a cette grâce. C’est ainsi que pendant ma fête d’anniversaire au Point Ephémère, lors de laquelle j’étais passablement hystérique (il faut croire que mes capacités à faire la fête augmentent avec l’âge), Marie m’a glissé ce livre dans les mains.

Grâce et dénuement d’Alice Ferney. En dédicace, Marie avait écrit : “la plume d’Alice est délicate”…

Et comment! Si je suis un peu réfractaire, en général, aux auteurs féminines (allez savoir pourquoi, de la jalousie peut-être…) et surtout contemporains, entre les pages du livre d’Alice Ferney, j’ai moi aussi été touchée par la grâce.

Ici, la tribu gitane de la vieille Angéline souffle et sue sa misère et sa passion de vivre sur un campement dénué de tout. L’ange gadjé*, Esther, vient faire éclore la grâce en lisant des histoires à ces enfants illettrés. “Je crois que la vie a besoin des livres, dit Esther, je crois que la vie ne suffit pas.” Et tout ce petit monde marginal, sale, pauvre, violent, ensanglanté par la brutalité des maris soûls et des femmes qui vocifèrent, se met à vibrer différemment.

Le style d’Alice Ferney mérite un véritable hommage. Depuis les dialogues qui fondent dans la prose, à la douce oscillation entre belles lettres et familiarité, cet auteur ne se courbe pas devant les canons de la littérature contemporaine. Mais cherche, bien au contraire, sa propre voie, un peu abstraite, un peu éthérée, un peu mélancolique et diablement unique.

Alice Ferney, si un jour vous lisez ces lignes, je ne peux que vous exprimer ma très grande admiration. Merci, Marie, pour ton cadeau… Et vous, amis lecteurs, n’attendez plus…

* gadjé : une fille qui n’est pas tzigane.

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