Dorothy par coeur

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J’suis snob, hâ hââââ… je vous fredonne cette chansonnette depuis un moment. Et en bonne snob littéraire, j’ai dans mon escarcelle quelques merveilles inconnues. Dont une : non publiée. Gratuite. Tant de facilité d’accès feraient presque de ma merveille un brouillon pour le tout-venant. Détrompez-vous, chers happy few, comme dirait Fashion. Je vous livre ma petite merveille littéraire : les poèmes de Dorothy Parker traduits en français.

Sur les bancs du lycée, je recontrai il y a dix ans la jolie Périphérique, une vraie plume délicate, au ramage raffiné venu d’Orient ; la belle est kurde et syrienne à la fois, heureux mélange qui fleure bon le fantasme de Schéhérazade… et parle un anglais à se faire pâmer Queen Mum.

J’aime, chez elle, cette  féministe passion qu’elle a de défendre les grandes auteurs anglo-saxonnes (Jane Austen, Iris Murdoch, Sylvia Plath, etc) et c’est avec ce même courage qu’elle a entrepris de traduire les poèmes de la grande Dorothy Parker. Cette femme de lettres américaine, née en 1895 et qui écrivit essentiellement entre 1920 et 1930, incarne à merveille la flapper girl, la liberté féminine à la twenties et la provoc’ raffinée et mordante. Le comble est que cet écrivain majeur du siècle dernier, qui connaît un succès immense outre-Atlantique, a écrit des tonnes de poèmes fabuleux qu’aucun éditeur français n’a jamais pris la peine de faire traduire. Périphérique a donc retroussé ses manches et l’a fait, modestement, honnêtement, mais sûrement.

Le résultat me transcende et il est . Oui, en ligne et sur un blog, parce que ma Périph’ a été rejetée par toutes les maisons d’éditions de France et de Navarre pour des raisons qui me font bondir : « il me faut plus de pages, au moins 200 pour éditer un bouquin » (le bouquin au kilo, c’est pour demain, donc), « mais pourquoi avoir traduits les vers en vers? il fallait faire de la prose, c’est ridicule! » (ah bon??? chacun son mauvais goût…), même si presque tous s’accordaient à dire que la traduction était plus qu’intéressante.

Bonne lecture chers amis, je sais que vous aurez l’oeil plus aguerri que celui des responsables d’édition frileux en poésie et soucieux de débusquer, pour Noël, un Marc Lévy bien crasse à refourguer aux mémères sous le sapin.

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27 Commentaires

Classé dans Ma vie littéraire

27 réponses à “Dorothy par coeur

  1. N’importe quoi le coup du nombre de pages ! Et pourquoi pas vendre les livres en tranches aussi !
    Bon, restons calmes : As-t-elle essayé chez Allia ? J’ai l’impression que c’est le genre de maison d’édition qui pourrait se laisser séduire. Et puis, il doit bien y avoir des éditions à tendance féministe aussi, non ?

  2. Je ne suis pas en forme aujourd’hui : a-t-elle, pas as-t-elle (oui, j’ai honte).

  3. @Agnès : je vais transmettre l’idée à Périph! merci pour le plan… mais tu as vu, c’est vraiment n’importe quoi cette façon de publier aujourd’hui… enfin, ils ne sont pas tous comme ça, nos éditeurs français – mais quand même…

  4. Ah je connais déjà parfaitement ce blog, une merveille du coup je me suis replongée dans ses nouvelles, je viens de finir « comme une valse » et j’attaque à nouveau avec « La vie à deux ».
    Merci « Périphérique »!

  5. Magdouille, tu es un amour d’enfant. Je suis contente que ces poemes trouvent une bonne fee en ta jolie personne. Quant aux editeurs… Que dire. Entre ceux qui ne publient que les « poetes francais encore vivants » et ceux qui se specialisent dans les auteurs morts entre 1936 1937, on n’est pas sorti de l’auberge, dorothy et moi.

  6. Agnes, merci pour le conseil- je vais m’y pencher. Et Suzie, c’est une autre histoire. xx

  7. @Suzie : ah, c’est bien ça, tu l’avais déjà repérée la Périph. Contente que son travail te plaise – mais ça ne m’étonne pas de toi, c’est bien ton univers.

    @Périph : ouais, tu m’étonnes Elton. Moi je dis, il faut publier en Belgique, avant que le pays ne disparaisse ;-)

  8. lepermanent

    génial

    magda il serait tout de même très sympa d’avoir une parution même à peu d’exemplaire non?

  9. au dessus c’est moi

    je ne sais pas pourquoi le pseudo s’est affiché, il fu un temps où je voulais héberger mon blog chez wordpress, peut-être plus tard….

    enfin je reviens sur cette parution, elle me tenterait bien moi….et toi?

  10. C’est vraiment n’importe quoi, de limiter une édition par un nombre de pages !! je vais aller visiter ce blog, merci et bonne journée Magda !

  11. Fafa

    La traduction de Periphérique est magnifique. Bravo.

    vive le contenu dématérialisé et gratuit…merci aux éditeurs de précipiter eux même leur chute je n’en peux plus d’attendre.

    bizz

  12. @stéphane : je viens de répondre à ton mail :-)

    @Florinette : oui, c’est honteux, mais comme dit Fafa, les éditeurs précipitent eux-même leur chute, que veux-tu!

    @Fafa : merci pour Périph, je suis sûre que ça lui fera plaisir, surtout quand elle saura à quel point tu attaches de l’importance à la qualité de la langue. Moi aussi je salue l’initiative du blog pour ce travail, elle a été plus maligne que nos chers éditeurs.

  13. Les poèmes sont superbes, acides comme on aime ; très bonne idée cette traduction. Je suis aussi sidérée par la réponse sur le nombre de pages…

  14. @Rose : merci pour ton com, je suis certaine que tous ces mots que vous laissez mettent du baume au coeur de Périph’.

  15. Ah la la, magdouille, grace a tes lecteurs je me sens comme une glace au soleil. Je fonds. Merci a tous pour ces encouragement. Et je vous felicite pour votre bon gout, les amis :-)

  16. Il me semble que despoèmes de Parker sont déjà parus,je vais vérifier …

  17. @ périph: ça me fait trop plaisir! ton travail le mérite bien et tu le sais.

    @cathululu : Ah bon? où? ça m’intéresse… mais je crois que Périph avait bien vérifié… dis moi :-)

  18. Voilà, je l’ai en main : « Hymnes à la haine » poèmes parus chez Phébus en 2002,préface de Benoîte Groult

  19. @ cathululu : oh, oh, incroyable! comment se fait-ce que Périph n’en ait pas eu connaissance? je vais lui en parler… merci pour l’info Cathululu! tu es une mine! :-)

  20. Normal, j’habite dans leNord ! :)

  21. @cathululu: oh là là l’Almanach Vermot en direct sur mon blog! j’adore les calembours et autres jeux de mots bien franchouillards, je vais pas m’en plaindre, hahaha!

  22. Je me souviens du jour ou j’ai ramasse Hymnes a la Haine a la Fnac, avec extase. Et puis j’ai lu quelques lignes de ces longs pamphets en vers libres, et tout ce que j’ai trouve a dire, c’est : ils sont aller le ressuciter en 1940, leur traducteur?
    Alors j’ai decide de nier leur existence. Ah, la desinformation… C’est mal, je sais. A ma decharge, il s’agit d’une oeuvre differente. :-)

  23. Carolan

    Je cherche à joindre Périphérique pour lui demander l’autorisation de mettre quelques-unes de ses traductions de DP en musique.

    Périph, êtes-vous là ?

    Si oui, merci de bien vouloir me faire signe.
    Si non, faites-moi signe quand même.

  24. Bonjour Carolan

    J’ai transmis votre message à Périphérique par mail.

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